Je continue à lire du Davodeau, mais je ne vais pas tarder à m'arrêter...
Comment en effet ne pas voir en cet auteur (par ailleurs à part dans la BD actuelle) un chantre de la noirceur, un pessimiste indécrottable ? Ici, tous les personnages - hormis Margot - sont négatifs, passent par la case "salaud". L'histoire pourrait être intéressante, si elle ne contenait pas des relents de déjà vu, avec ses personnages qui oscillent sans cesse (sauf Castor) entre différents sentiments au fil de l'intrigue. Intrigue qui se permet des raccourcis scénaristiques et temporels parfois inquiétants. J'en veux pour exemple le moment où les personnages décident de faire trancher leur balance par Margot. Juste après, ils enlèvent le DRH de leur boîte, source de leurs problèmes. Est-ce Margot qui a suggéré cette action ? Si Davodeau avait entretenu l'ambigüité, on eût pu le croire (et cela aurait été intéressant). Mais il n'en est rien, et la BD perd de sa consistance.
Je trouve - ici du moins - le dessin plutôt inexpressif, ce qui n'arrange pas la lecture... On ne s'attache pas à ces personnages sans épaisseur...