Le graphisme de Philippe Xavier est toujours aussi plaisant et propose de splendides paysages. Le lecteur à de nouveau droit à une quadruple page dépliable qui permet au dessinateur de livrer un nouveau tableau panoramique assez agréable, sans être vraiment indispensable.
Par contre, au niveau du scénario, Jean Dufaux intègre beaucoup trop d’ingrédients à sa croisade pour qu’elle demeure vraiment comestible. Le cadre historique de la croisade de Philippe-Auguste et de Richard Cœur de Lion est de plus en plus dilué dans le fantastique. Au fil des nombreux éléments surnaturels, le lecteur perd lentement ses repères et a du mal à suivre le scénariste.
Décidemment, j'ai toujours un peu de mal avec cette série.
Ce deuxième tome malheureusement ne fait que confirmer mon premier ressenti concernant l'histoire.
Ce mélange d'historique et de fantastique a du mal à prendre. En tout cas, ai-je du mal à accrocher.
Les personnages ne sont pas forcément sympathiques et j'ai du mal a trouver quelqu'un à qui m'accrocher. Je lis tout cela avec une certaine distance.
Je ne trouve pas la narration très fluide, les dialogues ne sont pas toujours les plus simples à suivre.
Pourtant le fond est complexe, original dans sa composition et nous entraine sur des chemins peu classiques et je sens un potentiel mal exploité en regard de mes goûts et affinités.
De plus, le dessin me chagrine toujours. Le trait souvent très fin de Xavier n'est pas exempt de défauts de proportion, de défaut anatomique et postural. Les visages sont souvent déformés par le manque de précision et il est quelques fois difficile de reconnaitre rapidement la personne représentée. Heureusement, le dessin de Xavier a d'autres qualités (qui ne parviennent pas à gommer les premières…) que je salue allégrement, notamment une qualité dans la mise en scène et dans les plans utilisés. Xavier utilise souvent de grande case afin de nous plonger dans des décors souvent trop épurés mais parfaitement représentatif de l'immensité du paysage, notamment ces étendues de sable dans lesquelles se perdent nos héros.
Chagnaud au couleur agrémente cela de fort belle manière de couleurs chaudes et lumineuses qui rendent là aussi parfaitement hommage à ce pays. Pourtant, la couleur informatique, manque encore une fois souvent de vie et de relief.
Cette BD est donc à visualiser à bout de bras et nous avons alors souvent des tableaux magnifiques.
A suivre, parce que malgré tout, une certaine aura émane de tout cela et que je suis curieux de savoir vers quel nouveau mythe ou mystère Dufaux va nous emmener.
Au début septique sur une nouvelle histoire de croisade, à la recherche du Saint Père … je suis emballée par l’histoire (vivement le 3éme) et la qualité des dessins, les personnages et les couleurs sont superbes. L’originalité de la mise en page avec les doubles pages donne toute sa dimension à l’action…. merci
Bien bonne suite de cette grande fresque épique MAIS : faut quand même s’accrocher pour la compréhension.
« Croisade » n’est pas une « simple » histoire de preux chevaliers partis sauver le tombeau du Christ. Le scénario est bâti sur une toile historique mais Dufaux « joue » ici sur un plan fantastique, assez ésotérique qui pourrait en rebuter plus d’un. Ce tome est un mélange distillé de politique, de religion(s), d’amour aussi dans cet orient mystique d’alors.
Xavier, lui, l’embellit à sa façon –et de quelle façon- par un trait réaliste vif, bien lisible, efficace. Il donne sa pleine mesure dans des cases où il fait vivre une sorte de rythme « de là-bas », envoûtant par moments.
Chagnaud, le troisième complice, fait usage d’une palette de tons qui étoffent personnages, décors et arrière-plans de tons chauds qui m’ont fait parfois ressentir le vent et le sable de cette épopée.
Bien aimé, c’est vrai MAIS : le côté fantastique de l’histoire m’a un rien –non pas déplu- mais « retenu ».
D’où ma cote.