Miss Pas Touche est une BD sympathique et assez originale. Les héroïnes de départ, Blanche et Agathe, sont originales, déjà parce que ce sont des femmes et ensuite parce qu'elles vivent à une époque assez rare en BD. Nous sommes dans le Paris des Guinguettes des années 30 et l'ambiance initiale est plaisante et bien rendue. Le récit devient un peu plus noir ensuite et ce qui ressemblait à une chronique du quotidien de ces femmes au départ devient un drame puis une enquête policière.
Concernant le dessin, quand Kerascoët avait repris la suite de Sfar sur "Donjon Crépuscule", je n'avais même pas vu la différence sur le coup. Ici encore, j'ai cru entamer une BD de Sfar quand j'ai vu le dessin dont je trouve le style très similaire. Pourtant, je n'aime pas vraiment le graphisme de Sfar et à l'inverse je trouve celui de Kerascoët dans Miss Pas Touche assez frais, esthétique, soigné mais surtout plaisant à lire. Bref, je ne crie pas au sublime mais c'est une BD que je trouve jolie et agréable à regarder.
C'est donc un récit plaisant, sans prétention, qui ne bouleversera pas le lecteur mais lui fera passer un assez bon moment dans un décor historique réussi.
Encore un très bel ouvrage de la collection poisson pilote. J’avais déjà beaucoup aimé les scénarios d’Hubert sur la série "Le legs de l’alchimiste", mais j’ai trouvé cette histoire encore plus habile. Quant aux Kerascoët, ils font un dessin typique de la collection dans le genre de celui de Blain. On avait pu notamment les voir dans la série Donjon Crépuscule.
Première qualité de l’histoire la construction narrative ; à la manière d’un Hitchcock dans Psychose, les auteurs s’attardent sur une jeune fille dans les premières pages. Seul problème, elle se fait assassiner dès le premier quart de l’album. C’est donc sa sœur qui va prendre le relais. Celle-ci s’infiltre dans une maison close pour y débusquer l’assassin. Chose amusante, elle tient à garder sa virginité dans ce lieu qui ne s’y prête guère.
Autre qualité, la reconstitution du Paris du début de siècle dernier, au moment de la « Belle époque » qui est d’une très grande précision. Au final, un livre qui risque bien de devenir un incontournable de la collection Poisson Pilote.
Au premier abord, je n’aime pas le dessin, ou les personnages sont moches avec des corps horribles, sans proportion ni harmonie. Et puis petit à petit, la magie opère et les personnages prennent corps, avec des personnalités qui apparaissent peu à peu et qui sont très fortes. Et au fil des dessins, les héroïnes sont facilement reconnaissables et on finit par s’attacher à cette jeune fille vierge et effarouchée, plongée dans un univers glauque et pervers, au milieu de jeunes filles prostituées exploitées, avec des clients qui vont au bout de leurs fantasmes. La jeune fille va découvrir avec une naïveté déconcertante, la vraie vie avec toutes ses turpitudes mais en même temps, elle va suivre sans relâche son but, venger sa sœur assassinée.
L’histoire est finalement très passionnante, avec une avancée progressive bien maîtrisée, et finalement le dessin passe au second plan tout en illustrant avec force le récit très fin, qui aborde des sujets graves tout en restant très soft, sans voyeurisme excessif ni violence spectaculaire. Et finalement ce dessin assez naïf devient presque agréable.
Je ne regrette donc pas d’avoir lu cet album et j’attends avec impatience la suite et fin de l’histoire
Un album vraiment sympa. Léger, tantôt drôle, tantôt plus noir... Que dire d'autres ? Sinon que l'histoire sonne juste. Blanche, l'innoncente, la pudique va se faire violence lorsque l'enquête pour trouver le meurtrier de sa soeur va la conduire dans un bordel.
De cette situation, Hubert nous propose un premier tome très agréable. Le ton de l'histoire s'accordant parfaitement avec le style graphique de Kerascoët, les auteurs nous plongen tdans une vériatble bulle de savon.
Une très bonne (et inattendue) surprise que cet album.
Un 1er tome qui m’a plu, c’est rare. C’est le cas ici avec ce livre qui sait amener dans des mondes à lui.
C'est de la BD contemporaine, bien dans l'esprit Blain/Sfar/Omond, mais les auteurs lui apportent aussi leurs personnalités en creusant les rapports humains.
Le récit, tout d'abord (parce que la plupart du temps, tout commence par un récit), ne semble pas facile au 1er abord: la prostitution.
Mais, abordé par des détours, par une quête de vengeance, ça se comprend mieux et ça devient à la fois plus normal et plus effrayant. Où va Blanche, la "spéciale", en se jetant ainsi dans la gueule du loup? Sera-t-elle assez forte pour résister à ce monde "particulier"?
J'ai bien aimé le dessin (qui fait parfois penser aux toiles des peintres de l'époque) et l'atmosphère qui se dégage de cet ouvrage.
C'est un bon point, ce tome 1 ne respire pas l'inachevé, il prépare bien la suite, tout en ayant une vie propre, une réalité à lui.
Certes, on évolue dans l'air du temps, dans un courant de BD à la mode. Parmi cette production, quand même, "Miss pas touche" représente une certaine qualité qui la place au dessus du panier.
L'état d'esprit des personnages, leurs personnalités, font beaucoup pour rendre cet ouvrage attachant au sein d'un univers qui lui, ne l'est pas du tout.
Et ça rappelle qu'avec subtilité et finesse, mariées à l'intelligence, on peut beaucoup...
Oh ! la bonne surprise !
Oh! le petit bonheur que procure cet album... !
ça sent le Paris des guinguettes, le Paris des petites chambres de bonnes...
ça rappelle ces maisons de plaisirs comme on s'autorisait à les surnommer...
ça évoque ces intrigues policières à la Rouletabille, avec Blanche dans le röle de l'enquêteur, prête à toutes les concessions pour venger la mort injuste d'Agathe...
Le graphisme est frais, léger, et tranche avec la réalité sordide de ce milieu peu commun, où la naïveté et l'oisiveté n'ont aucune place.
Aborder les coulisses d'une maison close sans tomber ni dans la vulgarité, ni dans le voyeurisme n'est pas mince affaire, et pourtant ce duo talentueux d'auteurs y parvient avec une facilité on ne peut plus déconcertante ! Qui plus est, l'enquête s'y révèle vraiment passionnante et haletante, avec des personnages mystérieux, sombres, inquiétants....
Non, vraiment, c'est un petit bijou que j'ai dans les mains et si l'occasion se présente pour vous de le lire, pas une seule hésitation : foncez ! ... Vous ne le regretterez pas !
Coloriste de nombreuses séries, Hubert ("Le legs de l'alchimiste") étale à nouveau ses talents de scénariste dans cette première partie de diptyque que nous livre la collection Poisson Pilote.
Un scénario qui nous plonge dans le Paris d’entre-deux-guerres des années 30, avec ses ruelles, ses costumes et surtout ses maisons closes. On y suit les aventures de Blanche, qui suite au meurtre de sa sœur et à la perte de son travail de bonne, décide de se faire engager dans un bordel de luxe afin de retrouver le meurtrier.
Mais sous ses allures de polar glauque sur fond de maison de passe, le récit parvient tout de même à dégager une certaine fraîcheur grâce à des personnages attachants et un graphisme plein de légèreté. La naïveté et le tempérament de Blanche siéent à merveille à son personnage et tranchent de façon cocasse avec son nouvel environnement de travail, tout comme sa volonté de préserver à tout prix sa virginité.
Ce mélange subtil entre la dureté de l’histoire et la légèreté des personnages et du dessin constitue la véritable force de cet album et permet aux auteurs de développer un suspense prenant dans une ambiance joviale et d’aborder des thèmes difficiles sans tomber dans la vulgarité.
On ne peut donc que souligner le mérite du graphisme plein de finesse des Kerascoët (pseudonyme breton du couple d’auteurs Marie Pommepuy et Sébastien Cosset), qui installe un décalage jovial et subtil entre le fond et la forme, dans un style qui se marie parfaitement à cette belle collection.
Un opus qui mêle avec bonheur fantaisie et suspense.
Bonheur car le dessin n'y est pas étranger. C'est léger, comme ces vieux albums pour fillettes des années 30.
Original aussi : on découvre le Paris populo d'avant-guerre (celle de 40) et les moeurs de certains clients de maisons closes.
Un premier album frais, qui sent l'enthousiasme et le plaisir pris par les auteurs à sa réalisation.
A noter que le dessinateur est en réalité un duo, formé de Sébastien Cosset et de Marie Pommepuy (le joli nom!).
A lire en écoutant la java "Quand on s'promène au bord de l'eau", par Jean Gabin dans "La belle équipe".
J'ai trouvé cette bd excellente. Moi qui lis essentiellement de la SF je suis ravie de voir sur les tables ce genre de bd. Elle nous livre un personnage attachant, qui n'a rien d'exeptionnel mais qui en même tant est une personne à part. J'aime aussi les nombreuses références et clin d'oeil aux faits réels qui se sont passé dans les années 30.
Merci enfin à ces maisons d'édition que l'on ne voit trop peu de nous proposer des bijoux de ce genre.