Voilà un album franchement original qui mérite grandement que l'on s'arrête.
Nicolas Pothier après sa série Ratafia nous livre ici un album dans un genre bien différent. Genre polar noir à l'humour décalé et aux scénarios millimétrés. Au'x' scénario's' ? Oui, car nous avons droit ici à 10 histoires. 10 nouvelles nous rapportant l'histoire de 10 personnes fort différentes. Chaque scénario est, il faut bien l'avouer de très bon niveau. Les chutes sont souvent en complet décalage avec le début de l'aventure et très très malin celui qui pourra deviner plus de 8 chutes sur la totalité des histoires.
Mais la force de cette BD c'est le ton de la narration. Nicolas Pothier utilise une Voix Off, on remarque au passage le jeu de mot dont Nicolas raffole tant, avec le titre de l'ouvrage. Cette Voix Off, raconte d'un ton plutôt détaché les aventures et les pensées des personnages.
Certaines historiettes utilise un décalage entre le texte et l'image du meilleurs style et au rendu bien glauque. Notamment sur les fraises au caramel. Nicolas utilise un décalage entre le sujet de la voix off et le sujet traité par le dessin, on suit un personnage auquel le texte se rapproche parfaitement, puis, la chute nous envoie bouler sur un autre détail de l'image nous prenant au dépourvu.
J'ai particulièrement aimé le décalage dans ''robert'' qui présente en homme entrant en prison et la narration du mariage de ce Robert. Le parallèle entre les deux situations est merveilleusement bien orchestré.
Tout cela sur un fond d'humour noir du meilleur effet.
Nicolas Pothier maitrise des scénarios bien ficelés avec une narration rarement aussi bien maitrisée et originale.
Le dessin, présentant souvent des personnages caricaturaux dans un style très personnel est vraiment bon, très BD tout en gardant un gros soupçon de réalisme. Yannick Corboz ne joue pas avec des images ultra détaillée, mais sait poser juste ce qu'il faut pour remplir efficacement l'espace sans en faire trop. Bref, un trait personnel, jonglant et mixant avec bonheur les genres, proche de l'esquisse sur laquelle on aurait posé les couleurs directement. Cela donne une vraie vie et du mouvement à chaque personnage et chaque objet,. Les couleurs rendent bien les situations, utilisant une belle palette et jouant sur les décors plutôt uniformes afin de faire ressortir avec de belles couleurs les sujets principaux. Cela donne un véritable tranchant au visuel qui va bien avec le tranchant des situations et de la violence sous jacente.
La dernière questions que l'on peut se poser, est, 10 histoires dans une BD, ce n'est pas un peu beaucoup ? Non, car à 103 pages de lecture, cela donne encore des nouvelles conséquentes et vous l'avez surement compris certainement pas bâclées !
A lire, vraiment.
Il y a comme ça des bijoux qui sortent de nulle part...
"Voies off" s'inscrit dans une telle catégorie. Celle des recueils de nouvelles qui vous scotchent du début à la fin, parce que justement, la fin est un délice de retournement, à l'instar des oeuvres d'Edgar Allan Poe ou de Fredric Brown.
La comparaison n'est pas pour moi galvaudée, car j'ai vraiment pris un plaisir comparable en lisant ces histoires écrites par Nicolas Pothier, prince du bon mot et amateur inconditionnel de Goscinny, un scénariste qui mérite de développer son univers. Ici il est question de petites histoires un peu noires, mais un noir teinté d'humour, comme on en redemande.
Oh bien sûr, il y a deux-trois histoires que j'ai moins appréciées, et dont j'ai vu venir la chute un peu avant son avènement, mais cela ne réduit pas vraiment le plaisir ressenti.
Pothier a trouvé en Yannick Corboz un excellent illustrateur, dans la même veine graphique que Luc Jacamon, l'auteur du "Le tueur"... Nervosité, dynamisme, et tout ça avec de très belles couleurs.
A quand une nouvelle collaboration de ces deux-là ?
Voies Off est un recueil d'histoires tragiques et indépendantes, racontées par le biais d'une voix off.
L'intérêt de cet album réside par les conclusions de chacune des histoires. En effet, chaque fin de nouvelles nous promet son lot de surprise. Scénaristiquement parlant, c'est très fort de réussir à surprendre le lecteurquasiment à chaque fois... Lorsque l'on ne s'attend vraiment pas à un dénouement, c'est un vrai bonheur. C'est très intelligent, plein d'humour.
Cet album (dont le format et le graphisme font penser à un comics) est donc à découvrir. Cependant, c'est frustrant de lire des histoires aussi bien foutue mais qui ne durent qu'une dizaine de planches.
Que peux bien receler cet album ? C'est la question que je me suis posée en le découvrant : une couverture à la GTA, un format 25*17 intriguant et un scénariste bourré de talent aux manettes.
L'interêt principal de "Voies off" est indéniablement son originalité. Dix petites histoires narrées par une voix off qui réussissent à surprendre le lecteur presque à chaque fois. Chaque histoire est une douce sucrerie qui, une fois que tu as fini de la déguster, renferme une truffe à l'intérieure. On se retrouve littéralement sur le cul après ces chutes (tiens je me fais un calembour à la Pothier...).
Pothier délivre son talent en distillant son humour si particulier, basé sur des jeux de mots savoureux, on sent d'ailleurs un humour proche de celui de "Ratafia" malgré un univers radicalement différent.
Le découpage est très bien réalisé, une vignette en pleine page (de toute beauté la plupart du temps) introduit et ponctue chaque histoire. Le dessin est agréable tout autant que la colorisation.
Cet album se lit avec grand plaisir et je suis curieux de voir vers quels horizons va se diriger Pothier car je vais suivre de près ses prochains travaux ! Car après des oeuvres aussi différentes que "Ratafia" et "Voies off", avec pour fil conducteur un humour décapant, j'attend avec impatience son point de chute. Mais comme on le sait tous, le plus important c'est pas la chute, c'est l'atterrissage...
Après l’excellente série à succès "Ratafia" chez le même éditeur, Nicolas Pothiers nous livre un nouvel album dans un style totalement différent. En collaboration avec Yannick Corboz (avec qui il a déjà publié "Woody Allen" chez Nocturnes) il nous livre ici dix histoires courtes en jouant habilement avec les ingrédients et clichés du polar noir et avec une voie off non dépourvue d’humour noir.
J’ai particulièrement aimé la deuxième partie de l’album (à partir des caramels à la fraise), la qualité des chutes de ces histoires courtes et le décalage entre l’image et la voie off.
Le format comics se prête admirablement bien à ces histoires courtes, ainsi que le dessin dynamique, la colorisation et le découpage efficace de Yannick Corboz.