Tout d'abord, c'est un bel objet que nous proposent Gipi et Gallimard : un album au format d'un livre mais relié et avec une couverture cartonnée, et des planches à l'aquarelle, sur un beau papier ivoire épais. C'est le premier titre que je lis de la collection Bayou, et j'avoue que je suis d'emblée assez séduite par sa présentation.
Le contenu, maintenant. En feuilletant rapidement l'album, on se dit "tiens, on dirait un peu du Davodeau". Hé bien, en le lisant, on garde cette impression. Même intérêt pour les personnages modestes, au quotidien ordinaire, avec leurs zones d'ombres, leurs rêves. A ce sujet, à chaque fin de chapitre (je crois) l'un des personnages dit "telle chanson écrite par Machin, parle de telles choses" ; j'aurais bien aimé les avoir moi, les paroles de ces chansons. Sinon, c'est assez agréable à lire, même si je dois dire que n'étant pas un mec ayant jamais fait partie d'un groupe de rock amateur (n'étant pas du tout un mec, d'ailleurs, mais je digresse, là) je n'ai sans doute pas savouré cette histoire à sa juste valeur.
Autre chose, pour justifier mon 3/5, je ne raffole pas du dessin et encore moins de sa mise en couleurs, parfois approximative. J'évoquais Davodeau, mais ici, je ne retrouve pas la même aptitude à représenter, par des expressions, des mimiques appropriées, les sentiments qui animent ses personnages. Par contre, j'aime beaucoup certaines planches dans lesquelles le ciel semble écraser l'horizon.
Alors voilà, impression mitigée : d'un côté, une histoire assez banale mais sympathique, avec des personnages plutôt attachants, même si on ne sait pas grand-chose d'eux au final, servie par un dessin... pas désagréable, et desservi par des couleurs, à dominante vert sapin, qui ne m'ont pas emballée.
Un album captivant très bien construit qui nous plonge dans le quotidien d'une groupe de rock amateur qui cherche à enregistrer quelques morceaux pour les faire écouter à un producteur.
Le sujet avait déjà de quoi me séduire avant même d'en entamer la lecture, étant moi-même membre d'un groupe amateur, et force est d'avouer que Gipi à l'art et la manière d'accrocher le lecteur.
Le dessin de Gipi est vraiment superbe, incisif et expressif, et magnifiquement mis en lumière par une très belle mise en couleur qui ne gâche rien, aux dominantes ocres qui nous permettent de plonger avec délectation dans l'histoire de ces quatre amis unis par leur amour du rock.
Le scénario est très humain, et permet à l'auteur de dépeindra avec un grand réalisme les errances, questionnements, joies, peines et dilemmes des 4 membres du groupe, et l'exutoire que leur permet la musique. Exutoire tellement important à leurs yeux qu’il va leur conduire à des extrémités qui risquent de leur coûter cher…
Oh joie ! encore un nouvel album de Gipi ! Ayant bien aimé ses "Notes pour une histoire de guerre" je n'ai pas hésité une seconde à faire main basse sur ce tome. Et Gipi nous charme encore une fois de son talent désormais indéniable, de raconter des choses simples, surtout dans cet album, avec légéreté, doigté et ... talent !
Mais oui son talent se retrouve même à tout les niveaux dans cette bande dessinée : ses dessins sont dans la continuité de ses autres oeuvres, et sont vraiments agréables à regarder : ils donnent d'entrée de jeu une force, un je ne sais quoi à l'histoire qui nous fait rêver à chaque fois.
Les couleurs sont géniales elles aussi et pfffou... que dire d'autre ? L'histoire en elle même est simple ; l'histoire d'un groupe de rock de quatres adolescents, avec chacun leur histoire ( plus ou moins difficile), leur difficultés, leurs passions,.... Gipi nous parle une fois encore de ces adolescents plus ou moins attachants, dont on suit le parcours avec intérêt et qui tout comme dans "Notes pour une histoire de guerre", se trouvent entre deux ages et se cherchent en faisant parfois des bêtises.
Voila un album formidable que j'ai vraiment apprécié et que je relis désormais régulièrement avec plaisir.