De courts récits, en quelques pages avec un canard comme héros.
Pourquoi pas ?
Mais, où va t-on, me suis-je demandé après quelques minutes de lecture?
Et puis, le rythme vient, je me suis laissé bercer par ces contes érotiques, cette quête de la relation chaude, et cette drôlerie qui ressort de ces frasques d'un canard sans illusion.
Finalement, c'est un regard sur la vie en Argentine, sur les désillusions, sur les fragiles équilibres sociaux que ce livre nous communique.
D'accord, le graphisme, mou, souple, particulier, est un peu difficile à aborder. D'accord, ça manque un peu parfois de profondeur, et il faut s'adapter au ton. D'accord, les personnages ne sont pas "beaux" ni esthétiquement ni moralement, et alors ?
Au final, c'est un livre que j'ai apprécié, contre toute attente, et dans lequel je suis rentré progressivement.
Je pense que les dessins sont originaux, avec un vrai style, pas désagréable au bout du compte, et que les récits contiennent ma foi bien plus de sincérité et de leçons de morale que pas mal de livres qui se veulent "dans l'air du temps".
Ici, on sent une vraie liberté de ton, une vraie liberté de l'auteur, un travail livré sans concession.
Une idée directrice artistique, ça compte.
Hum.
J'ai approché le degré zéro de l'intérêt en lisant cet album. Le dessin ? Très très bizarre. Difficile d'identifier ce que l'on voit la plupart du temps. A part des seins. Ca, il y en a. Et des croupes, aussi. Mais c'est pas vraiment joli, tout ça. Plutôt difficile à regarder. Quant à l'histoire, pffff... Si encore Nine poussait un peu sa réflexion sur la vanité, la solitude, ou s'il avait clairement fait du porno, il aurait pu y avoir un semblant d'intérêt, une étincelle d'intelligence chez le Spooky au regard torve, au nez qui le gratte et à l'envie d'aller voir les 6 minutes à la télé. Mais non, encéphalogramme plat.