Et bien, ce bon Bruno Brazil ne cesse de nous étonner ! En fait, on commence à se dire que chaque album redistribue les cartes pour exploiter quelque chose de nouveau. Si pour les trois premiers tomes le lecteur a pu être désarçonné, ce quatrième tome s'inscrit dans une suite logique. Bruno Brazil et ses Caïmans ne sont ni dans la Jungle, ni en ville, ni à la campagne, ils sont ..... sous terre ! Bon et puis après ils sont en ville, comme l'indique le titre, mais c'est quand même différent. Je n'en dis pas plus pour ne pas dévoiler l'intrigue.
Le scénario est toujours un peu conventionnel, mais passe beaucoup mieux dans la mesure où il fait maintenant partie d'une suite logique à travers les albums. Il y a le coté "base sous terraine atomique super dangereuse où le colonel fou peut déclencher l'holocoste nucléaire", mais le scénario, dieu merci, nous concocte autre chose. Et c'est tant mieux. D'autre part, les petits camarades de Bruno Brazil commencent à s'étoffer, jusque là, l'action privilégiait les seuls Bruno, Whip, et Gaucho.
En fait, le seul point faible du scénario, c'est cette onde qui endort les uns et pas les autres, selon qu'ils sont sous terre, sourds, portent un casque qui marche dans un sens, pas dans l'autre, puis plus du tout parce que commandé par un central qu'on a désactivé, en fait c'est assez confus, mais ça n'a pas vraiment d'importance. Bruno et ses Caïmans vont s'en sortir haut la main, avec des prouesses acrobatiques, des cascades, des fusillades, tout ce dont on a besoin pour s'évader dans une bande dessinée d'espionage. Et puis, à la fin, on coince définitivement le grand méchant, donc c'est du tout bon.
Au niveau du graphisme, rien à dire, ou sinon l'habituelle rengaine : c'est beau, c'est très beau, c'est magnifique. On peut chercher la petite bète de ci de là, mais les décors sont réalistes, on y croit, et c'est l'essentiel. Par contre, on a moins de grandes planches ou de visages en très gros plan, on peut le regretter. Sinon, globalement le dessin et le scénario se complêtent très bien dans une ambiance dynamique qui va à 100 à l'heure malgré le titre, et qui nous apporte en plus beaucoup de compléments sur la psychologie des personnages.
Un des premiers vrais bons tomes de la série, qui ne peut que faire saliver si on sait que le meilleur reste à venir.