Je trouve pour ma part ce tome un ton en-dessous du précédent, pour une bonne et simple raison : c'est le même, le plaisir de la découverte en moins. Là où le premier tome avait su nous étonner par son graphisme, par la mise en place, par la façon de gérer les coups de théâtre du roman, on retrouve ici les mêmes travers, les mêmes imperfections. Attention, il ne s'agit pas pour moi de descendre en flamme cette adaptation. Elle est bien, et même très bien, mais ce que j'avais aimé le moins dans le premier tome se retrouve dans celui-ci.
En fait, on sent que le scénario est à l'étroit dans ces 48 pages, que l'auteur d'origine dont l'ombre est omniprésente en a mis beaucoup plus. J'en viens personnellement qui ait lu plusieurs fois le roman à me demander si quelqu'un qui ne l'a pas lu peut comprendre certains détails. Par exemple, la découverte des Schach Verts dans les geôles de Naha Goho joue un grand rôle dans le roman. Ici, on a l'impression que l'attaque de l'expédition punitive des Schach Bleus est presque due au hasard. De même que le sort du marchand qui conduit Reith à Dadiche est réglé sommairement, de même que l'expédition de Reith dans cette ville. Bref le scénario, dans ce tome comme dans le précédent a pris comme base le meilleur de l'histoire et a construit le reste autour. C'est à mon avis un peu trop réducteur.
Le dessin me fait de plus en plus penser à l'incal, dans la simplicité du graphisme, dans la taille des vignettes, dans leur mise en page. Et, il faut le dire, c'est un travail superbe, qui colle remarquablement bien à l'histoire. Anacho et Traz, notamment, les deux faire valoir de Reith, sont très bien imaginés, et évoluent tout à fait comme l'a imaginé Vance. Il y a là deux cultures fondamentalement opposées, celle d'un sauvage issu de la nature, contre celle d'un être hyper-civilisé issu d'une culture extra-terrestre, qui apprennent à se connaître et se respecter, voire à s'apprécier. De ce point de vue là, le dessinateur complète parfaitement le scénario de base de Jack Vance.
En fait, cet album mérite une note légèrement moins bonne que le précédent, parce que le lecteur qui connait l'œuvre de Vance ne peut en sortir complètement rassasié. Il y a beaucoup de manques, certains sont dus à l'imperméabilité entre roman et BD, et on n'y peut rien, d'autres sont dûs à des choix, faits par les auteurs, et on peut le regretter. Mais dans l'ensemble, cet album complète parfaitement le premier, il est sa suite logique. Mais si on considère que la première tentative de Reith pour retrouver son vaisseau a été d'attaquer en force et qu'elle s'est soldée par un échec, les manœuvres suivantes vont faire preuve de plus de subtilité. Le dessin et le scénario du prochains tomes sauront-ils nous le retranscrire ? C'est ce que l'on espère.
Deuxième partie de l'adaptation du premier tome du cycle de Jack Vance, cet album est plus réussi que son prédécesseur.
Sans doute le lecteur a-t-il eu du temps pour s'adapter au dessin de Li-An, et peut-être que le dessinateur a fait des progrès et s'est senti plus à l'aise avec cet univers qui, au départ, ne lui appartient pas. Toujours est-il que j'ai été moins rebuté par le graphisme qui m'avait paru froid et académique dans le premier épisode. Les personnages ont gagné en charisme et les planches sont plus convaincantes.
Passé le temps d'introduction et de présentation du monde de Tschaï, Morvan peut cette fois être plus dynamique. L'album est révolutionnaire en diable et permet de mettre en valeur le découpage en deux volumes : on jurerait que Vance avait lui aussi commencé un autre tome car le ton y est sensiblement différent de la première partie du roman. Bon point pour Morvan donc, qui rend presque indispensable son choix de faire en deux livraisons ce qui n'en était qu'une à l'origine. L'action est omniprésente et les changements entraînés par la seule présence d'un élement étranger sur Tschaï promettent beuacoup d'événements trépidants !
Le scénario est plus prenant, le dessin est plus à son aise. On peut donc dire que c'est là un second tome réussi et qu'il faudra voir ce que donnent les suivants.