Après la fin provisoire (celle de l'animé) lors du troisième tome, Katsuhiro Otomo relance cette cultissime série post-apocalyptique de plus belle. Suite au réveil d'Akira, un nouvel Ordre s'est érigé dans Néo-Tokyo, ce qui permet à l'auteur de développer un nouvel univers sur les décombres de l'ancien.
Certains personnages, comme Kanéda, vont provisoirement laisser la place à d'autres. Du coup, cela va permettre à Katsuhiro Otomo de donner plus d'importance à d'autres protagonistes. On va ainsi découvrir Kei (accompagnée de Chiyoko) dans un rôle plus actif, tandis que Tetsuo et surtout Akira vont développer des forces tellement importantes que cela va leur donner un nouveau statut dans ce Néo-Tokyo en proie à une véritable guérilla urbaine.
Graphiquement, Katsuhiro Otomo installe une ambiance post-apocalyptique vraiment impressionnante à l'aide d'architectures en ruines très réalistes.
Après la déstruction d'un monde la première étape est de le reconstruire sous les débris et les morts. C'est justement à cela que l'on assiste dans ce quatrième tome d'Akira. Otomo ne reste plus confiner avec ses principaux personnages et il nous offre pour ainsi dire un nouveau cylcle. Il y a peu de similitude avec ce qui s'est passé dans les tomes précédents.
On découvre alors la face cachée de certains personnages, tels que Kei. D'autres gagnent en importance et d'autres sont mis de côtés, pour réaparaître ensuite. Tetsuo qui était au centre de l'histoire auparavant perd de son importance aux côtés d'Akira. Le scénario reste toujours aussi intelligent avec une part de mystère autour d'Akira toujours présente.
Beaucoup d'action, peu de révélation on se ballade dans tous les différents coins du nouvel Empire, divisé en deux. Et c'est là où l'on se rend compte que la vision du futur, des conflits d'Otomo est assez juste. C'est à cause de cette division basé sur deux sectes différentes que des combats vont éclater. Dans ce quatrième tome on y suit aussi le debut de l'intervention des Etats-Unis, qui cherche à "désarmer" le Japon, à jouer le gendarme du monde. Cela ne vous rappel vraiment rien de notre actualité ?
Quant aux illustrations elles sont toujours aussi magnifiques à mon goût. Cette série fut mon premier manga et c'est avec beaucoup de plaisir que je me suis appercue que les mangas pouvaient aussi bénificier de superbes illustrations. Le style d'Otomo est très détaillé. L'architecture mise en place par l'auteur est tout simplement incroyable. Il met en image parfaitement les ruines du Néo-Tokyo avec son trait fin et précis.
Bref, ce tome est une bonne surprise qui permet de relancer la série...
Regardez bien la couverture de cet album, et vous comprendrez vite : Akira prend le pouvoir de Néo-Tokyo, rien de moins !
On assiste donc ici à une anarchie totale d'une part (chacun tente de survivre comme il le peut dans une ville sans loi, sans justice, sans ordre, sans argent... c'est assez réaliste, au final. et Effrayant !), petite dictature qui se met en place d'autre part, avec à sa tête Akira (qui décidemment semble bien lointain de tout ce qui se déroule dans la ville), épaulé par Tetsuo, ambitieux et rageur.
Le scénario est assez bon, mais l'action prend clairement le dessus sur la réflexion dans cet album. Qu'importe ! c'est tellement bien décrit, bien conté, qu'on est vite absorbé par ce tome. Kaneda prend ici beaucoup moins d'importance (c'est à peine si on le voit plus de 4 pages dans l'album entier !) et kei se révèle sous un autre jour : une véritable guerrière urbaine !
La mise en scène de l'album est quant à elle exceptionnelle. Autant du point de vue narratif que graphique, c'est du grand art, tout simplement ! et petit à petit, on s'éloigne du film qui décidemment, n'a pas grand chose à voir au niveau de la densité scénaristique...
Niveau dessin, c'est du précis, de l'efficace, et surtout... du dynamique. Jamais vu ça. Vraiment, une rapidité dans le trait aussi flagrante... techniquement, ça laisse réveur ! d'autant plus qu'Otomo maitrise les cadrages à la perfection : la lecture se déroule le plus naturellement possible. C'est très agréable.
Un bon album, donc, qui marque un véritable tournant dans l'histoire d'Akira. A lire !