Moi je ne connais pas la Corse, tout au plus en ai-je vu des photos, j'ai de la famille qui l'a visité, j'écoute les infos, j'ai lu Astérix en Corse, et nec plus ultra je connais un Corse (qui m'a initié à quelques spécialités non dépourvues d'intérêt... Merci M...2a). Toute ma culture Corse se résume à cela.
Je suis donc mal placé pour juger de la pertinence de la caricature. Mais au-delà de cet aspect, cet album m'a beaucoup plu. Le ton à la fois ironique et bienveillant, l'humour pince-sans-rire, la restitution d'une société qui fonctionne selon ses propres règles, fort peu accessible au non-initié, le tout constitue un cocktail que j'ai bu, pardon lu, d'un trait (on aurait dit du whisky à la châtaigne...).
A lire, et relire pour trouver à chaque fois de nouvelles allusions...
Tout est juste, et c'est un Corse qui vous le dit. Jamais depuis "Astérix en Corse", un auteur n'avait été aussi juste dans la caricature, et sans sombrer dans l'outrance, l'éxageration ou l'ignorance. Par exemple, sur la place du village de Rossignoli, deux café se font face : le café historique et le café habituel. Il faut savoir que dans le début des années 2000, le FLNC a connu une grave cission, entre ceux qui se disaient fidèles aux idéaux du premier jour, et ceux qui pensaient évoluer avec les réalités nouvelles. Les premiers sont devenus "FLNC canal historique", et ceux qui contimaient à communiquer avec les médias selons les codes convenus, "FLNC canal habituel". C'est vous dire toute la maîtrise de la satyre ...;
Il y en a plein d'autres à trouver, évidents ou plus complexes, quand on connaît bien l'île et ses habitants, on a un autre regard. Personnellement, j'ai eu des voisins qui écoutaient Tino Rossi à fond, pour persuader les autres voisins qu'ils étaient Corses et fiers de l'être. Les pauvres.
Donc, si vous connaissez un peu la Corse, et si vous l'aîmez, une Bd à acheter d'urgence, vous comprendrez pourquoi plus tard. Par contre, laissez tomber les albums "L'enquête continue" ou "'L'enquête, la suite". C'est de la merde.
je ne connaissais ni Pétillon, ni Mr Palmer. Je les ai découvert dans "l'enquête Corse", une BD hilarante, pleine de bonnes idées.
Je n'étais pas trop attiré par cette BD, en ayant entendu les critiques du film sorti l'année dernière (je ne sais plus). Pourtant, j'ai passé un très bon moment ! Entre les groupes indépendantistes complètement déglingués, et les gendarmes totalement blasés, Mr Palmer ne sait plus où se mettre.
Les petits clins d'oeils un peu partout font de la BD, une très bonne BD. Je ne peux m'empêcher de vous donner quelques exemples : Mr Figoli, un assureur malchanceux, se fait appelé Figolu (une marque de gâteau) par son client. Palmer, toujours à la recherche de son Leoni, se retrouve chez Spadoni. Celui-ci, subi une fois de plus un attentat : son bureau est dans un état considérable mais ce n'est qu'"un petit incident de routine"...Je vous promet que vous pouvez rigoler.
Autre choses que j'ai bien aimé : les noms Corses.
Excellent: je me poile à chaque fois que je la relis cette Affaire Corse. C'est d'ailleurs la seule BD de Pétillon où j'accroche vraiment. L'absurdité des situations, les rivalités, l'absurde, les dialogues et les têtes, le tout permet de passer un très bon moment sur un rythme soutenu qui ne faiblit pas. Ca pête de partout, ça rivalise de milice en milice, on ne sait plus qui fait quoi, et Jack Palmer pas plus que nous. Il est balloté par les corses et par la Corse. Des grands moments de rigolade quand les cagoulés se mélangent. A oublier par contre, les suites ou produits commerciaux (croquis, blagues en un dessin) qui en dérivent, totalement nuls.
J’ai découvert Jack Palmer à la suite de son prix à Angoulême en 2001 pour l’Alph Art de meilleur album.
C’est vrai que c’est très sympa comme histoire, ça tourne en dérision tout cet univers d’activistes plutôt artisanaux et abusant un peu de la petite charge de TNT pour enquiquiner le voisin pour des motifs futiles. Mais les diverses factions de la police et de la justice ne sont pas en reste et on en apprend un peu plus sur leur inaction et leurs problèmes internes. La présentation de ce petit monde est un peu trop caricaturale à mon goût, les terroristes semblent épargné de la justice à cause de sa connivence. Les mouvements se tapent dessus presque tout le temps et ne peuvent jamais s’entendre. Notre pauvre petit privé arrive la dedans et se demande un peu que faire et ceci le place dans des situations loufoques de quiproquo un peu trop classiques mais efficaces. C’est donc assez marrant et avec en trame de fond une intrigue un peu légère mais qui permet de faire avancer l’album et de conclure en beauté.
Le ton est vraiment orienté humour et dans ce domaine c’est plutôt réussi ; finalement c’est pas vraiment extraordinaire mais ça se laisse lire.
Graphiquement c’est pas super, mais le ton humour permet d’utiliser un tel style sans que ça se remarque trop. Il n’y a rien de vraiment novateur et les cases sont simples, la mise en page sans accroc. Pareil, ça se laisse lire sans problème mais ça ne restera pas dans les annales…
Voila donc une petite BD agréable qui traite de façon ironique un problème qui dure depuis déjà pas mal de temps et qui semble toujours aussi mal engagé. C’est convenable autant au niveau graphique qu’au niveau du dessin mais je ne pense pas vraiment que cela vaille un Alph Art…
Est ce que cette Bande Dessinée est une bonne BD ? Je ne sais pas, je ne peux pas me prononcer. Vous a-t-elle plu ? On ne me fera pas parler. Comment trouvez vous le dessin ? Bien. Et le scénario ? Ma parole, comment veux tu que je me prononce sur une histoire corse.
Toute ressemblance avec des personnages et des faits ayant réellement existé serait absolument faite exprès.
Le scénario : bonne idée de traiter un tel sujet d'actualité. Il est quand même difficile de parler de sujets sensibles comme la situation en Corse. Pétillon le fait à merveille, comme dans tous ces recueils de dessins, ses desins de presse, d'actualité, ....
Le dessin : du bon Pétillon, digne du dessin de presse.
Un livre à mettre en toutes les mains, pour comprendre un peu cette magnifique Île de Beauté, Paradis Terrestre, où les gens sont très accueillants, et presque pas succeptibles. Comment ? Mais non, je n'ai pas peur des représailles si je parle mal de votre pays. S'il vous plaît, arrêtez de me menacer avec ce revolver...