Ce deuxième tome de "Y le dernier homme" regroupe les épisodes 6 à 10 de la série régulière publiée aux Etats-Unis et fut nominé à Angoulême en 2005 dans la catégorie «Prix du scénario».
Tout en se gardant bien de nous dévoiler les origines de ce mystérieux mal supprimant toute vie masculine, Brian K. Vaughan continue de ficeler ingénieusement son intrigue en maîtrisant efficacement la gestion temporelle de son récit.
Ce deuxième tome débute plus calmement, en approfondissant les liens entre les différents personnages mis en place dans le tome précédent. Tout en creusant la psychologie de ses protagonistes, Brian K. Vaughan va aborder les conséquences des inégalités existantes entre hommes et femmes, sans pour autant tomber dans le piège du manichéisme.
En confrontant Yorick, l'agent 355 et le docteur Mann à une sorte de microsociété qui s’est organisé à Marrisville au beau milieu de cet univers post-apocalyptique, le scénariste va également remettre en question la politique carcérale des Etats-Unis.
Nous gratifiant d’un beau coup de théâtre sur la fin, ainsi que d’un carnet de croquis, cet album confirme tous les espoirs placés dans cette série qui continuera désormais sa route chez Panini Comics, Semic ayant perdu les droits sur la ligne DC.
Un second opus encore meilleur que le premier qui nous propulse à nouveau dans cet univers à connotation post-apocalyptique qui rappelle sous certains aspects celui de "Je suis une légende".
Le scénario riche en rebondissement va confronter à nouveau Yorick, dernier être masculin sur terre avec son chimpanzé, à sa soeur qui a embrasé les doctrines d'un groupuscule d'amazones extrémistes. Les révélations se font petit à petit au fil de l'album, même si l'origine de la disparition du genre humain reste toujours mystérieuse. La psychologie des personnages est bien creusée, notamment celle de Yorick qui est partagé entre son devoir (malgré lui) de dernier être masculin et l'envie qu'il éprouve de retrouver sa fiancée.
Le dessin est vraiment dynamique et expressif, très maîtrisé, la mise en couleur ne gâchant en rien le travail du dessinateur.
En définitive un deuxième opus qui confirme le potentiel de la série, même si on est, comme le signale Jean Loup, toujours en attente d'un nouvel album (et avec les déboires de Semic c'est sans doute pas encore pour demain). J'attends néanmoins de pied ferme.