La vision de la France, divisée et à feu et à sang, que nous proposent les auteurs de "Guerres civiles", a de quoi effrayer.
Les rues ne sont pas sûres, les gens s'affrontent et se canardent alors que les tanks roulent sur les villes et imposent le respect à coup d'obus. Des milices locales se forment et en profitent pour piller et détruire... On pourrait d'ailleurs penser à Ravenwood dans "Jericho" (série TV américaine) dans la présentation des faits.
Mais la comparaison s'arrête là. Le gros point diablement original de ce premier opus, c'est la mise en scène des auteurs de l'album dans l'histoire elle-même. On retrouve donc Morvan, Gaultier, Ricard, mais aussi Buchet par exemple dans ce contexte noir de guerre à outrance. Morvan, sa compagne et Sylvain Ricard tentent de fuire ce qui reste de leur ville pour rejoindre Christophe Gaultier, épargné pour le moment par cette fureur incontrôlée.
Le style est actif, le rythme effréné. On est vraiment pris dans ce délire et on "subit" (positivement) l'histoire. Super efficace !
On remarque tout de même que Morvan n'est plus seul aux commandes du scénario, dans le découpage et la mise en scène. Chaque page comporte en effet moins de case que dans l'habitude du scénariste, mais c'est peut être aussi la narration qui veut ça.
le dessin de Christophe Gaultier convient très bien à cette histoire. Par son trait haché et libre, il rend très bien la fureur de la guerre dans laquelle évoluent les auteurs, et donne une base très réaliste à l'ensemble. Parfait !
Voilà un premier tome bien prenant.. la fin cloue le lecteur sur place et annonce une suite qui n'aura rien de rose pour les personnages de cette histoire originale. A suivre...
Qui... ou que serions-nous en temps de guerre ?... Curieuse question, non ?...
Morvan et Ricard y répondent, à leur façon, dans le début d'un triptyque. Ils se mettent ainsi en scène dans une France dévastée, abandonnée aux bandes armées (un peu comme les "Grandes Compagnies" lors de la Guerre de Cent Ans) ainsi qu'à diverses insurrections.
Un quatuor forme ainsi le "groupe de base". Un quatuor qui va essayer de (sur)vivre entre une armée délaissée, un gouvernement absent, des franges de population qui hésitent entre la panique et la chance qui leur est ainsi laissée de piller à volonté.
Un graphisme curieux aussi, qui paraît "sale" tout comme l'est cette guerre, mais au trait qui retient l'attention et inquiète aussi parfois.
Histoire d'aventure(s) ?... oui... mais de cauchemars également. Tant que l'on ne trouve pas les premiers cadavres qui jonchent une rue, on peut toujours croire que tout cela n'est -peut-être- qu'une sorte de rêve, que l'Humanité vit toujours au coeur des hommes...
Il est toujours permis de croire...