Une thématique très proche de "Quartier Lointain", une structure de scénario quasiment identique avec un homme mûr qui se réincarne, pleinement conscient, dans le corps d'un adolescent, une réflexion quasiment identique sur la vie et les erreurs qu'on commet quand on ne prend pas le temps de la regarder... Avec tous ces ingrédients, je me suis rué sur cet ouvrage en croyant vraiment retrouver l'excellence et l'émotion intense de ce chef d’œuvre qu'est "Quartier Lointain".
Hélas, sur ce point, j'admets être déçu.
Ne nous y trompons pas, Un ciel radieux est une bonne oeuvre, plaisante à lire, intelligente et bien construite. Mais je n'y ai pas retrouvé la force et toutes les qualités de ce que je considère comme l’œuvre maîtresse de Taniguchi.
Le récit aborde dès le départ l'aspect du fantastique. L'homme marié, décédé dans un accident de voiture dont il est lui-même responsable, se voit mourir, refuse ce destin et décide de revenir sur Terre. Il reprend connaissance dans le corps de l'adolescent dont il a failli causer la mort.
A la différence de "Quartier Lointain", le héros ne va pas hésiter, ici, à dévoiler qui il est vraiment . Mais ce sera en vain puisque ça ne mène qu'à l'incompréhension de son entourage. Il va cependant persévérer car il se fixe un but, prouver à sa famille que sa conscience vit encore et se faire pardonner par eux.
A la différence de "Quartier Lointain" également, cet état de fait n'est que très temporaire, et il sait que son temps est limité.
Un ciel radieux aborde, comme beaucoup d'autres oeuvres de Taniguchi, le thème de la famille et du temps et de l'attention qu'il faut prendre pour bien vivre et s'occuper de ses proches. Mais ce n'est pas le seul thème puisque est aussi abordé celui de la mort, de la disparition d'un être cher et de ce que cela implique dans le cœur et la vie de ses proches. Avec en plus ici, la vision de ce que cela implique dans l'esprit de celui-là même qui se sait mort ou du moins sur le point de partir.
Tout cela est bel et bien mais je dois dire qu'hormis un ou deux moments touchants (la larme à l'oeil quand sa fille reconnaît enfin le héros réincarné et plonge dans ses bras), je n'ai pas été aussi captivé que je l'aurais espéré. Les thèmes sont abordés de manière un peu superficielle. Le rythme du récit est lent. Et quand on y pense, il se passe assez peu de choses dans ce gros album. En outre, je me sentais tellement distant de l'esprit de l'adolescent dans lequel le héros se réincarne que j'ai eu un peu de mal à accrocher à la rencontre de leurs deux consciences.
Dans les faits, je me suis presque ennuyé par moment, alors même que je sais par exemple apprécier un récit aussi contemplatif que Le Gourmet solitaire du même auteur.
Déception donc car ce n'est pas l'un des meilleurs Taniguchi à mes yeux, mais un bon manga malgré tout.
NB : Faites attention si vous voulez acheter cet album, mon édition souffrait de problèmes assez sérieux d'imprimerie sur une douzaine de pages situées aux deux tiers de l'ouvrage : celles-ci apparaissaient comme "transparentes", comme si l'imprimeur avait scanné un calque plutôt qu'une page opaque. De voir deux pages superposées en une seule image est plutôt gênant à la lecture.
On a tout de même le sentiment que Taniguchi tire un peu sur la corde. Impossible de ne pas penser à ses oeuvres précédentes, et tout particulièrement à "Quartier Lointain" qui lui a valu la reconnaissance occidentale, en lisant ce nouvel album. Sauf que c'est nettement moins bon.
Le thème de l'esprit humain se retrouvant dans un autre corps a déjà été abordé par l'auteur. Ici, au lieu de se retrouver dans son propre corps mais plus jeune, le personnage se retrouve dans le corps d'un autre dont l'esprit reviendra peu à peu. On ne croit pas vraiment au postulat de départ mais on se laisse porter par le récit...
Le ton est globalement grave et joue sur l'émotion. Cependant, et alors que c'est l'un des points forts de Taniguchi en général, on n'est pas franchement bouleversé par ce qui se passe. Les scènes paraissent un peu convenues, les personnages ont une psychologie trop lisse et il y a un côté mièvre à force de bon sentiment. Graphiquement, il n'y a pas grand chose à redire mais on aurait aimé un peu de fantaisie : Taniguchi fait du Taniguchi, sans s'écarter d'un pas vers des contrées créatrices nouvelles.
L'album n'est pas mauvais, mais il n'est que moyen. C'est forcément trop peu pour un auteur de ce renom.
Il est quasi impossible de lire cet album et de ne pas le mettre en parallèle avec "Quartier Lointain" chef d'oeuvre du même auteur.
En effet le postulat de base est assez similaire: certes l'esprit du héros n'est pas transféré dans son corps plus jeune, mais dans le corps de l'adolescent qu'il a renversé lors d'un accident.
Mais autant j'avais été plus que touché par "Quartier Lointain", autant je reste sur ma faim avec "Un ciel radieux".
Je ne suis pas arrivé à éprouver de l'empathie pour Kazuhiro. Il est mort sans avoir pu profiter de sa famille, il profite de ce sursis pour essayer de leur faire passer un dernier message d'amour, et je reste de marbre. Soit je suis parfaitement insensible (ce qui est possible) soit la comparaison avec son prédécesseur m'empêche d'apprécier à sa juste valeur cet album.
Néanmoins le trait de Tanigushi est toujours un régal pour les yeux, et la collection Ecritures est un cadre idéal pour cet artiste.
Je ne déconseille donc pas "Un ciel radieux", mais je pense qu'il faut le lire avant "Quartier Lointain", bien supérieur.
Bon, une fois avalé le postulat de départ, boire un verre d’eau pour faire glisser. Euh non, plutôt une bière belge... quoique, un saké ferait davantage couleur locale,... mais je m’égare, là.
Bref, vous aurez compris que j’ai eu un peu de mal avec l’idée de base de l’album, selon laquelle, l’esprit d’un homme qui vient de mourir, occupe temporairement celui d’un autre, impliqué dans le même accident.
Mais, après tout, pourquoi pas, s’il s’agit de mettre cette hypothèse de départ au service d’un message intéressant et original, et d’une histoire émouvante.
Et là, j’avoue que je n’y ai pas vraiment trouvé mon compte. Déjà, ce postulat passe décidément assez mal, il n’est vraiment pas plausible et donne lieu à des situations à la limite du grotesque. A cet égard, le début d’explication pseudo-médicale du phénomène -peu convaincante- accentue encore son invraisemblance. Je sais bien que dans “Quartier lointain” aussi, le point de départ n’était pas réaliste, mais au moins, l’auteur avait-il eu la sagesse de ne pas s’y appesantir.
En outre, il ne me donne pas l’impression d’avoir été pleinement exploité. On reste finalement assez au ras des pâquerettes, “Un ciel radieux” ne recèle pas de ces petites phrases qu’on se relit pour se les garder en mémoire, contrairement à une série comme "Le combat ordinaire", par exemple.
Ce que je veux dire, c’est que je ne me suis pas sentie “nourrie” par cet album, j’ai le sentiment de ne pas en avoir retiré grand-chose.
Par ailleurs, quelques scènes m’ont carrément agacée : toutes celles avec la copine de Takuya, qui ne cesse de râler, et plus encore, celle où Kubota tente de convaincre sa femme de son identité ; il ne sait pas comment s’y prendre, ce qui me paraît aberrant, il lui suffit en effet de lui raconter leur première rencontre, où l’emplacement de ses grains de beauté ! Mais non, ici l’auteur préfère créer un obstacle artificiel, et moi, ce genre de choses m’énerve. Résultat : lorsqu’une scène particulièrement poignante arrive juste après, je reste de marbre. Et les mines compassées des protagonistes n’arrangent bien sûr rien à l’affaire.
Bref, peut-être qu’à l’instar du public de Gerland qui siffle son équipe pourtant championne de France pour la 6ème année consécutive, et ce à six journées de la fin, juste parce qu’elle n’a fait que match nul ce soir-là, je suis devenue un peu trop exigeante avec un auteur qui m’a, lui aussi, habituée à l’excellence. Toujours est-il que je suis assez déçue par ma lecture, j’en attendais mieux, plus de profondeur, un message plus riche.
C’est aussi pour cela que je ne conseille pas l’achat : c’est un album qui se laisse bien lire, mais pas forcément relire.
Pour conclure sur une note plus positive, le dessin est, comme dans tous les albums de Taniguchi, une merveille de finesse, même si cette dernière est davantage l’apanage des paysages et des bâtiments, que des visages (décidément, c’est plus fort que moi).
J'avoue ne pas trop aimer le "manga" en général. Mais j'ai appris à apprécier Taniguchi.
"Un ciel radieux"?... je pense qu'il vaut nettement -si pas mieux- "Quartier Lointain".
Curieux, le postulat : un accident. Un mort, un blessé grave dans le coma. L'esprit du mort se glisse dans le corps du blessé. Personne, des deux familles, ne comprendra ce "Le passage"...
Une histoire qui emprunte les chemins du fantastique pour amener les personnages impliqués -et surtout le lecteur- à l'essentiel.
D'après ce que j'ai compris, Taniguchi évite les clichés existentiels sur le concept de la "deuxième chance" et m'a livré une sorte de réflexion frontale sur l'amour et -surtout- l'importance de l'autre.
J'ai bien compris ?...