Comme un certain nombre de ses congénères (Batman en tête, mais aussi Spider-Man, le Punisher...), Daredevil doit quasiment sa carrière de super-héros à un traumatisme fondateur. Comme pour le justicier de Gotham, c'est le meurtre du père qui pousse Matt Murdock à se déguiser pour faire régner la justice dans sa ville. Et c'est à cette figure paternelle que Joe Quesada décide de dédier cet album.
Replaçons toutefois les choses dans leur contexte. "Daredevil - Father" n'est pas du tout une biographie de Jack Murdock. Le boxeur n'y tient qu'une place secondaire dans le récit - mais elle est omniprésente dans l'esprit du héros aveugle. Quesada, qui dédie l'album à son propre père, explore l'affection meurtrie d'un fils pour son géniteur, aussi imparfait soit-il. Cela donne à cette histoire une profondeur et une émotion qui sauront ravir les lecteurs au-delà du seul cercle des passionnés de comics.
Quesada est aussi performant au dessin qu'au scénario. Le récit est brillamment mené, entre psychologie et action, et sa mise en scène est sans faille. Le découpage est inventif et dynamique, les planches sont fascinantes par leur graphisme comme par les couleurs employées. "Daredevil - Father" se place assurément dans la liste des histoires qui marquent une carrière, que ce soit celle de Daredevil ou celle de Joe Quesada.
En plus, l'album peut quasiment être lu par un néophyte, comme une introduction à l'univers de DD (les références à la série "Daredevil - 100 % Marvel" ne venant pas vraiment entraver la compréhension générale). Merci donc, monsieur Quesada !