C'est à la mode, dernièrement, les récits et histoires se déroulant dans l'univers carcéral.
Il faut dire aussi que Prison Break à clairement ouvert la voie sur le petit écran, faisant suite à un "Oz" très populaire..
Callede s'engouffre dans la brêche et écrit une histoire dont les deux tomes ont le bon gout de paraitre en même temps. Plutôt sympa pour les lecteurs !
Le scénario est plutôt agréable, et nous fait cette fois découvrir la prison ("Le temple", comme indiqué dans l'album) par les yeux d'une nouvelle recrue, gardien de prison. On y (re-)découvre la violence des prisons, mais aussi le comportement plus que limite parfois des "gardiens du temple" qui usent et abusent de leur autorité dans ce lieu.
Mais là ou Callede fait fort, c'est en introduisant une notion de Thriller qui donne beaucoup d'intérêt à l'histoire. Sans vous dévoiler quoi que ce soit, disons que le récit est assez ingénieux et saura tenir en haleine son lecteur.
Le dessin de Gihef est tout à fait honnête. Pas particulièrement original, il a pour lui d'être très propre et plutôt joliement coloré, de manière par contre très classique. On pourra peut-être lui reprocher d'être un peu statique mais le résultat est plutôt agréable - et c'est là l'essentiel.
Introduction d'un diptyque plutôt agréable, donc. L'achat est d'autant plus conseillé que l'histoire est disponible dans son intégralité chez votre libraire.
Peu de temps après la parution du quatrième tome d’"Enchaînés" et à l’aube de la 400ème exécution d’un détenu au Texas, Joël Callède et Gihef prolongent leur collaboration avec le lancement de cette série carcérale. Avec deux premiers tomes proposés simultanément et formant une histoire complète, «Les gardiens du temple» confirme l’influence des feuilletons télévisés américains sur le neuvième art franco-belge, comme en témoigne également la collection Impact de chez Delcourt.
Malgré un thème carcéral surfant inévitablement sur la popularité de «Prison Break», en préférant prendre la vague plus intimiste de la série TV «OZ», «Haute sécurité» parvient clairement à se distancier des tentatives d’évasions répétées d’un Michael Scofield qui fait finalement plus penser au personnage de "Bobo", qu’au protagoniste principal de ce diptyque.
En nous faisant suivre les premiers pas du petit nouveau dans ce pénitencier du nord-ouest américain, Joël Callède ("Dans la nuit", "Tatanka", "Comptine d'Halloween") parvient à planter le décor de manière efficace, tout en permettant au lecteur de s’identifier avec le jeune geôlier. L’immersion dans le quotidien des gardiens est totale et la tension que ressentent ces hommes qui vivent constamment sur la défensive est palpable. A cet univers réaliste, l’auteur insert progressivement une intrigue sur fond de meurtres qui servira de vecteur au récit.
Le dessin clair et efficace de Gihef a gagné en maturité par rapport aux "Enchaînés", avec un trait plus léger, utilisant moins de noir. La mise en couleur traditionnelle de Dina Kathelyn permet à la dureté de l’univers de déteindre sur le graphisme, tout en évitant ce côté synthétique trop lisse qui contamine beaucoup trop d’albums actuellement.