Transcription d’une histoire vraie et diablement dramatique : celle –en 1629- d’un naufrage au large de l’Australie et où les rescapés installés sur un îlot vivront une dictature épouvantable de la part du « chef » de ce groupe.
Un bon postulat qui se déclinera en trois volumes. On y suit Jeronimus Cornelisz, un bourgeois aux idées libertaires, un lettré de son temps même, qui –ayant pris la tête du groupe de rescapés- va se transformer en un dictateur sanguinaire, un véritable tueur qui n’admet que SES règles. Comment ?… Pourquoi ?… On le découvre dans ce drame qui se déroule comme un véritable huis clos et où la haine et la bassesse se conjuguent dans un univers moite et sombre.
Une bien bonne histoire, qui plus est conjuguée avec un graphisme en véritable symbiose. J’ai vraiment apprécié certaines scènes, des ambiances qui m’ont fait penser à des toiles de certains grands maîtres du temps passé. Scènes de groupes, d’intérieur, d’extérieur, plongent littéralement le lecteur dans ce premier tiers du 17ème siècle et l’emmènent vivre –d’une certaine façon- « comme en ce temps-là ».
Bien bon travail de recherche, de documentation, de mise en scène, en page(s) ; l’ensemble procurant ainsi un vrai bon moment de lecture.
Après l’excellent diptyque d’"Abdallahi", Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx s’attaquent à l’histoire véridique du Batavia au XVIIe siècle.
Pour ce faire, les auteurs nous font suivre les pas de Jeronimus : un personnage qui à l’inverse de ceux de la série "Abdallahi" a réellement existé. L’histoire de cet apothicaire frappé par le malheur et se retrouvant au bord de la ruine, permet au lecteur de faire connaissance avec l’Amsterdam d’antan, ainsi qu’avec la VOC : La Compagnie néerlandaise des Indes orientales, l’une des entreprises capitalistes les plus puissantes qui ait jamais existé.
Après une première partie d’album qui nous plonge dans l’atmosphère de l’époque, Jeronimus va embarquer à bord du Batavia afin de commencer une nouvelle vie. Le périple de ce navire hollandais appareillant pour l’Inde, permet au talentueux duo de retranscrire la vie à bord du navire, ainsi que les tensions grandissantes entre les membres d’équipage. Malgré un Jeronimus qui commence petit à petit à tirer son épingle du jeu et à se découvrir des talents de manipulateur, ce premier tome est surtout à considérer comme une introduction très efficace à une aventure qui s’annonce palpitante par la suite.
Au niveau du graphisme, le travail de Jean-Denis Pendanx est à nouveau de toute beauté. De splendides peintures qui plongent le lecteur dans l’ambiance d’époque et rendent souvent tout texte superflu. Du grand art !