C'est véritable plaisir de retrouver les tranches de vies des personnages tourmentés de cette série.
Une fois de plus, Pirus et Mezzo signent ici un témoignage troublant d'une jeunesse perdue par le biais de tranches de vie fascinantes et sordides à la fois.
On retrouve le meilleur des récits de Burns (La série "Black Hole") dans ce qu'ils ont de plus sombre et intimiste. Les personnages sont haïssables à l'extrême, mais aussi attendrissants et attachants.. c'est très étrange à définir.
Eric est un personnage fantastique. Insensible au monde qui l'entoure à première vue, il se montre plus humain au fil des pages. Sal, au contraire, s'enfonce dans la médiocrité..
Le dessin de Mezzo est génial. Le noir et blanc ultra-maîtrisé, allié aux couleurs de Ruby, donne un ton très particulier à cette série. L'atmosphère et lourde, dense...
Graphiquement, c'est un véritable voyage. Le dessin est intemporel et pourrait venir tout droit des années 50 du comics.. Impressionnant !
Cette fois, c'est certain : cette série est incontournable !
On a attendu longtemps le deuxième tome du Roi des Mouches et le moins que l’on puisse dire c’est que l’on ressort de la lecture électrisé et déboussolé par cette histoire toujours particulièrement glauque. Mezzo et Pirus semblent toujours très influencés par des auteurs de littérature comme Selby, des cinéastes comme Lynch et Cronenberg ou des dessinateurs de comics comme Clowes et Burns.
Cette deuxième partie reprend le même principe que le premier tome ; on retrouve toujours ce style choral où chaque protagoniste de l’histoire nous narre un des passages de sa misérable vie dans une banlieue allemande bien sordide.
On retrouve bien sûr Eric, le roi des mouches, Karine cette fois-ci enceinte, Renzo le champion de bowling, ou Marie la névrosée. Mais, on a la surprise de retrouver Damien qui était pourtant mort dans le premier tome et qui ponctue le récit de quelques commentaires bien cinglants et aussi un nouveau personnage Paul Minetti sorte de poète noire aveugle.
Michel Pirus se sert, donc, toujours de cette voix off obsédante pour commenter tous les faits et gestes désespérés de cette bande d’ados empreints d’un profond malaise.
C’est glauque, certes, mais, c’est aussi magnifique de justesse sur une jeunesse en proie aux doutes et aux interrogations liées à la sexualité, la drogue, la culpabilité et autres…
Au dessin, Mezzo semble très inspiré par la bande dessinée américaine underground du style Charles Burns et son style est tout simplement admirable. A mon avis : un des meilleurs romans graphiques de ces cinq dernières années.