Un dessin bon, tout simple, sans recherche de détails superflus. Le trait m'a fait penser au style de Davodeau sans que je sois suffisamment technique pour dire si c'est vraiment le même genre ou non. Quoiqu'il en soit, je le trouve très agréable à lire, très sympa, avec un unique petit défaut sur les nez des personnages que je trouve un peu ratés mais c'est franchement secondaire.
Concernant l'histoire, elle est tout pareil : vraiment sympa et agréable à lire.
On se place dans l'Allemagne des années 30 mais du point de vue d'un jeune d'une famille très bien intégrée dans le milieu petit bourgeois allemand. Il n'y a presque aucun manichéisme dans le récit, ce qui est très frais et nouveau (à ma connaissance) pour une BD qui prend pour décor cette époque là. Le père du héros en est le parfait exemple : il soutient ouvertement les nazis car il est persuadé qu'eux-seuls sauront redresser l'Allemagne, mais d'un autre côté il ne voit pas de raison de s'acharner sur des juifs qu'il apprécie et en même temps il n'ose pas agir contre cela. Un tel réalisme m'a fait me demander si les auteurs n'étaient pas eux-mêmes allemands tant on plonge dans ce monde quotidien de l'allemagne des années 30 en s'y croyant.
Quant au reste de l'histoire, il est tout aussi équilibré, juste et touchant. L'amour timide du héros est beau tout en étant réaliste, difficile tout en n'étant pas dramatique (du moins par encore dans le tome 1). Quant au héros lui-même, on y croirait, on s'y attache ainsi qu'à ses relations avec ses amis et ses connaissances.
Une BD tout en finesse et en simplicité, agréable, intelligente.
Raconter l'histoire d'un jeune Allemand au moment de la montée du nazisme dans les années 1932-1933 n'est pas une sinécure.
Pourtant le défi est relevé et le pari est réussi.
En effet le scénario de Philippe Richelle nous montre des personnages très forts, à la limite du facinant... Ces jeunes gens, qui ont une allure d'adulte, ont quand même un peu des préoccupations d'adolescents, tandis que l'accélération de l'histoire les obligera bientôt à devenir précocement des adultes. C'est aussi une histoire d'amour avec plusieurs acteurs, qui se joue avec beaucoup de délicatesse devant nos yeux.
Le dessin de Beuriot, empreint d'une ligne claire un peu étrange, sert de façon éclatante cette histoire assez surprenante.
Cette histoire démarre tranquillement mais peu à peu,l e ton change et la naissance du parti nazi va peu à peu changer les esprits des allemands de cette époque située vers 1932 environ.
L'auteur a choisi de nous faire suivre un jeune allemand qui va grandir difficilement dans cette société allemande en profonde mutation. Son père est un homme patriote qui va suivre les directives du parti nazi en oubliant volontairement ses propres réactions. Dans une période économique difficile, il était facile de monter les esprits contre des personnes précises en utilisant tous les prétextes possibles. On commence par fustiger les communistes ( je ne le suis pas ), puis les socialistes, puis les juifs et ainsi commence la plus terrible propagande basée sur le chantage au travail. On comprend mieux pourquoi un certain nombre d'allemands ont suivi ce chancelier qui a utilisé des méthodes de terreur et d'intimidation pour réussir à asseoir un régime très totalitaire. En utilisant des brutes dans ses troupes appelées SA, il était facile de faire régner la peur.
Je m'emballe un peu dans ma réaction mais je crois que tous le monde devrait lire ce genre de récit pour réaliser comment il est facile de conditionner les gens surtout en période de crise. On s'ttache vraiment à ce jeune garçon timide avec les filles et amoureux d'une jeune juive au grand dam de son père qui est un pro nazi.
Le dessin est fin et subtil et laisse la place au texte qui est très important dans ce récit .
J'ai beaucoup aimé ce récit qui en même temps fait mal au coeur.