Bon, commençons par le (seul) point fort de cet album : le graphisme ! Philippe Xavier ("Paradis Perdu") livre ici de l’excellent travail, que ce soit au niveau des protagonistes ou au niveau des décors et des scènes de batailles. Tout comme dans le cinquième tome de la série "Kookaburra" on a également droit à une quadruple page dépliable : un petit plus agréable, sans être vraiment indispensable.
Par contre, au niveau du scénario, ce n’est vraiment pas terrible. Le récit manque d’originalité et est fort prévisible. Batailles, ésotérisme, fantastique, trahisons, amour : beaucoup d’ingrédients sont intégrés à cette croisade menée par Dufaux, mais le résultat est tout sauf emballant et même assez fade. Pourtant, deux pages d’introduction relatant les différentes croisades à travers l’histoire laissaient présager du meilleur car ce scénariste d’expérience allait nous conter la plus emblématique d’entre-elles : celle de Philippe-Auguste et de Richard Cœur de Lion. On s’attendait donc à un véritable feu d’artifice scénaristique, mais ce ne fut finalement qu’un petit pétard mouillé.
Premier tome d’une série annonciatrice de bonnes choses… oh que oui…
« Croisade » n’est pas une Xième série qui se contenterait de mettre en scène ces périodes épiques de l’ Histoire. Ce que j’ai surtout trouvé ici est une sorte de mise en scène où intervient une part de fantastique ; et ça m’a vraiment attiré.
Le postulat ?… la troisième croisade, celle de Richard Cœur de Lion (savez-vous, mes bons zamis, que son gisant se trouve en l’abbaye de Fontevrault, près de Saumur ?…). J’ai plongé avec délices dans une épopée guerrière où âpres combats et bains de sang se mêlent… mais aussi où « passent » des personnages forts mystérieux.
Mais où j’ai eu l’œil rivé, c’est à la « lecture » du dessin . « Oufti !… » comme on dit chez nous… un magnifique trait réaliste, superbement enlevé, bien lisible et qui s’inscrit dans une « mise en musique » des cases où la minutie et le pointillisme sont d’un très bel effet.
Une magnifique surprise, d’ailleurs, s’offre au lecteur en milieu d’album (je ne vous en écrit pas plus…) ; surprise qui doit –normalement- se reproduire dans chaque nouvel opus ultérieur.
Sur une base historique réelle, j’ai ici eu affaire à une bien belle et bonne histoire qui bénéficie d’un graphisme général parfois spectaculaire.
Un très très bon moment de lecture.
Voilà une bande dessinée qui était pleine de bons présages et de laquelle je sors légèrement déçu.
Les bons présages étaient entre autre apportés par Jean Dufaux dont on connait la quantité et la qualité moyenne constante et élevée de ces réalisations et scénarii.
L'époque abordée, celle des croisades et du pays utilisé, celui de Hierus Halem inhabituelle dans le monde de la BD était aussi très tentante. Je dois dire que dans la restitution des atmosphères, de couleurs, des lieux, des ambiances, on sent encore un fort travail de documentation et de découpage de la part de Dufaux. La qualité de ce point de vue est au rendez vous. J'ai lu dernièrement "Murena" et j'ai entamé "Voleur d'empire", je m'attendais donc à quelque chose du même acabit.
Là où le scénario m'a plus embarrassé est dans l'ajout d'une pointe de magie religieuse et de superstition que je n'attendais pas. Maintenant si vous êtes prévenus, cela vous sera surement moins gênant ! Pourtant, il est vrai que dans Voleurs d'Empire, pourtant, nous retrouvons aussi cette touche de sorcellerie et de mysticisme au milieu d'un champ historique fort.
Ensuite, le dessin m'a lui aussi déçu. Il m'a rappelé celui de D'Fali dans la série "Garou".
Un trait qui sati se faire fin, mais des ombres grasses, épaisses et que je trouve peu esthétiques, beaucoup d'aléatoire dans la reproduction des visages principalement de trois-quarts.
Alors ? Que penser finalement ? Que cette BD vaut le coup d'œil mais n'est pas LA nouvelle série de Dufaux. Le contexte historique est une nouvelle fois fort intéressant, avec une feuille complète d'explication sur les différentes croisades en début d'album pour situer le scénario.
Mais le scénario est parfois brouillon, pas suffisamment clair pour moi. Et puis, je reviens sur les visages et le dessin donc, où parfois j'ai confondu des sarrasins et des croisés par la couleur de peau et le trait quasi identique sous certains angles (et on y revient…)
Les couleurs des décors sauvent la mise, même si l'informatique aujourd'hui tend à donner des remplissages trop lisses souvent.
Ah, je reviens tout de même sur le travail de scénarisation de Dufaux que l'on sent sérieux. Il y a un désir perceptible et agréable de créer des personnages avec du caractère et une vraie profondeur.
A noter aussi une double double page (oui, 4 pages en juxtaposition dans un dépliant) que je crois être une première en BD.
Maintenant, je vais forcément attendre la suite puisque cette BD est sur mes étagère (merci papa Noël ! ) et que je complèterai la série.