J'ai beaucoup aimé cet album, réalisé 7 ou 8 ans avant "Le sommet des dieux". On voyait déjà toutes les qualités qui se retrouveront dans l'oeuvre (peut-être) maîtresse du maître Jiro taniguchi : une puissance inégalée dans les évocations vertigineuses de la montagne, l'exaltation de qualités humaines chevaleresques (et un peu suicidaires quelque part), et une maîtrise de l'espace combiant plusieurs traditions, européenne et japonaise.
D'autre part, on pourrait retrouver d'autres points communs entre les deux oeuvres, surtout dans des éléments de l'histoire. Et pourtant ce sont des scénaristes différents qui ont oeuvré sur les deux livres. A croire que ce sont des thèmes universels dans les récits d'alpinisme.
Pour ma part j'ai vraiment apprécié cette oeuvre, pas trop longue, assez vite lue, et qui, au travers de cinq histoires courtes, nous retrace le destin d'un grimpeur exceptionnel, une légende vivante. J'ai beaucoup aimé ces petites anecdotes sur la survie en altitude (en particulier dans le premier chapitre). l'alpinisme en devient même facinant par moments. Taniguchi est vraiment un magicien de l'image...
Voici le récit idéal pour ceux qui n’ont pas encore eu leur dose d’ascensions de faces nord de géants de la montagne en plein hiver avec "Le sommet des dieux". Ce récit produit par Taniguchi en association avec Shiro Tosaki sept ans avant "Le sommet des dieux", peut également servir d’apéro pour ceux qui doivent encore s’attaquer aux copieux 5 tomes de cette dernière série.
Au centre du récit on retrouve Kei, alias "K", un alpiniste hors normes aux origines mystérieuses et probablement un des seuls hommes sur terre dont la femme préfère qu’il ne se rase pas. Avant chaque ascension où K estime ses chances de survie à moins de 10%, il fait sa fameuse ‘toilette de la mort’ et nous enlève sa grosse barbe au grand damne de sa compagne. Et quand on sait que pour tous les sauvetages périlleux ou les ascensions quasi impossibles, les sherpas font appel à K, autant vous dire que le garçon est souvent rasé de très près.
Cet album va donc nous conter cinq aventures incroyables de ce K. Des aventures où l’on retrouve la même ambiance et le graphisme incroyable de la série "Le sommet des dieux". La seule différence se trouve dans le scénario moins réaliste par moment à cause de quelques scènes un peu tirées par les cheveux (comme cette ascension sur les mains poussée par des vents ascensionnels), mais qui accentuent encore le mythe autour de "K".
Bref, encore de l’excellent Taniguchi dans cet album de 285 pages qui se termine par une publicité pour la Fédération Française de la Montagne et de l’Alpinisme. A quand une pub pour la NASA à la fin d’un tome d’Universal War One ?