Voilà l’adaptation d’ un roman de Pierre Pelot mis en image par le dessinateur atypique qu’est Baru. L’histoire nous emmène dans la France rurale profonde. Un crime odieux y a été commis... Les auteurs nous plongent, dans une sorte de cour des miracles, où tous les personnages du récit semblent plus ou moins fréquentables.
Plus qu’un polar, l’ouvrage de Pierre Pelot est une chronique sociale qui vise à dénoncer les dérives d’un hospice où la maltraitance est la règle, que ce soit envers les vieillards ou les handicapés.
Le dessin de Baru est asséné comme un coup de poing ; les gueules improbables des protagonistes sont comme des portraits désespérés d’une France qui ne dit pas son nom, mais existe bien… Pierre Pelot semble avoir un profond dégout de la race humaine et Baru retranscrit bien toute cette rage dans son dessin.
Un bon ouvrage qui laisse cependant un certain malaise à la fin de la lecture…
Oups !… un scénario de Pierre Pelot, un auteur éclectique dont je possède une quinzaine de romans qui traitent tant du western que de la science-fiction.
Baru ?… c’est –entre autres – « L’enragé », une BD coup de poing. Bon aussi. Et ces auteurs réunis nous donnent ?… quelque chose de pas mal du tout. J’ai lu un livre « noir », peuplé de trognes pas possibles, dont la trame –la disparition d’un enfant handicapé mental- se passe quelque part dans l’Est de la France.
Et qui dit disparition dit –très souvent- kidnappeurs. Et comme la Justice, dans ce cas, veut un ou des coupables –surtout pour rassurer la population- « on » va en trouver. Et tous les moyens seront bons…
J’ai lu un polar, une chronique sociale, une fable, une farce aussi où deux auteurs forment une seule musique d’un piano à quatre mains. Et comme dans toute bonne musique, il n’est pas nécessaire d’avoir grand textuel pour avoir à apprécier une œuvre forte où le dessin –à lui seul- en dit souvent plus qu’un texte. C’est le cas ici. Des silences expressifs, des situations qui le sont tout autant font que l’on aborde et que l’on suit cette histoire dessinée avec –je pense- une plus grande attention.
Ces « pauvres zhéros » ne seront pas un hit des ventes mais ils vous permettent de lire quelque chose de non formaté, d’engagé aussi. Et ça n’en a que d’autant plus de mérite.