Je ne connaissais pas Boiscommun. Je viens de tomber amoureux de son dessin.
J'ai lu la version aux éditions le cycliste.
En fait, dans cet album qui se lit en 10 minutes maxi, dans cette BD qui tient plus de la fable que d'une aventure, il est vraiment difficile de dissocier le dessin de l'histoire.
Personnellement, en lisant cet album, le contenu m'est allé droit au cœur. Je ne connaissais pas le sujet de cette BD, choisie comme tant d'autre au hasard, principalement guidé par la qualité graphique en feuilletant les pages, et par le titre qui va bien avec ce mois d'octobre. Mon contexte actuel m'a aidé à m'ouvrir facilement au message.
J'ai vraiment eu l'impression que l'auteur nous livrait le fond de son âme, il ressort de cette lecture une pure expression de vérité et de vécu. Une sorte d'exorcisme de ces propres doutes et craintes.
De ces 26 courtes pages j'ai eu une impression étrange d'une puissance triste émanant de la narration, de la mise en page, des couleurs, du trait de dessin.
Il y a une mélancolie qui happe notre âme et on a l'impression qu'il se met à pleuvoir dans notre intérieur.
Bref, je suis conquis par cette historiette Un vrai bout de rêve qui fait tout afin de nous aider à voir le bout du tunnel et à prendre la vie du bon coté.
La fête des morts, prend alors son sens initial où il est hors de question de louer les morts en se lamentant, mais où l'on se rend compte justement que la vie est trop courte, trop insignifiante, trop aléatoire pour continuer à pleurer. Cela va à l'encontre de notre éducation, c'est dure à accepter, mais c'est ça aussi, la magie de la vie, la magie de la lune et des étoiles. Cette fois ci, la nuit est notre amie et notre alliée et finalement, la pluie s'arrête et derrière les nuages, la lumière de la lune vient illuminer ce monde qui paraissait si sombre.
Réedité récemment chez les humanos, pour faire une suite chez eux, je découvre cet album d'un auteur/dessinateur que je connais déjà, grâce a "Anges".
Les dessins de OGB, on les aimes ou on les aimes pas mais ils ne laissent pas indifférent !
Personellement j'aime beaucoup, il maitrise a la perfection des techniques qu l'on ne voit nulle part autre ... vraiment .. bluffant ...
De plus, dans cetteréedition : 16 planches inédites : sublime
Quand au scénario, il reste un peu pour " les enfants ", c'est doux, c'est poètique ...
Dans tout l'album, tres peu de bulle ... c'est a mis chemain entre le Conte et le roman graphique ...
Je regrette toujours autant que Le cycliste ait pris le parti de rééditer sa petite collection de "comix" initialement parue en couverture souple à 4 euros sous cette forme d'albums plus grands et cartonnés à un prix si élevé.
Ce qui passe en effet très bien dans la précédente version, qui fait "petite histoire bien charmante sans pour autant prétendre à une grande envergure", a ici un goût marqué de "trop peu pour faire un vrai album, et en plus c'est cher".
Car si on fait abstraction du prix et de la longueur (pas longue, justement) de l'histoire, "Halloween" comporte d'indéniables qualités.
Le dessin, bien sûr, typique de Boiscommun, toujours aussi superbe (même si j'ai toujours un certain problème avec ses têtes, les mentons surtout) et à se pâmer devant certaines planches. Les couleurs (directes, évidemment), qui créent une très belle ambiance.
Mais aussi la composition des planches, qui ne frappe pas de prime abord, mais qui est excellente : lorsque l'on voit le compagnon d'Asphodèle qui est grand et mince, les cases se font étroites et verticales sur toute la planche. Pour les scènes où il n'est pas le point central, mise en page plus classique, horizontale. Certaines planches sont en fait une seule image... C'est un peu déstabilisant (ça fait très illustration ou ex-libris), mais c'est très beau. Et la disposition de certains éléments ou personnages est cohérente d'une case à l'autre sur des planches entières (la Lune qui trace un arc de cercle sur la page, le copain d'Asphodèle qu'on peut suivre à travers la page sur une diagonale...).
Bref, vous aurez compris qu'au niveau technique la recherche est assez poussée. (pour autant, le fait que je l'ai remarqué est-il un signe que c'est trop évident, et un dessin techniquement bon doit-il ne pas se remarquer ? Vaste débat...)
Côté histoire, comme je l'ai dit précédemment, elle n'a pas de grande prétention. Il s'agit là d'un petit conte très gentil, qu'on suit agréablement, et qui est finalement assez vite lu. A noter, j'aime beaucoup la mise en forme du texte du camarade d'Asphodèle, tout en rimes mais qui reste très discret.
Alors voilà, le seul problème de cet album, c'est qu'on a voulu le faire passer pour plus qu'il n'était au départ, d'où mon 3,5 étoiles. Sinon, il aurait mérité un 4.