Ce récit autobiographique de Jung ("Kwaïdan", "La jeune fille et le vent", "Okiya, la maison des plaisirs défendus", "La danseuse du temps") est une véritable réussite. Jun Jung-Sik, orphelin coréen adopté par une famille belge y scrute ses souvenirs d’enfance et se met complètement à nu.
L’auteur parvient à partager son sentiment d’abandon, son déracinement, ses rapports avec sa nouvelle famille et son intégration en Belgique en évitant de tomber dans le misérabilisme et le larmoyant. Au contraire, malgré le sujet touchant, le ton du récit est plutôt léger, souvent humoristique, voire ironique. De plus, en revenant sur les origines du conflit coréen et sur le grand nombre d’orphelins dans son pays d’origine, Jung insuffle un côté didactique intéressant à son récit.
Le dessin noir et blanc aux tons gris colle parfaitement au côté intimiste du récit, tandis que les visages ronds et expressifs soutiennent admirablement le ton léger qu’utilise Jung lors de ce témoignage honnête et touchant.