BON !… faut aviser et ça ne va pas être facile. Que voulez-vous !?.. une fois l’album terminé j’ai eu du mal à sécher mes larmes de rire alors que cet opus renferme une histoire –normalement- hautement sérieuse et réaliste.
Attention, je n’ai pas boudé mon plaisir de lecture mais certaines situations dans lesquelles se trouve plongé ce bon vieux Largo sont tellement irréalistes qu’elles en deviennent du haut comique.
Hé, ho… sincèrement… voilà un héros prisonnier dans un cachot tibétain. Il est surveillé par un garde dont l’arme est garnie de cartouches à blanc (ben voyons !). Paf ! un petit coup de crosse sur le mauvais, il s’échappe, ouvre une porte et… ô surprise… se retrouve à Hong Kong dans un immense complexe commercial. En fait, la prison est en toc et a été construite sous la surface commerciale (mais personne n’a rien vu, ni n’est au courant !…). Poursuivi, il parvient à grimper sur le toit et –surprise- s’accroche à un sportif qui se lance en parapente. Youououou… Tous deux atterrissent sans mal dans une artère mais Largo est quasi cerné (c’est à dire que ses poursuivants sont arrivés avant lui alors qu’ils doivent descendre plusieurs étages !…).
C’est pas fini : plus qu’une solution, le métro aérien. Re-escaliers. Bardaf… la fuite est sans issue car les bandits l’entourent de tous côtés. C’est la fin ?… que nenni !… une bande de moines karatekas jaillit d’un wagon et, à coups de tatanes, mettent de l’ordre sur les quais et sauvent Largo.
Et d’autres choses encore mais moins sidérantes.
C’est vrai : question lecture, on ne s’ennuie pas. Mais ce qui me faisait l’attrait de Largo Winch étaient des scénarios compliqués, du domaine du plausible, où une relecture d’un passage devait se faire pour bien s’imprégner de la complexité des développements de l’intrigue initiale.
Ici, ce n’est pas le cas. Le rachat « obligatoire » du holding d’aviation passe vraiment au second plan et tout est quasi centré sur de l’action. Là, c’est vrai, « on » est servi… mais l’âme de ce qui faisait la série n’y est plus.
Heureusement, un magnifique graphisme sauve l’ensemble. Là, faut dire que de nombreuses cases valent le détour, serties dans une mise en page pétaradante.
Alors, dessin oui ; scénario : proute.
Que reste-t-il ?… dans l’ensemble un bon tome, qui ravira certainement les amateurs d’action pure, de personnages attractifs, et à la lecture plaisante ; mais une histoire qui se délabre assez rapidement au vu des aléas narratifs imaginés.
Je note 3 ; une moyenne raisonnable entre le dessin (4) et l’histoire (2).
J'ai trouvé ce tome de très bonne qualité, personnellement. C'est tout d'abord une merveille pour les yeux, le dessinateur s'est vraiment surpassé, les détails sont impressionnants, les couleurs superbes, bref du très très grand travail.
Côté scénario, on peut peut être reprocher quelques petites facilités dans la narration parfois mais il faut reconnaître que l'ensemble est très cohérent, plein de rebondissements, les personnages toujours aussi attachants, malgré le manque de place réservée à l'intrigue "financière" (mais on sait que Van Hamme s'est déjà exprimé là-dessus, dans la version collector du tome 15, entre autres, où il précise que cette intrigue sera différente des autres, beaucoup plus orientée "action").
Bref, un très bon album dans l'ensemble, que vous lirez d'une seule traite avec beaucoup de plaisir si vous aimez cette série...
Suite et fin de cette histoire qui suggère la relecture du diptyque jaune de la série («La forteresse de Maikiling» et «L’heure du tigre»). La menace qui pesait sur Largo Winch depuis le huitième tome de cette série, ressurgit en effet dans ce diptyque qui emmène à nouveau le lecteur au sein des triades chinoises. Largo Winch va devoir s’y acquitter d’une vieille promesse et, à en juger la fin du tome précédent, la note s’annonce salée.
Au niveau du scénario, ce tome est malheureusement plutôt décevant. Le rythme et les rebondissements sont certes au rendez-vous, mais la répétition de traquenards n’a rien d’original. Un recyclage de scènes qui donne l’impression de tourner en rond et rend le tout finalement assez prévisible, voire dénué d’intérêt.
Heureusement, côté graphisme, Philippe Francq nous livre un tome de toute beauté.
Je suis cette série depuis le début et c’est avec plaisir que je retrouvais le dessin précis, moderne, dynamique de Francq, superbement mis en couleurs, illustrant une aventure financière résolument d’actualité. Suivre les péripéties de Largo à travers l’énorme machine que peut être une multinationale est passionnant voir instructif parfois.
Pourtant, dans ce nouvel album qui sort à grand renfort de publicité tapageuse, l’histoire semble bien fade. Tout semble trop facile et trop convenu et il est difficile d’adhérer au récit tellement peu crédible. Je me garderais bien de raconter quoi que ce soit, mais à la fin de ma lecture, j’ai eu un sentiment de vide. Cet album se lit relativement vite et s’oublie également rapidement.
Les personnages habituels semblent peu motivés et les événements qui se déroulent se dénouent avec une facilité déconcertante.
Heureusement le dessin dynamique, les scènes d’actions et la mise en couleurs sauvent l’album et permettent d’éviter la mauvaise note.
Je regrette un peu cet achat, ayant un sentiment de frustration après avoir lu le tome précédent qui laissait espérer une suite plus passionnante et mieux construite sur le plan politique et financier.