Bon, c’est vrai, une « intégrale » est souvent un filon exploité par un éditeur pour faire (re)découvrir quelques tomes d’une même série en un seul volume MAIS : quand c’est bien fait, pourquoi pas ?…
C’est ici le cas : un bien bon gros ouvrage qui reprend les 4 opus du premier cycle et –il faut l’écrire- basé sur une bibliographie assez impressionnante.
C’est quand même bien bon « Murena ». Ce n’est certes pas une version romancée de Rome sous le règne de Néron mais une véritable plongée dans un monde cruel, vicieux, sans concession aucune des mœurs –souvent dégénérées- de l’époque.
Une bien bonne histoire, un péplum qui « tire » plutôt du côté de « Gladiator ».
Je me suis plu à relire –en une fois- cette vision assez cauchemardesque de personnages dévorés par la passion du pouvoir, qui accumulent trahisons, coups fourrés et assassinats pour accomplir ce qui est leur destinée.
« Murena » ?… une très grande création de Dufaux, mise en scène par le trait magistral de Delaby. Alors, pourquoi s’en priver ?…
On m'a offert pour Noël les quatre premiers tomes, en intégrale. Autant dire tout de suite que j'ai été époustouflé par ce truc ! Depuis "Alix" (et son petit Enak), je pense qu'aucun travail sur l'Antiquité n'a atteint une telle qualité.
Les deux auteurs se sont en effet intéressés à la jeunesse de l'un des monarques les plus célèbres de cette époque, Néron. On le disait fou et pervers, il se révèle simplement droit dans ses bottes et amoureux. On disait qu'il avait comploté pour prendre le pouvoir, on se rend compte qu'il a été manipulé par sa mère, la meilleure des mères, Agrippine. Voilà un personnage remarquablement campé, qui invite à la réflexion sur les limites de l'amour matriarcal et de l'amour filial. Agrippine est prête à tout pour obtenir le pouvoir, vraiment tout.
Murena n'a en fait qu'un rôle d'observateur, il est un jeune noble qui subit les événements plus qu'il ne les provoque, même si, à la mort de sa mère, il décide d'agir.
On peut se sentir perdu dans la foule des personnages, mais au contraire, chacun a son rôle à jouer dans cette tragédie romaine, aucun ne reste obscur, même le perfide Pallas, qui au final, n'est pas si mauvais que ça, simplement guidé par des idées ambitieuses.
Je ne connaissais pas le Dufaux scénariste de BD historiques, mais alors là, quel sujet !!! C'est passionnant, et le dessin de Delaby, sans aucune faute de perspective, tout en pastels, et, je pense, assez juste historiquement (pour les costumes et les décors), est à la hauteur (c'est à dire un très haut sommet) de l'histoire !
A lire ABSOLUMENT !!!