Tintin all over the world !
Connu dans le monde entier, il fait un tabac aux States. 15 ans avant les Beatles, c'est lui la star interplanétaire. Et sans forcer. Quel talent.
Et il domine tout sur son passage, se libérant dès les premières pages d'un taxi bouclé grâce à une scie qu'il tient fièrement à la main et qu'il sort tout naturellement de... oui, d'où au fait ?
De même, on se demande bien comment Bobby Smiles trouve une superbe décapotable rouge page 16 pour échapper à la police.
Finie l'intro: le récit est agréable, rythmé, un peu décousu, plus une suite de courts récits qu'une construction plus durable (la seconde partie du livre se résume presque à une chasse à l'homme). Et Tintin visite large, car comment occulter les indiens ?
Par moment, quand le gangster amadoue les "peaux rouges", je me suis même cru dans "Lucky Luke" devant la gentillesse des arguments.
Milou parle et joue un rôle important. C'est une bonne nouvelle et ça fournit un excellent pendant au héros à la houppe.
Hergé reste quand même dans les clous, servant ce que les lecteurs attendent de poncifs et de convenu. A mon goût, il fera nettement mieux (et différent) plus tard.
Cela dit, j'avoue avoir pris plaisir à me laisser mener par des ficelles aussi grosses qu'un gratte ciel est haut. Et, c'est même avec une certaine délectation que j'ai relu cet ouvrage intéressant, qui ne dénote pas trop et a tout à fait sa place à côté d'autres aventures de notre reporter en culotte courte.
Nostalgie, quant tu nous tiens... Bien sûr, l'histoire ne tient pas vraiment la route. D'ailleurs il s,agit d'une suite d'épisodes plutôt que d'une histoire. Mais pour un Nord-américain, c,est tout à fait amusant de voir toutes les projections européennes sur les États-unis réunis en 62 pages. Ces cases où Tintin s'endort au milieu de nulle part... et le lendemain une ville complète a surgit et s'active autour de lui ! L'arrivée à New York, qui est presque aussi classique que celle du Voyage au bout de la nuit... Cette impression d'ouverture sur tout un continent, qui rappelle un peu certains vieux films de Chaplin. À aimer avec tous ses défauts !
Premier souvenir de cette BD, le mot Poltron. Je serais bien incapable de dire à quel âge j’ai lu pour la première fois cet album. Tout ce dont je me rappelle c’est d’y avoir découvert le mot poltron…Pour le reste, j’avais d’excellents souvenirs d’enfants. Et puisque cette série s’adresse aussi aux tous jeunes, je vais commencer par là. Et bien, ma fois, cette BD est un excellent divertissement. Tintin lutte courageusement contre tout un tas de bandits dans une ville pleine de pièges puis, contre les mythiques indiens Peaux Rouges. Il échappe miraculeusement à la mort à de nombreuses reprises et cela crée le mythe Tintin, la légende Tintin. Pour autant, Tintin montre de nombreuses faiblesses, ce n’est pas un héro intouchable et invulnérable. Un simple bouton sous le pied de son adversaire et un peu de gaz asphyxiant suffisent à le mettre hors d’état de nuire. Cet album est parfaitement taillé pour les enfants.
Maintenant, mon regard adulte est beaucoup plus critique.
Cet album, surtout dans les premières pages est incroyablement en manque d’inspiration ! Premièrement, Tintin le reporter est envoyé, on ne sait par qui afin de lutter ouvertement contre le grand banditisme. Agent secret ? Sûrement pas, tout le monde est au courant ! Agent spécial ? Peut être, mais pourquoi un Belge serait il envoyé pour aider les Américains ? Bref, l’excuse pour l’album est précaire.
Ensuite, les premières pages dans Chicago sont à la limite du ridicule. Tintin va de Chalybs en Sylla, pardon de Charybde en Sylla….Avec de spièges tous plus grossier les uns que les autres ! J’apprécie particulièrement la trappe placé sur le trottoir où Tintin vient précisément se positionner…Risible. Bref, le début du scénario est faible voir très faible.
Puis, une fois le passage avec Al Capone terminée, la course poursuite contre M. Smiles devient plus intéressante. Déjà le scénario bien que toujours très tiré par les cheveux devient moins risible, mieux ficelé, presque plus crédible, mais en plus, on découvre une étonnante critique de la société américaine de l’époque. Il y a notamment une phrase choc, lors du Hold-Up de la banque qui de mémoire donne « on a immédiatement lynché 7 nègres, mais le voleur court toujours »…Cela donne une idée du racisme courant à l’époque ! Mais tout comme Tintin au Congo, une aide à la lecture des plus jeunes peut s’imposer pour les aider à réfléchir sur ces termes. De même le traitement des Indiens face au Petro Dollars est étonnamment lucide pour l’année où l’album a été réalisé (1931).
Bourré de clichés, cet album est vraiment à deux tranchants. D’un coté un scénario simpliste et manichéen, avec des situations aberrantes à de nombreuses reprises. De l’autre, un scénario lucide sur la prohibition, la corruption et le racisme contre les noirs et les peaux Rouges.
A lire une fois encore pour le témoignage et la vision historique qu’Hergé nous laisse du début du 20ème siècle.
Concernant cet Album, il est paru progressivement dans les pages du petit vingtième à partir du 3 septembre 1931.
Les dessins d’alors ressemblaient énormément à ce que l’on peut voir dans « Tintin chez les Soviets ».
Ce n’est qu’en 1945 que les planches seront reprises, retravaillées et colorisées afin de nous livrer le travail que l’on connaît aujourd’hui.
Ca y’est Hergé a pu envoyer Tintin aux Etats-Unis. Cet album ressemble beaucoup aux deux premiers dans le sens qu’il n’a pas de vrai scénario qui tient pendant les 62pages. Pendant 2/3 de l’album, Tintin coure après Bobby Smiles, mais ensuite on a plus des successions de méchants. A propos des ennemis, Tintin affronte pour la première (et unique fois) un personnage qui a réellement existé : Al Capone.
Dans cet album, Hergé nous décrit l’Amérique des années 20, l’Amérique enrichit après la première guerre mondiale. De nombreux clichés sont présents comme le célèbre travail à la chaîne (également dénoncé dans l’excellent film de Charlie Chaplin : Les temps modernes). Hergé prend position en faveur des indiens et dénonce l’expropriation de leur terres.
Le dessin de Hergé est toujours aussi bon, mais faute de scénario, on ne peut apprécier pleinement cet album comme cela sera le cas à partir du suivant. A noter que certaines petites erreurs de dessins sont apparues dans la version couleur, erreur qui étaient absentes dans la version noir et blanc.
Après l'Afrique et avant l'Asie, c'est en Amérique qu'Hergé envoie son Tintin dans cet album. Et si ce dernier est moins dérangeant que "Tintin au Congo", il n'en reste pas moins imparfait.
Le récit a moins des allures de saynètes enchaînées que dans l'album précédent et gagne donc en cohésion. Cependant, après la page 44 et l'arrestation de Bobby Smiles, le méchant que Titntin pourchassait, Hergé doit poursuivre son récit et sort donc un autre méchant de sa poche ! En terme de construction, c'est assez maladroit et l'intérêt du lecteur est forcément moins grand.
Le nombre de fois où Tintin échappe à la mort par pure chance dans cette aventure est assez hallucinant : le mauvais gaz est utilisé par les bandits et Tintin n'a droit qu'à un soporifique ; il tombe d'une falaise mais un arbuste et une plate-forme lui sauvent la vie ; une dame tire la sonnette d'alarme pour sauver un puma et évite à Tintin d'être écrasé par le train ; une grève subite stoppe la machine qui devait le broyer ; des gagnsters se ttrompent et le jettent à l'eau avec des haltères en bois aux pieds... Cela fait beaucoup pour un seul homme ! On a beau ne pas chercher la vraisemblance, on se dit qu'Hergé a trop eu recours à ces sauvetages inopinés qui donnent l'impression que son héros subit totalement les événements.
Il y a encore quelques pointes racistes, qui viennent de Milou : "S'ils se figurent que je vais adresser la parole à des chiens peaux-rouges" ou "les voilà partis, ces sauvages". Mais c'est beaucoup moins présent que dans "Tintin au Congo" et Hergé semble même critique envers les lynchages de Noirs ou l'exploitation des terres des Indiens par les Etats-Unis. Globalement, la vision de la société américaine de l'époque est caricaturale mais intéressante.
Malgré ces critiques, l'album est plaisant à lire. Hergé fera mieux par la suite mais on peut tout de même saluer ce héros qui plaît encore aux plus jeunes lorsqu'on leur met l'album entre les mains et qui évoque chez tant d'adultes une douce nostalgie...
A la fin de Tintin au Congo, notre ami s'envole avec l'aide providentielle de deux aviateurs. L'un d'eux lui dit "Une nouvelle mission va vous être confiée. Il s'agit d'un reportage à Chicago".
De fait, Hergé envoie Tintin dans cette ville pour lutter contre Al Capone. A cette époque (nous sommes en 1931) Capone est réellement en prison, mais Hergé l'imagine toujours en liberté.
Hergé se lâche. Il prend un réel plaisir à imaginer et dessiner Tintin en cow-boy chevauchant les plaines du Far-West. Il a puisé son inspiration dans un n° du Crapouillot paru en 1930. L'album ?... Quasi un film dessiné. Vitesse, énergie, rebondissements sont présents au fil des pages. Tout comme au cinéma, cadrages et plans originaux s'enchaînent avec art. Bons et nombreux gags. Tintin va même prendre la défense des Orteils Ficelés (dans l'édition originale) ; une tribu d'indiens chassée manu militari de son territoire après que du pétrole y sera trouvé.
Cette ébauche de défense des minorités préfigure déjà les ultérieures prises de position humanitaires d'Hergé ; humanisme que l'on retrouvera par la suite dans d'autres aventures.
La première édition, parue en 1932, est toujours en noir et blanc. Le premier album couleurs ne paraîtra qu'en 1943.
Le "Tintin" que j'aime le moins.
Dans la lignée de "Tintin au Congo" pour la veine colonialiste, mais en même temps une vision simpliste des USA des années 40 (crime organisé, prohibition ...).
Tout ça est très manichéen au possible et les aventures de notre héros le sont aussi (le très gentil contre les très méchants). De plus, les situations sont souvent invraisemblables.
Bref, j'accroche pas vraiment parce qu'en fait, ce "Tintin" là ne me fait ni rêver ni voyager ...
Je vais donc encore couper la poire en deux !