Charme et magie sont les maîtres mots de cette aventure. Le dessin de Will atteint des sommets et justifie sa place parmis les maîtres de la B.D. D'excellents nouveaux personnages sont créés (Zéphani et Phénicie) et on baigne dans un univers magique extremement inventif.
Et on suit ainsi notre petite Isabelle qui ne s'étonne de rien et semble ne rien craindre.
L'imagination et l'humour sent bon le Franquin. J'ai adoré la recette de fabrication des balais de sorcière, en particulier le taffeur à balai, ce mini saule pleureur dont les branches se dressent comme des cheveux sur une tête lorsqu'on lui susurre les pire menaces et dont le nom latin est Truio metrazero (c.a.d. trouillomètre à zéro !).
Franquin apparaît d'ailleur caricaturé dans la toute première page (page de résumé des évènements précédent, qui est déjà un petit chef-d'oeuvre en soi), en grande discussion avec Yvan Delporte qui lui, pourrait porter le titre d'auteur de B.D. le plus représenté en albums. Ce serait d'ailleurs marrant de recenser toutes les apparitions de ce dernier en B.D.
On notera enfin une scène de moto volante qui de toute évidence inspirera Spielberg pour la scène du vélo dans E.T., tourné un an après l'album!