C’est loin d’être une BD de cul.
Allez, on s'explique, j'ai lut les commentaires précédent et force m'est de constater qu'il y en a toujours qui ont des problèmes avec la mise en image de la sexualité ; qu’il y en a toujours pour parler de « sexualité gratuite », des gens pour qui le fait de recourir à des images érotiques voire même carrément pornographiques est immanquablement gratuit, superficiel et contraire à l’intérêt du scénario..
Mais Yslaire c’est très bien expliqué la dessus, la réalité de la guerre et les images de centaines de corps recouverts d’un drap blanc, n’est-elle pas plus choquante que les dessins des ébats physiques de deux amoureux que l’Auteur n’a justement pas choisit de cacher sous des draps?
C’est la Guerre qui doit se cacher et même disparaître, hors tous les soirs elle hante nos JT et s’invite au repas tandis qu’on découpe le pain, on peut entendre le bilan des victimes dans la dernière guerre à la mode ! Et avec tout ça, une remarquable histoire d’Amour qui n’a rien avoir avec une BD de cul passe complètement inaperçue…
J’ai aimé le contraste entre ces images de guerres réelles et les dessins brouillons d’Yslaire.
J’ai aimé le huit clos intimiste et l’échange entre les deux personnages, qui c’est vrai font pas mal l’Amour, mais quand vous êtes face à une guerre naissante, dans le même lit qu’une bombe humaine, de quoi pouvez vous bien parler ? Du dernier film de Woody Allen ?
Ils se sont dit l’essentiel, le peu que leurs différences d’âge et de culture leurs permettaient et le reste était une affaire d’actes ou de paroles aussi simples que lourdes de sens tel que: Je t'aime.
J’ai aimé la référence aux Khazars, ce peuple méconnus autrefois prospères qui tout d’abord chamanistes se sont convertis au judaïsme et ont fait preuve d’une tolérance exemplaire vis-à-vis des autres confessions, notamment envers l’Islam et le Christianisme.
Soutenant l’environnement intriguant et mystérieux, beaucoup d’éléments de fictions se mêlent à la mythologie, comme cette étoile d’Ishtar qui apparaît partout, rappelant singulièrement l’étoile de David, mais à l’instar de David, Ishtar était pour les babyloniens, la Déesse de la Guerre et de l’Amour charnelle.
J’ai aimé la réflexion sur le Temps des Hommes, pas seulement ce long cycle sans fin, de guerres et de sentiments qui semblent toujours se répéter apparemment dans l’anarchie la plus méticuleuse juste pour donner l’occasion à certains de se détruire et à d’autres de s’aimer brièvement. Mais cette mise en images du Temps, un Temps palpable presqu’un personnage, il s’arrête, il repart, nous dépasse, ou nous prend en pitié comme un bourreau qui n’a pas décidé de la sentence mais ne peut faire autrement que de l’appliquer, il est sur les clichés des photographies, aux images des JT, dans les faits historiques, dans les légendes, dans les actions médiatisés de Lennon, l’importance de l’évocation du temps est évidente avec les titres et couvertures des 2 tomes : « Avant », « Après ».
Je suis choquée qu’un hurluberlu classe une BD d’Amour intelligente dans la catégorie BD de cul sous prétexte qu’un couple condamnés, fait l’Amour dans une chambre d’Hôtel et qu’il y ait des dessins de pénétrations ! Oh la la! Et le Scrabble ou le Monopoly ces deux là ne devaient pas connaître!
Comme si la guerre n’était pas une situation d’urgence qui laisse très peu de place aux discours d’amour enflammés…
Parce qu’avec la BD européenne (en grande évolution certes) mais toujours très machiste, on a juste le choix entre BD d’Aventures, science fiction, BD humoristique ou la catégorie enfants et sinon pour les romantiques, il y a la BD de cul! Pfff ! Non merci !
Le ciel au dessus de Bruxelles est une belle histoire d’Amour, si vous avez l’occasion de la découvrir jeté vous à l’eau et faîtes vous votre propre opinion.
Je vois la note générale et j'avoue que je ne comprends pas, c'est une magnifique BD, la plus belle histoire d'Amour qu'il m'ait été donné de lire dans la BD occidentale. C'est bien regrettable qu'elle passe aussi inaperçue!
C'est un travail merveilleux, Bravo Yslaire, moi qui n'était pas une grande fan de Sambre, je peux dire sans me tromper que "Le ciel au dessus de Bruxelles" est votre plus belle oeuvre, surtout niveau scénario.