J'ai trouvé les précédents avis sur cet album un peu durs..
Tout d'abord, saluons l'originalité de cette série qui s'attaque à un problème de fond : les rondeurs (voir l'obésité) et sa place dans notre société.
Evidemment, on pourra rapidement reprocher à l'intégralité de l'album de ne pas aller bien loin dans le message qu'il souhaite véhiculer. Tout au plus y verrons-nous 5 petites revanches sur la vie que ces coeurs boudinés prennent au fil des historiettes racontées.
Car c'est bien de cela dont il s'agit : 5 tranches de vies qui nous font prendre conscience de l'exclusion dont souffrent ces "petites grosses", et la manière dont elles peuvent enfin remporter leur petite victoire, si infime soit-elle.
C'est plutôt amusant et bien écrit, mais n'aura jamais comme ambition de dénoncer quoi que cela : en effet, l'auteur reste bien trop en surface pour vraiment s'attaquer au problème de fond.
Le dessin de Krassinsky est très particulier : très anguleux, son trait vif n'est justement pas celui qui décrit le mieux les "rondeurs" : on pourrait croire les personnages taillés dans le bois, telles des statues... Pourtant, l'ensemble reste agréable à l'oeil.
Je lirai sûrement le second tome de cette série.. Le premier m'a intrigué et finalement amusé.
Il est toujours difficile de faire un album intelligent sur les petits ou gros défauts de ses contemporains. Ici c'est une DD sur les filles avec des rondeurs.
"Dans des coeurs étriqués battent des coeurs boudinés", dit le poète. C'est souvent vrai, mais ce serait bien de leur rendre un peu plus justice. Car Krassinsky, même si son intention de départ est louable, rate quand même son objectif, et d'assez loin.
Ses "Les coeurs boudinés" sont certes plus intelligents, moins naïfs qu'on aurait pu le croire, mais ces filles manquent quand même vraiment de caractère. Enfin, je veux dire par là qu'elles ne vont pas forcément très loin dans leur démarche de vengeance. Seules les deux dernières histoires qu'en compte ce premier tome trouvent réellement grâce à mes yeux. Les trois autres n'ont soulevé aucun coin de ma bouche, rien qu'une question : pourquoi faire des histoires aussi plates sur des filles qui ne le sont pas ?
Reste le graphisme de Krassinsky, qui ne se démarque pas vraiment de la production franco-belge actuelle, mais qui n'est tout de même pas désagréable à l'oeil, bien qu'un peu anguleux à mon goût.