Déjà, on n’apprend rien sur cet étrange univers métallique, sorte de labyrinthe à plus de mille niveaux, où tentent de survivre d’étranges individus.
Ensuite, on ne sait absolument rien du personnage principal, Killy le cyborg, qui semble à la recherche d’une entité n’ayant pas souffert de la mutation.
Et pour finir, il y a ce graphisme, certes détaillé et souvent impressionnant au niveau des décors, mais finalement plutôt brouillon, surtout en début de tome.
Bref, un univers complexe et démesuré, un héros intriguant, mais un scénario trop muet, qui ne révèle quasi rien et dont on ne sait pas où il mène.
Que dire du premier tome de cette série qu'est Blame! ?
On ne peut qu'avoir le souffle coupé face à la maîtrise graphique de Tsutomu Nihei. La finesse des traits, alliée à la démesure des décors et à un petit côté brouillon qui, au contraire de plomber la qualité du dessin, lui confère une aura toute particulière, donne à l'ensemble de cet album un souffle épique et un sens de la mise en scène absolument fabuleux.
J'adore cet univers graphique, pétri de bioméchanisme et d'un léger côté cyberpunk que ne dénigrerait pas des artistes comme H.R. Giger. On ne peut se sentir que comme aspiré dans un tel univers.
Niveau scénario, il est clair que l'on n'apprends certes pas grand chose sur les origines de cet univers lors du premier volume. On se retrouve immédiatement accroché aux pas de Killy, l'anti-héros de cette série, qui semble embarqué dans de biens étranges et curieuses missions, poursuivi par des êtres hybrides.
Ce premier contact avec la série déstabilise le lecteur lors des premières pages, et on peine tout d'abord à trouver ses marques dans un tel univers. mais plus l'action se met en place, plus l'histoire avance, plus on se rend compte que ce choix narratif de ne pas s'étendre dans une introduction fleuve sur les tenants et les aboutissants de l'univers de Blame! donne à ce même univers une credibilité certaine et aguiche la curiosité du lecteur.
En bref, un premier album vraiment puissant, autant par le dessin que par le scénario, un de ces albums différent et diablement bien pensé qui renouvellent la bande dessinée mondiale. Intriguant, dérangeant et bluffant à la fois !
L'atmosphère, vraiment très sombre, nous fait découvrir un univers complètement perdu, loin de tout, gigantesque complexe de métal comprenant des milliers de niveaux où vivent (ou plutot survivent) des individus en autarcie totale.
Au milieu de tout cela, le héros, Killy, voyage. Un héros dont on ne sait rien, rien du tout ! On ne sait pas d'où il vient, pas où il va, ni quel est son but, ses projets...
Nous voici donc catapulté dans un monde ultra froid, axé sur l'action pure, (et sauvage), et sur un scénario basique, mais baignant dans une atmosphère assez originale. Les différents personnages sont ultra dépourvus d'humanité (regardez le regard du héros sur la couverture, vous comprendrez vite !), désemparés et blasés d'un quotidien ultra violent.
Et pourtant, tout colle, comme par magie ! Amateur avant tout de scénarii complexes (LE troisième tome d'UW1, par exemple), j'aurais pu être tout simplement dégouté de Blame, mais non ! L'atmosphère est si étrange, si prenante et si... vierge d'informations, au premier abort, que cela en devient facinant.
Le style graphique est tout simplement royal : très différent de ce que l'on a l'habitude de voir dans le domaine du manga, le trait est ultra fin, et très détaillé tout en restant un poil brouillon peut être. parfait pour les scènes d'action, certes, mais il faut tout de meme s'accrocher pour suivre tant chacune des pages recelle de détail.