Je suis avec intérêt l'ensemble des réalisations de Mathieu Bonhomme depuis que j'ai découvert "Le marquis d'Anaon", dont le dessin m'avait particulièrement bluffé. Et quand il se lance cavalier seul dans une série telle que "Le voyage d'Esteban", je ne peux que me réjouir de lire son travail !
Ce premier album chez Milan, classé Jeunesse, est en fait tout à fait lisible par tout type de lecteur. Le ton est en effet très passe-partout, et l'univers bien assez intéressant pour passionner tout un chacun.
L'univers présenté, à savoir la chasse à la baleine à une époque où chaque sortie en mer était une aventure, est diablement prenant. J'ai pour ma part été happé par la narration et le dessin de Mathieu Bonhomme, fantastiques.
Esteban est très convainquant dans son rôle d'apprenti harponneur, et on suivra ses pérégrinations avec grand intérêt. Mais c'est surtout le dessin de l'auteur qui m'a bluffé, une fois de plus. C'est beau, tout simplement. Et les couleurs utilisées permettent de vraiment renforcer le côté un peu onirique de l'ensemble.
Ce premier tome est une superbe surprise, dont j'espère lire très vite la suite. N'hésitez pas !
Dans "Le voyage d'Esteban" Matthieu Bonhomme ("Le marquis d'Anaon", "Messire Guillaume") nous conte les aventures d’un jeune orphelin qui veut devenir harponneur. Une histoire qui dans le fond et dans la forme est fort comparable à celle de ce jeune garçon de treize ans qui rêve de partir chasser la baleine et le légendaire cachalot blanc dans "Achab".
La grande force de ce récit se situe dans le réalisme et la crédibilité de la description des mœurs et coutumes de ces hommes entièrement dévoués à la chasse à la baleine. A travers le parcours initiatique de cet apprenti marin, Matthieu Bonhomme livre une sorte de documentaire sur les baleiniers.
Outre le côté didactique, l’histoire imaginée par Matthieu Bonhomme a également une dimension humaine très réussie. Un capitaine charismatique, des marins entièrement dédié à sa cause et le jeune Estéban qui, en contant des épisodes de sa courte vie, alimente régulièrement la dimension humaine du récit.
Le merveilleux trait de Matthieu Bonhomme et la colorisation adéquate de Delphine Chedru parachèvent le tout et placent cette histoire dans une ambiance et un cadre proche de la perfection.
Une histoire très classique et sans véritables surprises mais qui a ce petit quelque chose de magique qui rend cet album meilleur que les autres.