J'avais, dans un monde antique, presque médiéval, un peu boudé ce livre.
Quelle erreur, quel dédain de piètre valeur, quelle honte. Pourvu qu'il me soit pardonné cette errance abusive, ce manque de regard posé.
Car j'ai pris un plaisir fou à retrouver les protagonistes belliqueux de cette folle aventure sans queue ni tête, mais avec épée, et capes.
Mildiou est immense dans sa ferveur combative, dans la démesure de son agressivité.
Le Lapin, assez sympa, maîtrise tranquillement la situation, agissant un peu en faire-valoir qui ne veut pas vexer, mais qui ne veut pas non plus passer pour quelqu'un qu'on abuse, ou pire, que l'on tue...
Ça n'arrête pas, et le livre est rempli de combats, de provocations.
Trondheim écrit une histoire simple, mais folle par sa fuite en avant: jamais, jamais, cela ne s'arrêtera t-il ?
Le noir et blanc, le petit format, portent le livre, et quelques dessins (des cadrages, des dents, des plans) m'ont rempli d'aise, me téléportant dans cette grande demeure médiévale.
J'ai vraiment goûté mon moment de BD, cette félicité qu'une fois encore Monsieur Lewis nous offre (et cette double chute tout en douceur, l'air de ne pas y toucher, c'est bon, non ?).
Merci, et c'est tout.
Il y a l’absurde façon Le Roi cassé que je n’aime pas trop, et l’absurde façon "Mildiou", avec la malice et l’imagination débridée de Trondheim.
On assiste en effet, pendant 140 pages, à une baston ininterrompue, à l’épée, au canon, ou aux poings, doublée d’une joute verbale assez savoureuse, entre un Lapinot déjà flegmatique et un Richard dans un rôle à contre-emploi, de tyran. Le même Lapinot affronte également un chien susceptible et belliqueux, le tout ponctué par l’intrusion d’autres personnages dont un qui aura un rôle aussi inattendu que crucial.
Ca se lit facilement, c’est assez sympa, sans être désopilant, avec un dessin trondheimien aux petits oignons, bref, une petite BD sans prétention, mais assez rigolote.
De là à l’acheter... à vous de voir.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que les avis sur "Mildiou" sont partagés. Allez donc lire les autres chroniques sur l'album après avoir lu les lignes qui suivent : vous constaterez que d'autres membres de coinbd ont pris énormément de plaisir avec cette bande dessinée que, personnellement, j'aurais préféré lire en bibliothèque au lieu d'y avoir investi mes deniers.
C'est sur le nom de Trondheim que j'ai acheté "Mildiou". Quand l'auteur est l'un des papes de la nouvelle bande dessinée, qu'on a apprécié "Les formidables aventures de Lapinot" ou "Approximativement" (en passant par tant d'autres bons albums...), on investit les yeux fermés ou presque. Sauf que dans ce one-shot, la magie n'opère pas.
Sur le plan graphique, rien de surprenant : c'est du Trondheim. C'est toutefois en noir et blanc et le côté ligne claire, qui permet d'apprécier certaines cases très détaillées, laisse un peu sur sa faim quand on aime les planches d'un Miller ("Sin City") ou d'un Trillo ("Je suis un vampire"). En bref, techniquement, c'est un peu court et la mise en couleurs aurait certainement amélioré l'ensemble .
Le scénario est généralement le point fort de Lewis Trondheim. Ce n'est pas le cas ici. "Mildiou" ressemble à certains mangas qui se contentent de mettre en scène un combat sur d'interminables pages. C'est un genre qui a ses afficionados mais qui me laisse dubitatif, tout en reconnaissant à ces mangaka un sacré sens de la mise en scène. Trondheim opte pour un ton humoristique pas déplaisant mais qui ne m'a jamais fait rire. Les dialogues sont répétitifs et manquent du côté percutant qu'on ne saurait habituellement dénier à leur auteur. On ne s'ennuie pas vraiment, et cependant on a le sentiment d'une vacuité au terme des 140 pages.
Je continue à aimer Trondheim et à le considérer comme un grand monsieur de la bande dessinée. Mais aimer un auteur n'empêche pas de reconnaître que certains de ses albums sont moins réussis. "Mildiou" est un album dispensable, que seuls les maniaques de Lewis Trondheim s'évertueront à posséder sur leurs étagères.
Ah, décidément Trondheim sait faire des choses vraiment originales et bien réussies !
Mildiou, c'est avant tout 120 pages de bonheur, 120 pages d'une poursuite incessante entre un pauvre lapin qui n'a rien demandé à personne et qui se fait poursuivre par l'affreux Mildiou.
C'est fait façon manga, un peu à la Dragon Ball, mais très, très intelligemment. Ce qui à mon avis fait tout l'intérêt de ce livre c'est le décalage entre les propos et la mentalité des deux principaux protagonistes, à savoir Lapinot et Mildiou (décalage qui soit dit en passant me rappelle un peu l'excellent "Blacktown). Ces dialogues sont ciselés come des bijoux, incisifs et suscitent chez moi un véritable plaisir !
Ca n'est jamais lourd -- et ça c'est un exploit ! -- et les quelques personnages secondaires, qui ont chacun leur propre état d'esprit et n'en dévient pas, ajoutent encore au côté "grotesque" de l'ensemble.
Un véritable bijou, à lire absolument. (NB : si vous aimez Trondheim !)