Transmetropolitan, c'est avant tout la rencontre entre un décor et un personnage, tous deux d'exception.
Le décor, c'est la Ville, The City, dans laquelle vit Spider Jérusalem. Babylone futuriste, elle suinte l'humanité dans ce qu'elle peut inventer de pire, l'anarchie y côtoie le fascisme, les buildings huppés y côtoient les bas-fonds glauques où subsistent les parias, la technologie y oscille entre merveilles de la science et dégradations humaines sans morale. Bref le cauchemar social tel que l'anticipation et l'extrapolation sociologique peuvent les imaginer de manière la plus réaliste et extravagante à la fois.
Quant au personnage, c'est Spider Jérusalem, ancien journaliste et essayiste à succès, exilé du monde civilisé depuis 5 ans, et qui revient en ville pour reprendre ses activités journalistiques avec toute la paranoïa, l'anticonformisme, la vitalité, le cynisme et l'acuité politique et sociologique dont il fait preuve. Et il a une insatiable envie de faire chier le monde et de dévoiler toute la vérité aussi pourrie soit-elle. Essayez de l'arrêter, il ne prendra que plus de plaisir à foutre sa merde. Tabassez-le à mort, il vous pissera à la raie avec le sourire.
Cocktail détonnant pour une BD pleine de vie, d'idées et d'une part de subversion.
Une vision d'anticipation sociologique intéressante et intelligente. Un personnage captivant plein de verve, de pêche et offrant de nombreux dialogues excellents.
Un dessin tout à fait bon et empli de détails amusants ou dénonciateurs d'une société corrompue.
Une construction sous la forme de récits complets portant chacun sur des idées originales et intéressantes.
Pour l'instant, seul les premiers épisodes sont sortis en France (1 seul l'était dans l'ancienne édition Le Téméraire), il n'est donc pas encore possible de se faire une opinion complète mais il parait que les 10 récits complets de l'intégrale forment un tout prévu dès le premier chapitre. Une belle construction d'extrapolation sociologique, d'humour noir, de cynisme et d'anticonformisme.
A lire.
Du trash de chez trash... un peu trop parfois même.
L'auteur fait évoluer deux personnages en même temps dans son univers : Spider Jérusalem, un journaliste cynique, désabusé, paranoiaque, mégalomane (j'en passe et des meilleures) et The City qui n'est ni plus ni moins que la ville dans laquelle il évolue (et qui est pire que lui).
Cette BD d'anticipation nous présente un futur cauchemardesque où l'humanisme est un mot qui n'existe plus. Ce futur (très loin de nous encore... et heureusement ! mais peut-être pas si loin ?) balaye tout un tas de thèmes scientifico-philosophiques comme le clônage, la pollution, la déontologie... Mais l'auteur nous parle aussi de télévision, de vie après la mort, d'innovations technologiques délirantes.
Il y a énormément de choses ... et peut-être trop d'un coup. Du coup, je déconseille une lecture "compacte" qui est assez fatigante. Fragmenter sa lecture en trois ou quatre fois me semble plus reposant pour l'esprit. En effet, notre ami Spider a un avis sur tout, et il le clame haut et fort à chaque page avec un vocabulaire bien à lui. Mises bout à bout, ses réflexions sur le monde dans lequel il vit peuvent lasser. Mais ne vous y trompez pas ! il y a certaines choses qui sont très bien vues et qui valent la lecture.
Côté dessins, je trouve que ça ne colle pas avec la noirceur du propos. En même temps, il y a un second degré évident qui justifie ce choix graphique. Un trait assez comics, pas super habile ni même beau. Mais surtout, beaucoup de couleurs claires qui peuvent surprendre. Ceci dit, heureusement que ce second degré est là pour nous "sauver" de l'indigestion.
Bref, au final, un regard sans concessions sur cette société futuriste qui n'est que le reflet de celle dans laquelle nous vivons. Ce monde fait gerber l'auteur, et il ne se prive pas de le dire. Nous sommes parfois d'accord avec lui.