Alors là, franchement on atteint le paroxysme! La première partie de cet album nous montre un Calec à la dérive dans tous les sens du terme. La seconde partie fait la part belle à Floss en quête de rédemtion dans un dernier soubresaut, le tout, sur une toile de fond mettant en valeur la croupe aguicheuse de la superbe Rosanna. Comme par hasard… Un digne hommage au grand René ! Et enfin, histoire de boucler la boucle, on retrouve un De Trichère affaibli physiquement mais pas mentalement tant sa perfidie ne semble pas avoir de limites (même si on ne peut pas le blâmer pour sa motivation initiale).
Le bon, la brute et le truand des temps modernes. Une brochette de trois personnalités charismatiques, entourées de seconds couteaux sans relief comme pour mieux les mettre en valeur, sur lesquelles on ne peut pas porter un regard manichéen. Le noir se mélange au blanc, seules les variantes de gris obtenues nous permettent de hiérarchiser notre sympathie envers chacun.
L’aventure s’achève ainsi dans le tragique et le sordide, dans la mouvance d’un scénario cruel et morbide. Mais pas dans le glauque et la mélancolie résignée pour autant, comme l’en atteste cette lueur d’espoir symbolisée par ces quelques vers du papillon de Lamartine offerts en guise de conclusion.
Laissons à Calec, s’adressant à De Trichère, résumer cette quadrilogie par : « vous avez entraîné la partie dans les égouts de l’âme humaine ». Je me joins modestement à Calec pour dire la même chose à Messieurs Kraehn et Jusseaume et les en remercier sincèrement ! Bravo.
Excellente fin du cycle, qui nous réconcilie pleinement avec la série (le début du tome 3 avait créé un doute, en donnant un peu trop dans la facilité).
Le personnage de Floss s'annonçait plus complexe qu'il ne le paraissait et cet épisode le confirme. Toujours une brute, mais qui trouve une sorte d'humanité dans la mort. Peut-être que de voir en face pire que lui... L'évolution des rapports avec Calec posait un défi que les auteurs ont su relever de manière crédible et prenante. Même chose pour le récit plus large dont la fin, la triste fin, a une vraie force tragique.
Le mélange de roman noir et d'histoire de mer s'avère donc réussi.
Quatrième et dernier tome de ce premier cycle de "Tramp" et fin de cette histoire de baraterie.
Après un petit crochet capilo-tracté par la terre ferme, le moins que l’on puisse dire est que Yann Calec retrouve la pleine mer. La relation entre Yann Calec et René Floss va prendre une tournure pour le moins surprenante lors de ce dénouement. Si l’ensemble de l’intrigue est assez classique et plutôt prévisible, la conclusion est assez surprenante. Le tout est à nouveau narré de manière fluide et captivante.
Bref, cette vengeance aura su tenir en haleine pendant quatre tomes de manière très efficace.