Seul album de Trondheim (et donc de lapinot) que j'aie lu à ce jour, ces vacances de printemps m'ont laissé une agréable impression. Certes le dessin est simpliste, voir limite abstrait dans la représentation de la nature et des personnages. Mais le dessin est suffisament cohérent pour ne pas être jugé mauvais. Et il a au moins le mérite d'être clairement lisible et joliment coloré.
Au départ, c'est de suite amusant avec un humour un peu non-sensesque, un lapinot gentiment idiot, et des textes savoureux.
Mais on s'aperçoit vite que derrière cette apparence puérile, percent de ci de là des reflexions plus profondes sur l'état amoureux, (puisque c'est le sujet de cet album) et l'on comprend que malgré le trait enfantin, cette série peut aussi toucher les plus grands.
aparté : Je savais bien que la gouvernante de miss nadia me faisait penser à quelqu'un. J'ai trouvé! c'est un personnage du muppet show! un chien pianiste je crois.
Pour ma part, cet album est de loin celui qui m'a le moins enchanté.
"Vacances de printemps" est un album où notre cher Lapinot se découvre amoureux de la belle Nadia. Attention, comme tous les albums impairs de la série, cet album est un one-shot déconnecté de la vie sentimentale du Lapinot contemporain de l'album précédent.
Un album poétique, avec des dialogues toujours bien pensés et recherchés, mais aussi un album pas assez grinçant et surtout un peu lent.
Au final, Vacances de printemps est atypique car bien loin des délires déjantés des tomes précédents. Cela plaira à certains mais décevra les autres (dont je fais, vous l'aurez compris, partie).
C'est ici un livre de Plaisirs.
Certains de ces moments sont immenses, avec des délices forts.
Des répliques ou des situations m'ont empli d'aise, comme ce peintre décrivant un moment de détresse par "une scène de bactéries hurlant à la mort", ou choisissant de 2 maux le moindre (l'oubli/la mort).
L'aventure en bateau du début vaut aussi son pesant d'or.
Les répliques sont extraordinaires, les rapports à la lune donnent le ton, et les états de Lapinot décryptant les mécanismes de l'Amour (qui a dit que ça rappelait Stendhal ?) forgent le respect, sourire aux lèvres.
C'est assez philosophique, et on y trouve plus de discours constructeurs de l'individu à l'amour naissant que de pulsions folles. Tant mieux, je suis amateur de romantisme, de flambée de cheminée, de campagne anglaise, de domestiques serviables (quoique...) et d'amour pas trop torride !
Certes, c'est complètement différent du reste de la série. Et alors ? (ce renouvellement, cette nouveauté, n'est ce pas ce qui a manqué à "Lapinot" vers les tomes 6/7/8 ?).
Le début, et la fin du livre sont excellents.
Je trouve simplement que, entre la moitié et les deux-tiers du livre ça se gâte un peu, avec moins de folie, plus de texte, et quelques longueurs (avant le mariage d'Alex).
C'est à ce bémol que je n'attribue pas une note plus élevée car sinon j'ai trouvé ce tome très agréable, très vivant, très bon. Un peu moins "dingue" aussi peut être.
Transposer des personnages avec un thème différent, ce n'est pas simple et, si ce livre déroute un peu, il ne m'a pas déçu.
Bien au contraire !
"... l'état amoureux correspond-il à l'équivalent nutritionnel de 3 repas par jours ?" On dirait du Woody Allen, c'est du Frank Le Gall
C'est dans cet état d'esprit que Lapinot aborde l'amour, dans cet album un peu à part dans la série, puisque pour une fois, Trondheim n'en réalise que le dessin. Le ton est donc différent, l'humour moins caustique, plus sage, mais les traits de caractères des personnages imaginés par Trondheim sont bien respectés par Le Gall. J'estime que ce tome ne fait donc pas partie des meilleurs Lapinot, rejoignant en cela l'avis d'autres posteurs, mais il se lit et se relit néanmoins avec plaisir.
Comme le dit Coeurdepat, c'est vrai que cet album est un peu à part au milieu des autres albums de la série. Il n'est pas vraiment représentatif de la série. Et la participation de Frank Le Gall au scénario y est sans doute pour quelque chose. Mais loin de faire tache, cet album est pour moi une belle réussite. Il enferme beaucoup de tendresse, beaucoup de sensibilité, plus, à vrai dire, que ce à quoi Trondheim nous avait habitué. Et pourtant l'humour à la Trondheim est toujours là, peut-être pas toujours aussi "déconnant" que dans les autres albums, mais parfois bien plus juste.
J'adore ce personnage de Lapin, scientifique dans l'âme, poussé contre son gré à faire une carrière artistique. J'aime la manière dont il essaie de quantifier scientifiquement les choses de l'amour. J'adore le majordome et cette lune qui parle.... Non vraiment, un très bel album, comme je vous le dit!
Cet album est probablement un de ceux que j'aime le moins, non seulement parmi les Lapinots, mais également parmi tous ceux de Trondheim que j'ai pu lire. En effet, si certaines scènes sont bien sympathiques, c'est le ton de l'album qui ne me plaît pas. Ton en apparence très naïf et qui permet de comprendre l'absurdité de ce qui y est décrit. Le décalage qu'on retrouve dans les autres Lapinots est certes présent, mais ici tout est trop sage, trop calme à mon goût. Il ne se passe pas grand-chose (c'est explicitement le propos de cet album), les situations sont toutes calmes et les affrontements restent verbaux.
A dire vrai, mon commentaire est très nul et laisse entendre que j'aime les séries d'aventure, ce qui n'est pas le cas. Bref, je n'ai pas aimé et à mon grand dam je suis incapable d'expliquer mieux que cela pourquoi.
En tout cas une choses est certaine : ne commencez PAS par lire cet album !!! Préférez lui le 1er de la série : "Slaloms" qui donne mieux le ton général.
Comme Walter ou Blacktown, cet album se situe dans un passé proche. Ici donc, point de voitures de villes polluées ni même d’ordinateur mais une aventure plus romanesque et psychologique : celle de Lapinot qui découvre l’amour et ses frasques.
Derrière cette simplicité et cet infantilisme apparent face au sentiment amoureux se cache une réelle réflexion qui donne toute sa profondeur à l’album.
Lapinot, le pur cartésien, découvre des forces supérieures et non explicables. Et ses réactions transpirent le vécu. C’est savoureux, avec une dose de lyrisme et aussi beaucoup d’humour.
Malgré ce changement de style et de thème (peut être du au travail de Le Gall), l’album reste à mon goût inférieur à « Walter », « Slaloms » ou « Amour et Intérim » mais tire tout à fait soin épingle du jeu.
Rien à redire coté graphismes : j’aime toujours autant.
Voila encore une preuve du talent de Trondheim qui arrive à transposer ses personnages dans des ambiances et très différentes et des thèmes toujours aussi étonnant.
En somme, c’est un album un peu différent mais dans la pure lignée de la série et qui ne déroge pas à la qualité à laquelle Lewis Trondheim nous avait habitué.
Pour la première fois, Lewis trondheim a confié l'écriture d'une aventure de Lapinot à un autre scénariste. Il n'a pas pris le premier venu, cela dit : on doit à Franck Le Gall la jolie série des Théodore Poussin et le récent premier tome des petits contes noirs. Le Gall nous plonge dans une Agleterre du siècle dernier qui fleure bon le romantisme. Lapinot y est plus naïf que d'habitude, Richard devient un Richardson aussi agité du bulbe que l'original et Nadia joue la demoiselle de bonne famille pour laquelle battent les coeurs de trois prétendants (le troisième larron étant Mac Terry). Chacun rivalise d'ingéniosité pour s'attirer les faveurs de la belle, et heureusement le ridicule ne tue pas car ce serait l'hécatombe !
On rit, c'est poétique, bref c'est vraiment très très sympa comme album. Le Gall s'est admirablement sorti d'une tâche assez ardue et Trondheim ne démérite pas côté dessin. Vous pouvez commencer par celui-là si vous n'avez jamais lu de Lapinot, il est aussi indispensable que les autres !