Une bonne adaptation d’un des récits les plus noirs écrits par Lovecraft, une icône incontestée de la littérature de l’horreur et du fantastique.
Le scénario est tiré de « Herbert West, réanimateur » (lequel, d’ailleurs, dans les années 80, a fait l’objet d’un film –Re-Animator- de très belle facture).
Ici, Calvez rend bien un univers vraiment « noir », ce par un graphisme sombre, dur, haché même. Pas de chichis ; on entre –ou pas- dans une histoire où le superflu n’existe pour ainsi dire pas.
Je ne dis pas que l’ensemble est glauque à souhait, mais l’adaptation ici rendue est prenante et –surtout- fidèle au texte original de Lovecraft. Une « belle » plongée dans l’horreur à la narration, dialogues et graphisme efficaces.
J'aime beaucoup Lovecraft dont je crois avoir lu quasiment tous les écrits, poèmes inclus. C'est donc avec un réel intérêt que j'en découvre chaque adaptation en bande dessinée. Hélas, la nouvelle en six chapitres Herbert West, réanimateur n'est vraiment pas ma préférée de l'auteur. Il faut dire qu'elle dispose de deux défauts : d'abord, c'est la première oeuvre vraiment publiée par Lovecraft, elle manque donc encore de maîtrise. Et d'autre part, sa structure en épisodes lui impose une sorte de reprise à zéro au début de chaque chapitre, presque comme si rien ne s'était passé à la fin du chapitre précédent. C'est un défaut que j'ai ressenti notamment au second épisode, après que les deux héros aient été terrifiés à la fin du premier chapitre, ils recommencent leurs expériences comme si de rien n'était.
Et puis bref, l'histoire de ces médecins qui cherchent à redonner la vie à des cadavres est un thème qui ne m'intéressait déjà guère dans le classique Frankenstein. Pour dire, dans la nouvelle de Lovecraft, seule la fin du premier chapitre m'avait vraiment marqué, le reste m'ayant plus ou moins ennuyé.
Du coup, son adaptation en BD m'a moyennement convaincu.
Le dessin est plein de personnalité, je l'aime bien mais il est parfois un peu trop imprécis par moments à mon goût. De même, les couleurs uniformes permettent de créer une ambiance qui colle bien au scénario mais je me lasse de ne pas voir un peu plus de diversité dans la colorisation. Mon goût me dicterait de rester autant en noir et blanc dans ces conditions.
Le récit est plutôt bien adapté mais les émotions et les frayeurs que sait insuffler Lovecraft ressortent assez peu dans les planches. La fin du premier chapitre n'a pas su m'apporter la même angoisse que j'avais ressentie à la lecture de la nouvelle. Et l'apothéose finale du récit, qui aurait dû être le comble de l'horreur, m'a laissé purement indifférent. Bref, les émotions n'ont pas réussi à m'atteindre par le biais de la BD.
L'adaptation ne se révèle donc pas mauvaise car elle est graphiquement jolie et convenant bien au récit, car la narration est bonne et le récit fidèle, mais la mise en image n'a rien su apporter de neuf par rapport à l'écrit à mes yeux et les sensations de la lecture de Lovecraft n'ont pas su être reproduites pour moi.