En tant que fan du premier cycle de "Bouncer", c’est toujours plaisant de voir le scénariste chilien Alessandro Jodorowsky abandonner ses séries fantastiques pour se plonger dans un western pur et dur. En plus, le décor étant planté dans le premier cycle, Jodorowsky peut directement plonger dans une nouvelle histoire du justicier manchot dans ce Far West sans pitié.
Alors que le Bouncer s’apprête à vivre des jours meilleurs avec sa compagne Noémie (une prostitué, forcément, car elles le sont quasi toutes dans cette série) la poisse (ou le hasard qui fait vraiment mal les choses dans son cas) va obliger le Bouncer à succéder au bourreau de Barro-City. En plus il doit faire face au richissime couple (Clark Cooper et Mara Mars) qui veut mettre main basse sur l'Infernio, le saloon où le Bouncer est videur.
Et si le scénario bien cruel d’Alessandro Jodorowsky me plait, le dessin fouillé de François Boucq qui se prête à merveille à l’univers du far west, me subjugue. La dureté de la vie et l’atmosphère poussiéreuse du far west qui ressort du dessin, la tronche des personnages qui sont marqués par cette vie ingrate et des paysages somptueux du grand Ouest : tout y est.
Surfant sur la vague de malheurs qui s’abat sur le Bouncer, Alessandro Jodorowsky et François Boucq enchaînent donc avec un nouveau cycle de cette série impitoyable. On est déjà curieux de voir de quelle manière le Bouncer va pouvoir assouvir sa vengeance lors de la deuxième partie de ce nouveau diptyque.
Suite d'un western hors norme. L'histoire d'un manchot paumé dans un bled du Far-West. Cet homme, devenu "videur" dans un saloon, s'est bâti une nouvelle vie. Une carrière presque exemplaire qui va connaître une remise en cause avec la mort étrange du bourreau de cette ville.
Le hasard désigne notre manchot pour lui succéder.
Et ce boulot détestable va être le point de départ d'une série de rebondissements pas toujours joyeux.
La force du trait de Boucq, associée à la puissance narrative de Jodorowski, nous vaut quelques belles (encore) surprises graphiques.
Ce troisième tome n'est pas le meilleur opus de cette collaboration, mais l'album se laisse malgré tout dévorer. Manque un tout tout petit rien dans l'ensemble pour en faire une vraiment belle pièce.