Cette première partie de diptyque nous présente Julie, une ravissante jeune femme qui se retrouve inculpée de meurtre et en profite pour faire le bilan d’une vie parsemée d’accidents de parcours.
Denis Lapière nous livre le portrait intéressant d’une femme, passant de son adolescence et ses premiers amours à son incarcération. Une jeune fille qui a grandi dans un contexte familial difficile, avec comme arrière-plan, le décor peu réjouissant d’une ville minière. Reposant sur une construction basée sur des flashbacks, le récit proposé par Lapière est parfaitement maîtrisé. La narration en voix-off alimentée par les pensées de Julie accentue encore un peu plus le côté intimiste du récit.
C’est le graphisme d’Olivier Grenson qui accompagne la longue descente aux enfers de cette séduisante jeune femme. Pour ce diptyque de la collection Aire Libre, le dessinateur de "Niklos Koda" s’essaye à la colorisation directe et s’en sort avec brio. Transmettant parfaitement l’atmosphère industrielle de sa ville natale, Charleroi, l’auteur livre une héroïne très attachante et des planches de toute beauté.
Un graphisme splendide, une mise en place parfaitement maîtrisée et une intrigue qui demeure encore dans l’ombre d’un deuxième tome très attendu.
Tiens, une histoire qui se passe en Belgique ?!…Et qui plus est à Charleroi… Charleroi ?… c’est le « pays noir » : un bassin minier qui eut son heure de gloire mais dont ne subsistent plus que quelques chicots, témoins de son passé.
Curieuse histoire aussi : celle d’une Cour d’Assises où paraît Julie, accusée de meurtre. Une histoire triste, larmoyante, pathétique ?… pas tout à fait. J’ai eu affaire à une chronique intimiste, une sorte de documentaire que j’ai découvert –page après page- et ce au fur et à mesure des questions lors du déroulement de son procès.
Julie ?… une jeune femme attachante qui a vécu des accidents de la vie, des malheurs, de nombreuses douleurs qui l’ont dans un sens menée là où elle se trouve maintenant. Julie qui –aussi- est intimement convaincue qu’elle est innocente.
Et là vient l’art du scénariste. Lapière y va de multiples flash-back, oriente ainsi à sa –redoutable- façon une lecture qui pose pas mal de questions dont la principale : coupable ou pas ?…
J’ai lu et vu deux auteurs qui forment ici un sacré duo. Lapière, sans « jouer » au sociologue, offre ici un superbe portrait de femme d’une rare intensité. Grenson, lui, fait de Julie une personne à la fois faible et forte. Et cette dualité de comportement se fait par des attitudes graphiques, des gestes simples, des regards aussi qui –ne dit-on pas- sont le miroir de l’âme ?…
Un tome fait de sensibilité… et d’un fort caractère. La suite ?… un second opus où l’on apprendra seulement QUI elle est accusée d’avoir tué. Et j’ai envie de le savoir.
Un bel album que nous propose l'edition air libre/dupuis non pas pour le scenario mais par le beau graphisme et les belles couleurs de Mr Grenson.
Par contre les décors sont jolies, cela represente bien la region de Charleroi mais il manque un peu d'imagination trop de copiage dans les décors. Les traits des personnages sont tres appliqués.
Pour le scenario, une femme est en prison attendant son proces (elle est accusée de meurtre) , pour l'heure elle nous narre son enfance, ses amours, ses tracas et de son avortement...
Une histoire banale mais qui a son charme pour son intrigue qui est bien menée grace a sa mise en page et l'origine de ce fameux médaillon...
Pour un premier tome cela est tres satisfaisant.
J'espere que les auteurs ne vont pas nous decevoir avec le deuxieme tome...
Cette BD ressemble par bien des aspects à une chronique sociale, celle d'une fille de la banlieue industrieuse de Charleroi dont la jeunesse a été cabossée par la vie et qui tente tant bien que mal de s'en sortir.
Le dessin est doux et réaliste. Grenson, déjà auteur de Niklos Koda, offre des planches soignées et maîtrisées. Seules quelques erreurs anatomiques et des personnages un peu figés sont à déplorer. Pour le reste, les décors des corons et des industries fumantes sont excellents et pleins d'âme.
Mais surtout, Grenson s'essaie ici pour la première fois à la couleur directe et je dois dire que je trouve ça superbe. Les tons sont ocres et fauves, la lumière est très réussie, l'ambiance y est. C'est beau, rien que grâce à la couleur et par ce qui s'en dégage.
A côté de cela, le scénario manque un peu de surprise pour ce seul premier tome actuellement paru. Nous suivons en effet les déboires affectifs et amoureux d'une petite minette que la vie n'a pas gâté si ce n'est en lui offrant un joli corps et un beau minois. Son parcours croise trop souvent la médiocrité et la banalité jusqu'à ce drame mystérieux qu'on nous annonce en ouverture puisqu'elle semble accusée d'un meurtre qu'elle dit n'avoir pas commis.
Le tout sonne de manière juste et réaliste mais sans en savoir plus sur la suite de l'intrigue, je reste sur une impression de récit un peu vain, sans surprise. En outre, les émotions ont régulièrement eu du mal à m'atteindre. A la manière de cet amour entre Julie et son petit copain auquel j'ai du mal à adhérer tant je ne vois rien qui exprime ou explique les liens qui les attirent ni l'amour que pourrait ressentir l'héroïne.
La mayonnaise a un peu de mal à prendre à mon goût.
Je lirais cependant la suite avec intérêt ne serait-ce que pour profiter un peu plus de ces beaux décors et belles couleurs de Grenson.