Personnellement, Spirou et Fantasio C’EST Franquin. Et c’est vrai qu’à la mort de ce dernier certains nouveaux épisodes, repris par divers auteurs, m’ont laissé comme un goût amer en bouche.
Mais parfois, certaines histoires –dans leur conception générale- valent le coup. C’est le cas ici. Le postulat, c’est vrai, est assez simple : le comte de Champignac part au bout du monde à la recherche d’un trésor. Mais Yann a concocté une histoire « exotique » pleine de rebondissements et pimentée à souhaits. Il « joue » de ses personnages (auxquels il n’a pas oublié cette vraie peste de Seccotine) d’une bien belle manière, montrant qu’il a une réelle connaissance du modus vivendi des héros.
Le dessin ?… Tarrin offre un chouette graphisme au trait rond, bien lisible et « rafraîchit », à sa façon, le style des personnages. Un album réjouissant tant dans sa conception narrative que graphique ; une sorte de « renouveau » de Spirou et Fantasio qui n’a rien à (trop) envier à l’univers et l’esprit de la série réalisée par Franquin.
Ce n’est pas à 100% ma tasse de thé, mais c’est quand même bien fait.
Le Tombeau des Champignac est le troisième album de cette très intéressante initiative consistant à confier les célèbres héros à des auteurs invités le temps d’un album.
Fabrice Tarrin fait preuve d’un talent évident lorsqu’il s’agît de reconstituer l’univers du groom ; son album fait fortement référence à l’époque Franquin tant par le dessin de Spirou en costume de groom “classique” que par l’utilisation de plusieurs véhicules créés par le maître comme la Zorglumobile où la Turbot Rhino I (signalons d’ailleurs un léger anachronisme puisque cette voiture est supposée avoir été détruite et remplacée par la Rhino II bien avant l’apparition de la Zorglumoblie). Tarrin s’en sort particulièrement bien et son album éveillera de la nostalgie chez ceux qui ont grandi avec Spirou.
Côté scénario, Yann fait preuve d’une belle imagination avec une double histoire mettant en scène d’un côté Seccotine et une mystérieuse expédition en Himalaya et de l’autre l’exploration par Champignac des souterrains de son château sur la trace de ses ancêtres... Petit bémol : certaines coïncidences sont pourtant trop énormes et même si l’univers de Spirou est parfois fantaisiste, ici certaines ficelles scénaristiques sont carrément lourdes. Néanmoins, les personnages et l’esprit Spirou sont respectés et cela nous offre un album qui pourrait se fondre dans la série mère sans gros soucis (quelque part entre les albums de Zorglub et QRN par exemple).
Enfin, Yann et Tarrin osent tout de même un écart moderniste par rapport à l’époque Franquin au travers de la relation plus qu’ambigüe entre Seccotine et les deux héros, ce qui a déjà été quelque peu exploré par Tome et Janry dans des albums chronologiquement postérieurs... Intriguant (aaah cette grotte ???) mais pas forcément nécessaire.