La couverture m'avait intrigué, les deux avis précédents m'avaient tenté, et la lecture m'a bluffé !
Tout d'abord cette BD réalise un melting pot ambitieux : médecine et art, Histoire et fantastique, esthétique et horreur, surnaturel et religion. Mettez le tout ensemble, secouez, laissez décanter devant vos petits yeux et la magie va opérer.
Le scénario est touffu et laisse le lecteur dans l'ignorance juste ce qu'il faut pour rendre le récit hâletant. Je trouve que le style d'Ambroise Paré a des similitudes avec le personnage de Sean Connery dans le film "le nom de la rose", c'est dire que ce héro regorge de charisme.
Les créatures sur la couverture se dévoile à travers les différentes planches pour mon plus grand plaisir, leur rôle est dévoilé mais leurs motivations restent mystérieuses. L'auteur leur donne de l'originalité et l'illustrateur leur donne vie de remarquable manière.
Justement je voudrais revenir sur les illustrations. C'est vrai qu'elles sont très bonnes et que l'ambiance retranscrite peut sembler proche de l'univers de Sorel dans ce qu'il a de ténébreux et glauque, mais le style est totalement différent.
Delcourt nous surprend ici avec une histoire d’une originalité débordante. Mathieu Gabella ("Idoles", "La guerre des Boutons") va puiser dans l’époque de la Renaissance pour nous pondre un scénario extrêmement riche, mélangeant médecine, ésotérisme et fantastique.
Dans un cadre original Mathieu Gabella distille habillement horreur, enquêtes, sociétés secrètes, créatures complexes, science et art, pour un tout très dense, mais cohérent et très intriguant. En fin de tome, on retrouve également deux pages dédiés à l’univers médical de la Renaissance, qui replacent plusieurs éléments et personnages de l’histoire dans leur contexte historique. Surprenant et didactique !
Quant au dessin (Anthony Jean) et la colorisation, ils ajoutent encore de l’originalité, de la beauté et de la crédibilité à ce scénario de qualité.
Au niveau des bulles, on a parfois du mal à deviner laquelle lire en premier et le lien entre les différents personnages n’est pas toujours clair dès le début, mais pour le reste il n’y a vraiment pas grand-chose à reprocher à ce premier tome. Comme quoi il y a moyen d’intégrer le personnage de Nostradamus dans une série (cfr. "La conjuration d'Opale"), sans pour autant tomber dans le réchauffé commercial sans risques.
Bref, un grand bravo aux auteurs pour ce premier tome d’une série qu’il faudra tenir à l’œil, mais attention à la cataracte .