Ce tome conclu en beauté cette aventure incroyable.
La bétise humaine explose à notre face. L'inutilité, la bétise, la cruauté de la guerre nous sont amenées de façon sublime par Giroud.
L'auteur a osé prendre un parti et nous montrer les atrocités des deux camps.
Certainement l'une des BDs qui m'a le plus marqué.
J'émets mon avis sur les 2 albums, lesquels ne forment qu'un tout. Et quel "tout" !
Le scénariste s'est basé sur la découverte des carnets que son père avait tenus durant la guerre d'Algérie. Il y notait sa vision quotidienne du conflit. Giroud s'est alors rendu sur place, a recueilli des témoignages, y a fait des repérages.
Ce long travail de documentation donne toute sa crédibilité au dyptique. Il prend comme trame la recherche d'une section de soldats disparue dans les hostiles montagnes arides de Kabylie.
Tel un reporter, Giroud agit avec rigueur, sans parti pris. On ressent la lassitude des hommes, le désarroi des villageois, l'absurdité des conflits, le drame humain.
Très beau travail graphique de Lax, lequel y va d'un trait incisif et puissant. Pour coloriser, il n'utilise que deux gammes de coloris, jaune et rouge, qui renforcent l'atmosphère pesante de cette oeuvre réussie.
Réussir à parler d'une pèriode dont la France a honte n'est pas toujours facile et les auteurs réussissent ici à le faire plutot bien. On est rapidement plongé dans cette ambiance de guerre d'Algérie. Les dessins de Lax sont une fois de plus superbement réussit et on peut vraiment aprécier son talent tout au long de l'album.
Mais l'histoire racontée ici ne doit pas être pris comme une fiction , le fond est vrai bien sur, mais c'est surtout l'histoire de Mr. Giroud le père du scénariste et d'ailleurs une postface de pas mal de pages, nous explique tout sur ce sujet et de nombreuses photos, extraits de journal de bord, l'accompagne.
Le scénario est donc tiré de la réalité mais on ne s'ennuie pas un seul instant et l'on ressent bien les sentiments des diffférents personnages, grace aux dessins de Lax, mais aussi grace à une ambiance retranscrite qui nous fait imaginer cette période dont on nous parle rarement.
Bref un très bon album, que je compte sans hésiter parmis mes préférés.
Si le scénario d’Azrayen’ n’a rien d’extraordinaire, le dessin et l’ambiance nous plongent au milieu de l’Algérie en pleine guerre de décolonisation. Si ce récit nous fait découvrir la réalité de cette guerre (barbarie, torture, embuscades, prisonniers, orphelins, ...), il nous fera surtout découvrir sa stupidité et son absurdité grâce à une fin terrible qui fait réfléchir et nous laisse une sensation de dégoût!
Lax et Giroud ont ici le mérite de nous plonger avec beaucoup de réalisme (à la limite du reportage) dans le quotidien de cette sale guerre que beaucoup trop de gens ont oublié ou ne connaissent même pas ... et quand on parle aujourd’hui de l’Algérie aux petits français ils crient tous en cœur “Allez Zizou” ...