Dès la première page, j'ai été déçu par le dessin. Non pas par le trait des personnages qui est assez sympathique et plutôt maîtrisé. Non, ce sont deux choses qui m'ont déplu. D'abord l'absence d'encrage auquel le dessinateur préfère des contours colorés qui atténuent complètement les détails et à mon sens les possibilités de beauté de ce graphisme. Puis ce sont ensuite les décors qui ne me plaisent pas, trop simples la plupart du temps et tout simplement médiocres quand ils représentent la mer et les bateaux, ce qui est bien dommage pour une histoire de pirates. Ce dessin n'arrive pas du tout à me transporter dans le récit. Il manque de crédibilité, surtout quand on voit à un moment donné l'intérieur d'un bateau pirate qui a l'air aussi spacieux et peu maritime qu'une grange à foin.
Quant au scénario, il ne serait pas mal s'il n'empruntait pas tellement à L'île au trésor. Alors je veux bien que ce soit une sorte d'hommage, une sorte de suite, mais de reprendre à tel point tant de péripéties et de composantes narratives du récit de Stevenson, je trouve... que cela n'apporte rien de neuf ou presque. C'est comme s'il n'y avait pas là un scénario à part entière mais un cocktail de reprises et de clins d'oeil à l'oeuvre originelle.
La lecture reste relativement agréable et c'est un moment de divertissement qui ne m'a pas ennuyé. Mes reproches ne sont donc pas rédhibitoires. Si ce n'est la fin que j'ai trouvée assez facile, et l'intrigue globale finalement trop alambiquée, ce n'est pas un mauvais récit.
Mais en fin de lecture, je me suis vraiment dit "mouais... bof...". Pas convaincu.
Ce troisième tome est un vrai bordel scénaristique.
La narration change sans arrêt, tout comme l'époque, et ce sans indication graphique claire. Il faut s'accrocher, croyez-moi.
Mais quand bien même vous passeriez outre cet état de fait, il reste l'histoire, qui finalement est assez banale. On appréciera les différents clins d'oeil à l'oeuvre de Stevenson ("L'ile au trésor" pour ceux du fond), mais la trame développée dans cet album est d'une pauvreté...
En fait, Bertho s'est surement dit, comme moi : "comment je vais bien pouvoir caler la présentation de 7 personnages et en même temps proposer une histoire complète en un seul tome ?". Alors que les autres scénaristes des tomes précédents ont choisi une présentation à la va-vite des héros pour se centrer sur l'histoire (ce qui en soit est un peu dommage car l'identification qu'a le lecteur envers ces héros est alors remise en question), Bertho, a décidé, lui, de privilégier la découverte des septs pirates à l'histoire elle-même.
Conclusion : il ne se passe pratiquement rien. Evidemment, difficile de lancer un scénario bien complexe en débutant l'histoire elle-même à la page 40..
McBurnie réalise pour sa part un travail très personnel, très coloré et que j'ai trouvé assez chouette. Peut-être manque-t'il un peu de dynamisme à l'ensemble, mais c'est tout de même drolement joli. Par contre, je ne sais pas si le découpage de l'album est l'oeuvre du scénariste ou du dessinateur, mais alors attention : comme je l'ai dit plus haut, il faut réellement s'accrocher pour parvenir à suivre l'histoire tant la narration est décousue.
"Sept Pirates" n'est donc pas le meilleur album de cette série, vous l'aurez compris. Reste à savoir si la suite tiendra la route..