Portée par une couverture qui ne peux qu'attirer l'oeil, ce tome 1 est un très bon presage sur l'avenir de la série. Une lecture pas très reposante (des dessins inhabituels, pas d'onomatopés qui éclaire l'action, un scénario qui exige qu'on s'accroche) mais l'effort mérite d'être fait.
C'est une très bonne bande dessinée que ce premier tome. Quand le neuvième art rejoint l'Histoire, cette Histoire, et que l'artiste est si doué, alors forcément, le produit fini est d'une très grande qualité.
Cet album nous plonge dans les années 30, et, de la Turquie à l'Allemagne, nous présente différents agents secrets dont le but est de barrer la route au nazisme. C'est assez tumultueux et difficile à comprendre, compte tenu de la diversité des personnages : agents secrets turcs, anglais, allemand à la solde du parti communiste, anglais (sir Arthur Benton) à la solde des SS... C'est un récit dense et réaliste que nous propose ici l'auteur. C'est bien tourné et bien traité.
Le dessin est très particulier, mais une fois que l'on s'y est habitué, on en apprécie toute la finesse. Les aquarelles sont denses et complexes, à l'image du récit. Les couleurs utilisées sont tantôt sombre, tantôt éclatantes, selon le récit sous-jacent. L'ensemble est extrêmement contrasté, parfois hésitant, tout comme les différents services secrets qui se demandent s'il vaut mieux faire barrage aux bolchéviques ou aux nationalistes allemands. C'est donc une page historique qui est tournée avec ce tome, en présentant comment certains agents de l'ombre mettent tout en œuvre pour empêcher à Hitler de se faire accepter par le peuple allemand.
Ce tome est un récit qui a l'avantage de ne pas désigner de coupables dans l'accession au pouvoir des nazis, mais de présenter une chaîne d'événements, initiés par diverses puissances et individus fidèles à leur cause (juste ou injuste d'ailleurs) qui ont conduit aux événements que l'on connaît. La crise de 1929, la première guerre mondiale et ses retombées, le coup d'état raté d'Hitler, la méfiance vis-à-vis des communistes et du "bloc de l'est", la situation politique de la Turquie dans les années 20 et 30 : tous ces éléments historiques servent de trame de fonds à cette histoire d'espionnage.
Plus qu'une bande dessinée, j'ai découvert un récit qui présente les dessous de l'Histoire, le tout admirablement mis en images....
Tarek ("Le tsar Fou", "Raspoutine"), diplômé en histoire et très prolifique au sein de cette collection Trilogies, nous livre avec "Opération Marmara", le premier tome d’une trilogie d’espionnage sur fond historique.
Sir Arthur Benton est un citoyen britannique qui, poussé par sa peur du communisme, va servir l’idéologie nazie à l’aube de la deuxième guerre mondiale. On le retrouve ici, prisonnier des alliés à Nuremberg à la fin de la guerre, et racontant son histoire à son pire ennemi : le colonel français de la Taille.
Dans les années 30, l’Allemagne, frappée de plein fouet par la crise économique qui touche toute l’Europe, développe un climat propice à la montée du nazisme. C’est dans ce contexte historique que débute cette intrusion au sein des services secrets, dans les coulisses et le désordre d’avant-guerre.
Le début de tome, où l’on suit une mission de Benton à Istanbul, est assez confus, avec énormément de personnages, dont certains ont, en plus, un alias. De plus, le dessin en couleurs directes ne facilite pas la distinction des différents personnages.
Par contre, avec le retour de Benton en Allemagne, le récit gagne en clarté et l’on finit par s’habituer au graphisme original de Stéphane Perger. De plus, un cahier d’explications vient éclairer le lecteur sur le contexte historique et présenter les différents protagonistes en fin d’album.
Bref, malgré un début de tome un peu désarçonnant, cette première partie de triptyque finit par captiver le lecteur pour cette fiction rondement menée au sein d’une des pages les plus sombres de notre histoire.