Ce deuxième tome, tout en étant loin d'être aussi bon que le premier, est très réussi. Simplement les auteurs ont fait des choix, ont changé un peu les règles, et ces options ne sont pas toujours à la hauteur. Par exemple, ce second tome commence comme une histoire racontée par quelqu'un, ce qui fait un décallage complet du style, ce qui n'apporte strictement rien à mon avis. Il y a aussi un peu des faiblesses dans le scénario, non pas sur ce qui est crédible ou pas, mais dans des détails qui font penser que c'est un peu conventionel et baclé. C'est bien que Arthis et la jeune femme brune tombent dans les bras l'un de l'autre, mais ils se connaissent à peine, ne se sont vu qu'une fois, leur coup de foudre est finalement assez improbable.
Le mystère reste quand même entier, malgré les explications laborieuses données par certains protagonistes. Le porte questions reste garni de pourquoi et de comment, même si on a essayer de nous raconter l'essentiel. Pourquoi Arthis retourne t-il chez son ancienne fiancée, comment peut-elle penser qu'il n'est pas fou, comment Arthis peut-il croire que son plan, qui est un peu stupide, va marcher, autant de question auquelles le lecteur va devoir répondre tout seul.
Le dessin a fait beaucoup de progrès, il n'en va pas de même pour le scénario, mais c'esst vrai qu'après un aussi beau départ, la suite risquait de baisser d'intensité. Mais tout n'est pas dit, rien n'est fini, la suite encore peut nous surprendre et relancer l'intrigue, car tous les éléments sont là pour ce faire. Personne, après avoir lu ces deux premiers tomes, n'hésitera à se jeter sur le troisième comme un mort de faim. C'est une valeur sure de votre bibliothèque, il n'y a aps à hésiter.
Ce second tome, s'il a le mérite d'enfin comprendre dans quel monde évolue notre héros Arthis, est pour le coup un peu moins prenant que le premier album.
Tout d'abord parcequ'ici, peut de place est laissé au lecteur pour supposer et imaginer toutes les scénarii possibles. Les faits nous sont présentés tels quels, le plus gros du travail du scénariste étant de nous présenter cet étrange univers tout en le rendant crédible. Et ce n'est pas une mince affaire, croyez-moi. Toutefois, sur ce plan, Makyo se débrouille à merveille.
L'album, s'il reste passionnant, lance toutefois un peu trop de pistes sans réponse. Evidemment, on sait que Makyo va nous fournir ces différents éléments dans les tomes à venir, mais il manque ici un petit équilibre entre révélations et nouvelles questions.
Toutefois, ne boudons pas notre plaisir, cet album se lit sans déplaisir ! et a comme force une originalité sans faille.
Le dessin de Vicomte est quant à lui plus précis, plus net que lors du premier tome. C'est une bonne chose
Le 1er tome fixait l'histoire, amenait "au bout du monde" et nous faisait connaître certains de ses mystères. Ici, on y est, en plein dedans.
C'est donc noir, car les êtres le sont devenus, et, à chaque pas l'enfer n'est pas loin. On en sort un peu en fin de tome, mais a-t-on vraiment gagné au change ?
Le dessin est plus sombre, et c'est normal, voulu. Les couloirs infinis du labyrinthe intérieur (mais de quoi au fait? Makyo nous réserve bien des surprises) nous emportent dans les entrailles des profondeurs, et c'est effrayant de voir ainsi des existences s'entre-déchirer, se détruire, et accepter toutes les lois, depuis si longtemps (ce qui excuse un peu).
Vraiment, j'ai été perdu, immergé dans ce monde infernal, ce pays de la noirceur et de la folie, sans doute.
Makyo nous propose ici un très beau livre, attirant, captivant notre intérêt, et j'ai plus goûté ici le dessin de Vicomte qu'au 1er livre.
De plus l'apparition de nouveau personnages redonne du rythme et de la variété, et cette introduction semble naturelle, bien amenée.
Il s'agit d'une série qui suit sa route, qui vieillit bien (certes, je le concède, le dessin date un peu, mais pourquoi pas, et puis ça rend l'histoire encore plus intemporelle), sans relâchement (je trouve même que l'intensité dramatique monte un peu) et la suite s'annonce prometteuse.
A poursuivre, donc, absolument .... Vite !
Notre photographe continue d’errer aux portes de l’enfer, dans cet univers carcéral sombre et qui se vide lentement de toute humanité. La folie guette et l’espoir de sortir un jour vivant de cet endroit cauchemardesque diminue de jour en jour.
Ce deuxième tome continue ce huis-clos aux frontières du réel en faisant évoluer les personnages au bord de la folie. Le lecteur trouvera cependant réponses à toutes les questions qu’il se posait à la fin du premier tome, tout en s’étonnant de la nouvelle tâche qui attend notre photographe afin de terminer ce premier cycle de quatre tomes.
Le scénario de Makyo perd un peu de sa magie avec toutes ces révélations, alors que le dessin s’améliore par rapport au tome précédent.
"Le grand pays" a le mérite évident d'apporter des éclaircissements bienvenus à la palpitante mais obscure "Prison" qui ouvrait le cycle. Le début du récit permet de retrouver la micro-société des prisonniers et ses querelles mesquines pour obtenir le pouvoir, mais très vite, la découverte de la prison des femmes ouvre de nouvelles perspectives. Toutefois, Makyo ne les explore guère puisque le héros précipite les événements en s'évadant et qu'il va en apprendre beaucoup plus sur l'univers particulièrement mystérieux dans lequel il s'est retrouvé plongé.
A vrai dire, en refermant le tome, il ne reste plus beaucoup de questions en suspens. C'est peut-être cela qui fait que le premier volume était plus réussi : il équilibrait à merveille les choses à savoir et les éléments à découvrir ultérieurement. Le scénario du "Grand pays", beaucoup plus explicatif, reste agréable mais on a moins hâte de lire la suite et l'esprit du lecteur peut moins vagabonder vers d'audacieuses spéculations...
Pourtant, sur le plan graphique, Vicomte a trouvé son style et l'album possède une unité qui faisait défaut au premier. L'atmosphère moyen-ageuse est bien rendue par le trait du dessinateur, qui utilise beaucoup de noir pour toutes les scènes de la prison, ce qui donne un sentiment de crasse et d'obscurité. Bon point pour Vicomte.
S'il est un peu moins bon que son aîné (c'est le lot de beaucoup de suites !), cet album reste à découvrir et l'ensemble du cycle mérite vraiment le détour.