Voici un tome d'IRS qui fait plaisir. Enfin le premier tome d'un diptyque que je comprends du premier coup, et sans avoir lu le second tome (pour moi, c'est assez rare pour être mentionné dans cette série). On retrouve donc notre super agent du fisc sur les traces d'un officier nazi, qui aurait eu des liens très étroit avec les plus hautes instances de l'Eglise catholique pendant la guerre que l'on connaît. Cela se lit bien, les planches "historiques" sont intelligemment incorporées à l'enquête de Larry Max et permettent de rendre cette dernière d'autant plus intéressante. Le thème de la seconde guerre mondiale constituait déjà la toile de fonds de la première enquête, mais la nouveauté ici, c’est l’implication de l’Eglise auprès des hauts dignitaires nazis.
Le dessin et les couleurs restent égaux à eux-mêmes. personnellement, je ne les trouve pas désagréables et je m'habitue plutôt bien à ce genre (gueules carrées, postures un peu raides).
Il reste des petites failles non expliquées (ou alors, j'ai pas tout compris, ce qui est possible aussi) : au fait, pourquoi Larry Max s'intéresse-t-il aux mouvements de la Banque du Vatican? Cela s'inscrit-il dans un processus de surveillance et de lutte contre le blanchiment d'argent? L'origine même de l'enquête n'est pas explicite... Par ailleurs, il y a un personnage qui apparaît dans un premier temps comme adversaire de notre héro, et ces deux lascars deviennent copains comme cochons d'un coup : pourquoi, comment? Ces questions trouveront peut-être leurs réponses dans le second tome.
Ce tome permet de préparer la deuxième partie du diptyque, qui, a n'en pas douter, permettra de lever les zones d'ombres qui persistent, et j'ai hâte de lire. Une note de 4 pour ce tome qui se révèle pour l'instant, le meilleur de la série... Je vais d’ailleurs en profiter pour relire les autres enquêtes et m’assurer que je ne suis pas passé à côté de quelque chose…
Dans ce cinquième diptyque, Desberg va réutiliser la toile de fond nazie, comme il l’avait fait lors du premier diptyque. Après avoir parlé des détournements de fonds placés en Suisse par les juifs avant la guerre dans ‘La stratégie Hagen’, l’auteur va maintenant baser son récit sur la relation controversée entre l’Église catholique et le Troisième Reich et le manque de dénonciation officielle de l’Holocauste par Pie XII.
Mais Desberg, va également faire un clin d’œil à son autre série populaire, en recyclant une scène du tome 6 du "Le scorpion". Ayant balancé dans le vide les parchemins tant convoités par Armando Catalano, Desberg va ici réutiliser ce passage afin d’introduire une piste ésotérique à son thriller financier.
Malheureusement, après avoir bien exploité le personnage de Gloria afin de rapprocher son héros du lecteur, ce filon semble maintenant épuisé. Du coup, Desberg va à nouveau réduire la vie privée de son héros à une relation téléphonique. Et puis, il y a cette entrée en scène de Larry, plus proche de la voyance et du ridicule que des capacités du super-agent à détailler la personnalité d’une personne sur base de sa déclaration fiscale.
Heureusement, au fil d’allers-retours d’une septantaine d’années bien placés, le scénario va finir par captiver. Des voyages dans le temps traités de manière différente au niveau graphique, à l’aide d’un style moins lisse. Le dessin de Bernard Vrancken (qui a gagné en souplesse depuis le début de la série sans pour autant exceller dans le mouvement) souffre ici de la comparaison avec Enrico Marini, imposée par cette revisite du château de Saint Sérac sur les traces d’il Scorpione.
Suite et fin dans le dixième album, ‘La Loge des Assassins’.