On ressent ici une atmosphère bien différente des histoires précédentes. Il y a un net passage à un palier supérieur, tant au dessin qu'au scénario. Je pense que ça coïncide avec l'arrivée de Franquin sur la série, et le ton et de suite trouvé.
Le personnage d'Hermès prisonnier des flammes, c'est du génie dans l'image comme dans l'idée. Et un satyre qui parle de sa "liqueur merveilleuse" ! Franquin (si c'est bien lui l'instigateur) attaque directement dans le bois dur avec ses messages cachés délicieusement tendancieux qui émailleront la série.
Isabelle et sa tante sont deux personnages totalement opposés. La petite ne craint ni ne s'étonne de rien alors qu'Ursule ne remarque rien, bien qu'elle dise elle-même que rien n'échappe à son regard d'aigle. Il faut en conclure qu'elle n'est pas si aveugle que ça mais qu'elle ne veut pas voir. Car après tout, comme Isabelle, elle est apparentée aux sorciers. Mais contrairement à sa nièce, elle a dû décider de tourner délibérément le dos à ce monde. Elle fait même un peu pitié dans la seconde histoire de cet album, lorsqu'elle se démène pour ne rien voir d'étrange et que personne ne lui répond. Elle est complètement ignorée.