Fin de ce premier cycle en forme de diptyque.
Les éléments introduit dans le premier tome dont certains paraissaient franchement étrange et parfois décalé (notamment toutes les scènes dans le futur) prennent ici enfin leur sens, même si je trouve que trop d'éléments restent plutôt flous et que cela m'a relativement frustré. Le concept plutôt abstrait des voyages spatio-temporels oblige le lecteur à pas mal de réflexion et ce n'est qu'au prix d'un long questionnement que je pense avoir remis les pièces de cette partie du puzzle en place.
Pour le reste, l'enquête de Nicolas Eymerich est plus obscure dans ce deuxième tome. Il y a une longue première partie où Eymerich est seul est où j'ai le souvenir de long monologues et soliloques dans lesquels Eymerich seul dans ses pensées n'avance pas…
J'ai eu du mal à passer le milieu de l'album et puis, d'un coup, tout s'accélère et la fin ; mélange de fantastique, d'historique, de théologie, de réflexion et d'action ; explose dans un bouquet final magnifique. La lutte du ''bien'' contre le ''mal'' est surprenante mais la vision exposée de l'auteur sur la religion reste cohérente, quoique pouvant en choquer plus d'un
Nicolas Eymerich, inquisiteur a l'art et la manière de nous surprendre et son modèle de pensée est complètement hors des sentiers battus. Les discours inquisitoires tant introspectifs que portés sur les prisonniers accusés de sorcellerie apporte une vision de l'église et du jugement des valeurs qui ouvrent des perspectifs inhabituelles.
Le retournement de situation final, bien amené, était pour moi imprévisible, augmentant encore l'originalité et la qualité scénaristique de cette série.
Le dessin continue de faire des étincelles avec une couleur directe splendide, gardant pour chaque époque des teintes particulières donnant une ambiance lourde et parfaitement maitrisée par David Sala. Le trait fin et précis de Sala gère parfaitement aussi bien les ambiances moyenâgeuses que futuristes, dans les deux cas son imaginaire donne une vraie touche de crédibilité à cette œuvre.
A ce sujet, on sent que tant pour le scénario que pour le dessin il y a eu des recherches documentaires sur l'époque de l'inquisition Espagnole afin de donner cette pointe de véracité et cette force de caractère à Nicolas Eymerich.
Ce premier diptyque est une très bonne lecture pleine de qualité.