Dans cet album imposant Alan Moore ("V pour Vendetta", "Watchmen") livre sa vision sur l’histoire du célébrissime Jack l’Eventreur. D’entrée il faut souligner le travail de recherche titanesque, comme en témoigne le copieux appendice d’environs 50 pages où l’auteur cite non seulement ses nombreuses sources, mais explique également ses choix par rapport aux différentes théories existantes concernant l’histoire de Jack l’Eventreur.
Cette œuvre est à cataloguer parmi la catégorie polar mais va bien au-delà du genre et se situe plutôt aux frontières du neuvième art car je n’ai jamais lu une bande dessinée construite de manière aussi complexe, détaillée et pourvue d’une construction narrative aussi impressionnante. L’enquête policière au dénouement peu surprenant concernant l’identité du meurtrier n’est d’ailleurs pas l’attrait principal de ce chef-d’œuvre.
Tout d’abord, Alan Moore et Eddie Campbell plongent le lecteur dans une Angleterre victorienne extrêmement réaliste et en particulier dans la partie la plus pauvre de ce Londres d’antan : Whitechapel. Un quartier vivant dans la misère qui est propice à cette autopsie très sombre et qui place ce récit dans un contexte géographique et social on ne peut plus crédible.
C’est au sein de cet environnement peu alléchant qu’Alan Moore va autopsier les maux et vices de la race humaine et mettre à jour les instincts primaires de l’être humain. Mais, l’auteur ne va pas se contenter de baigner son récit dans la misère, le sexe, la violence et la folie meurtrière, il va également nous montrer le fossé qui sépare riches et pauvres au sein d’une société où les origines comptent plus que le sens de la justice. Et pour couronner le tout, Alan Moore va également développer son idée de «quatrième dimension» qui connaît son apogée dans un chapitre 14 onirique, offrant ainsi un assassin intemporel et plusieurs niveaux de lecture à son récit.
Cependant, en se plaçant aux frontières du neuvième art, cet album va également mettre à jour quelques «défauts» qui pourront rebuter pas mal de lecteurs. L’obstacle principal à franchir est un début de lecture assez fastidieux, couronné par une visite des symboles franc-maçonniques de Londres plutôt pénible aux alentours de la centième page. L’autre obstacle majeur à franchir est le dessin sombre et hachuré de Campbell qui n’augmente pas la lisibilité d’un récit qui manque déjà à la base de fluidité.
Néanmoins, malgré ces quelques obstacles "From Hell" est une œuvre impressionnante est culte.
Je fais partie des gens qui considère Alan Moore comme un formidable scénariste et "metteur en scène" de BD. Néanmoins, je n'ai pas accroché à "From Hell".
Pour commencer, je n'en aime vraiment pas le dessin et n'ai pas réussi à passer outre tout au long de cette énorme BD. Le scénario n'a pas suffi à me faire oublier les irrégularités constantes dont souffrent les dessins de visages, de corps, etc.
Ensuite, concernant l'histoire, tout d'abord, c'est un vrai pavé. Alors quand le scénario est captivant et original, c'est un plaisir d'en avoir beaucoup à lire. Mais là, je ne suis pas rentré dans l'histoire donc ça m'a paru bien long à lire.
La somme de documentation amassée par Moore sur le sujet de Jack l'Eventreur est impressionnante, et tout dans son histoire est plausible. Mais le résultat à mes yeux est plus la mise en images d'une longue thèse historico-réaliste sur la véritable histoire de Jack l'Eventreur qu'une BD avec un scénario original. J'ai ressenti le tout comme une accumulation de faits, d'informations, de dialogues...
Essouflant et pas suffisamment captivant à mes yeux.
Une enquête richement documentée sur la célèbre affaire "Jack l'Eventreur" et passionnante de bout en bout ! Les dessins restituent parfaitement l'ambiance des bas-fonds victoriens et font parfois penser à certaines gravures de Gustave Doré...
Le scénario est original quoique complexe par moments. Il s'adresse donc aux adultes.
En bref... Alan Moore a encore frappé! A posséder absolument!!!
From Hell pour moi c'est :
-un dessin vif, tout noir, qui en gênera plus d’un. Les cases sont faites à l’arrache, c’est petit, c’est déchiré, (mais toujours lisible), et c’est parfait pour cette histoire, car extrêment efficace.
-une bête de scénar : tous les éléments qui convergent vers l'avènement d'un tueur mythique : jack l'éventreur. relations politiques, mystiques, historiques, toutes fruits d'études, de recherches incroyables et d'un travail de narration magique, le tout avec une manière de romancer très crue, directe et sombre.
les personnages sont confondants de vérités, tous figés dramatiquement dans une image précise de leur époque, (la prostitué, la reine, l'ouvrier, le cocher, le flic...) tous sauf LUI, et sa psychologie est développée de façon hallucinante : sa pensée calme et torturée, mais surtout cette attitude implacablement perverse qui découle et de la passion et de la raison.
D’ailleurs, ce qui est fort, c’est que ce n’est pas l’intrigue policière qui est mise en avant, comme dans tous les récits habituels qui traitent de ce personnage ! là on s’en fout de connaître l’identité de jack l’éventreur ! on la connaît dès les premiers chapitres… c’est pas une enquête géante avec une traque à la sherlock holmes…
Ce qui est puissant, c’est qu’on suit petit à petit la logique de ce fou, qu’on découvre, par des assemblages de souvenirs, de visions, de rêves, l’évolution de sa pensée, où les symboles sont maîtres : on se confronte à l’inconscient de l’assassin.
Et le pire c’est qu’on arrive même à comprendre l’horreur, on arrive à comprendre toute la complexité de ses démarches sanguinaires… et un tel boulot d’écriture, aussi précis et fort, ça donne le vertige.
(petite parenthèse à propos du film « from hell », issu de ce « roman graphique » : les réalisateurs ne se sont intéressés qu’à l’intrigue policière, pourtant mineure dans l’œuvre. Le résultat est franchement moyen comparé la réalisation grandiose de moore et, de plus, ils ont détournés assez maladroitement l’idée du « dominance de l’empire + puissance des franmaks » pour nous sortir un complot à la x-files genre « les forces obscures nous gouvernent, et ceci en est la preuve ». et c’est lourd. Par contre jonnhy depp est très beau, mais ça n’a rien à voir avec ce que je raconte.)
alors évidemment on a tous en tête le gros cliché du premier serial killer historique, (relisez connan doyle et loisel) … mais là on découvre vraiment la folie profonde du fameux « ripper » et c’est une toute autre dimension.
Pour finir, je dirai que c’est LE pavé merveilleux dans le marécage des scénarii médiocres à la mode. ça reste ancré dans la mémoire, c'est sublime.
encore faut il avoir la force d'aborder l’œuvre ! (essayez plutôt de l’emprunter, pour tester, parce que c’est un peu beaucoup cher, c'est l'unique défaut de cette bd.)
Titanesque et magitral, sombre et terrifiant, tous ces mots se bousculent dans mon esprit quand je repense à ce livre. Je devrais dire ce pavé dans la mare de la culture « bédé ».
From Hell éclabousse le lecteur par sa noirceur et son découpage dans tous les sens du terme, technique mais également psychique et encore plus physique...
Gasp ! Heureusement que c’est du noir & blanc, je n’aurais pu soutenir certaine scènes.
De nombreux *liseurs* ont décrié le dessin, pour ma part, je trouve ce style abouti et travaillé, l’architecture du Londres Victorien est de toute beauté et la visite qu'on en fait est savamment orchestrée.
Un trait certes sans fioritures, parfois contenu et impénétrable, parfois si chargé en électricité qu’il en devient brûlant. Un graphisme qui convient pleinement à la biographie-autopsie de ce tueur.
Il est clair que le scénario se veut favorisé par la suggestion que sous-entend le tracé. Il existe une réelle harmonie entre l’illustration et l’histoire qui peu à peu délivre ses secrets. Le suspens y est intelligemment dosé et dérive comme un supplice de lente aspiration dans l’antre de la folie, celle de tous les acteurs de l’histoire.
Cette démence qui s’immisce dans l’esprit des personnages et celui du lecteur laisse perplexe.
Ce manuscrit est vraiment très interpellant. La perfection des recherches effectuées par l’auteur est concrète. Au-delà de raconter une histoire, il a su faire voyager dans le temps une part de l’histoire de l’humanité et romancer cela avec une telle verve. Sa passion est tangible, Alan Moore est un sublime conteur, j’en suis convaincue.
Une ténébreuse aventure où l’horreur est présente, palpable, brrr... J’en frémis encore mais cela reste une œuvre remarquable à lire.
Ahlala. "From Hell" c'est un énorme pavé de 576 pages, lourd comme tout et vraiment pas engageant. Lorsqu'on le feuillette comme ça, le dessin apparaît vraiment repoussant, tout à l'encre de chine qu'il est (que du noir et blanc, même pas de gris, tsss !), tout hachuré, et certainement pas "beau" au sens classique du terme. En plus ça commence par un gros plan sur une mouette crevée, ça ne donne pas forcément envie d'aller plus loin.
Et pourtant...
Et pourtant quand on commence à le lire, au bout de la première page on est intrigué. Par le dialogue, un peu étrange et décalé; par la mise en scène, qui malgré le dessin semble très bien faite...
Et puis au bout de l'introduction (8 pages), sans s'en rendre compte on a été absorbé dans cet univers. Comme ça, sans même s'en être aperçu.
Les trois premiers chapitres m'ont posé problème... j'ai en effet bêtement loupé les indications de dates dans la première case, et c'est seulement en cours de route que j'ai réalisé que les scènes ne se suivaient pas chronologiquement.
On ne comprend pas trop le lien des deux premiers chapitres avec l'affaire de Jack l'éventreur, mais le lien se fera plus tard... En attendant on est intrigué, complètement attentif et... littéralement immergé dans l'histoire.
Le chapitre quatre en particulier m'a paru absolument renversant. Invraisemblable qu'un auteur ait osé faire ça ! Quarante pages d'un quasi monologue sur l'architecture et l'origine et le mystère des Francs-Maçons ! Des considérations complètement ésotériques et absconses, de quoi faire décrocher n'importe qui en deux pages ! Et pourtant... pourtant on reste scotché là, devant ce récit témoignant d'un esprit complètement étranger, tordu, aux limites même de la folie. Qu'Alan Moore ait pu faire cela m'inspire un respect presque sans bornes. O_o
Bon, sinon il faut bien reconnaître que le travail qu'il y a derrière "From Hell" est impressionnant. On peut en avoir un apreçu à la fin du livre, dans l'appendice II, qui raconte en image l'histoire des différents travaux existant sur le sujet, où Moore analyse les querelles. C'est réellement intéressant, et de plus mis en images de façon véritablement intelligente.
L'appendice I quant à lui, est composé de 42 pages d'explications sur les différentes pages/scènes/cases du livre... Là, j'avoue avoir juste survolé, mais là aussi c'est réellement intéressant. Moore explique ce qui est "vrai", ce qu'il a inventé, adapté ou arrangé. Vraiment bien. Si "From Hell" était un dvd, je dirais que ce bonus est d'une qualité rarement atteinte.
L'album raconte une histoire, une version possible. Moore conclut dans l'appendice II que le mystère est si embrouillé qu'il n'y a probablement pas de vérité, mais un ensemble d'hypothèses qui forment un matériau dont on ne pourra plus tirer grand chose... à part d'autres matériaux, d'autres versions. Il propose donc ici la sienne, et l'ensemble est tout simplement grandiose. L'histoire a des relents de folie, mais une foie si bien développée, si bien mise en scène, si bien montrée et enfin si bien expliquée, qu'on en vient (presque) à la comprendre.
Par ailleurs rien n'est épargné au lecteur. Les scènes d'assassinat, parfois très gores, horribles, sont montrées. La folie, l'aspect glauque et cynique de l'ensemble, des scènes de cul assez crues, rien de cela n'est voilé.
Et le dessin, a priori peu attirant, basé sur un gaufrier de 3x3 cases, est étonnament expressif et particulèrement adapté à cette oeuvre sombre.
Un chef d'oeuvre, tout simplement. Un véritable monument. Et c'est peu de le dire.
Seuls points noirs : l'album est peu maniable, et comme les dessins et les textes sont très petits, on est obligé de lire de près, ce qui est parfois problématique. Et je n'ai pas encore compris ce que venait faire là John Merrick (Elephant Man).
Le plus difficile avec "From Hell" c'est trouver la force pour l'acheter, car ce n'est pas tous les jours où on a quarantes euros à dépenser dans un véritabe pavé. Une fois l'Effort j'ai été plus qu'agréablement surpris. Je découvre alors la virtuosité de Moore au scénario et les dessins archi-noirs de Campbell.
Pour lire "From Hell" il faut du temps, il faut se prêter au jeu, rentrer dans Londres de 1888, rentrer dans les personnages torturés. Si le lecteur ne fait pas la démarche il est vrai qu'il aura du mal à apprécier cette série à sa juste valeur. C'est exactement un des points que j'ai adoré dans "From Hell", c'est ce que met en place Moore dans les premières pages (passage un tantinet long). Il prend son temps pour poser correctement le cadre et les sujets de son autopsie. Moore nous décrit parfaitement Londres d'antan, et surtout la partie la plus pauvre de celui-ci : Whitechapel. Nous commencons pas un prologue qui met en situation Abberline et M. Lee, je dois avouer qu'au tout début je me suis sentis perdu, même après les deux chapitres suivants, car ils traîtent tous d'un personnage différent. Tout s'entremèlent pour ne former plus qu'un. L'oeuvre se structure comme l'enquête mené par Abberline, on part d'un grand tableau découpé en multiples morcaux pour en arriver ensuite à un tableau final où tout est réuni.
Moore nous livre dans cet oeuvre une thèse sur Jack l'éventreur qui est un des plus grands mystères pour l'histoire, tout comme par exemple l'homme au masque de fer. Un secret d'Etat qui n'a jamais été révélé. Le scénariste dissèque le personnage du Docteur Gull (alias Jack l'éventreur), un être totalement fou qui poursuit une chimère. Ce que j'ai notamment apprécié c'est le chapitre sur l'enfance de celui-ci. A force des pages le personnage de Jack l'éventreur nous devient de plus en plus clair et l'on finit même par anticiper ss réactions !
Mais ce qui est surtout formidable dans ce chef d'oeuvre et c'est justement ce qui fait qu'il en est un, c'est la façon dont Moore décrit notre monde, ainsi que l'Homme. Tous les maux qui accablent la race humaine sont réunis dans "From Hell". L'Homme est un loup pour l'Homme. Il nous montre sous un jour plus que négatif ce que nous sommes. Le système est totalement sclérosé par un gouvernement corrompu qui à tous les pouvoirs. Une organisation de la société qui engendre une division : les pauvres et les riches. L'humain est abaissé à l'état de bête qui ne suit que ses instincts primaires, à savoir le sexe et la violence. L'homme devient qu'un rapace aux yeux de Moore, qui n'a pour seul désir que de s'engraisser sur le malheur des autres, près à tout pour gagner toujours plus d'argent, quitte à mentir : la puissance de la presse est déjà présente. Et ce qui nous attend n'est pas mieux Demain, c'est aujourd'hui en pire !
Après la lecture de "From Hell" je me suis dit que l'homme est en fait la pire bête qui existe sur terre, celle qui se dit intelligence, celle qui a le plus de pouvoir mais c'est aussi la plus vile, la plus dangereuse. Personnelement, j'ai vu en Jack l'éventreur un exemple de ce que peut devenir l'Homme, de la folie humaine, poussé par une chimère de pacotille !
"From Hell" est une BD qui fait réfléchir, une BD qui vous glace le sang même...bref, une BD à lire absolument !
Les dessins de Campbell ne sont pas géniaux, il faut l'avouer. Un coup de plume parfois hésitant et peu précis qui déforme les personnages. A la limite les décors, ça nous est égal, mais quand c'est les personnages que l'on n'arrivent même plus à reconnaître une case sur deux c'est assez gênant, vous en conviendrez ! C'est surtout au début où l'on a du mal, mais après une centaine de pages on ne fait même plus attention à cela et on dévore cet album. Mais quand j'y réfléchis bien : que serait "From Hell", avec d'autres dessins ? Et bien ça ne serait pas "From Hell". Je finis même par dire que les illustrations sont assez intelligentes car elles retracent parfaitement ce côté sombre, voir même mystique du scénario. Toute la noirceur mis en relief par Moore est dessiné dans le coup de plume de Moore. Les cases sont très travaillées et on peut voir de multiples traits à l'encre de chine. Ainsi on peut y voir le désir de noircir toujours plus la planche et retranscrit l'atmosphère. Les scènes de meurtres sont parfaitement mise en image : terrifiques (elles peuvent atteindre quelques fois une dizaine de pages). On pourra saluer au passage le travail de documentation de Moore et de Campbell."From Hell", ne s'est pas fait en un jour : presque dix ans.c'est dire à quel point Moore à chercher à être le plus juste possible et faire en sorte que sa thèse tienne debout.
Ce chef d'oeuvre de la BD est un incontournable pour moi. Au départ je désirais mettre 4/5 à cause des dessins. Mais je me suis apercus que tout d'abord ils étaient pas si mauvais que ça et ensuite qu'un scénario n'a pas forcément besoin de superbes dessins. Au final ça donne une BD Culte, et me donne envie de lire assez rapidement les autres productions de Moore...
Un chef d'oeuvre ! Un scenario genial qui a demandé un travail de recherches et une minutie comme seul Alan Moore en est capable !
Ca fourmille de details, et si l'on excepte le coté "fantastique" , on a à mon avis la veritabe histoire de Jack l'eventreur ! ( et meme le coté "fantastique" est vraiment tres bien foutu, basé sur des theories qui sont loin d'etre idiotes).
Bref c'est du tres grand Alan Moore , et il est dommage que la version ciné lui soit si inferieure
Quand aux dessins : n'en deplaisent à certains , il est vraiment reussi et colle parfaitement à l'atmosphere que créé Alan Moore
j'ai lu les 200 premieres pages. On peut pas dire que ça commence sur les chapeaux de roues.
Niveau dessin, oui, c'est noir, mais faudrait pas trop forcer le noir, parce que les case noires, c'est vite chiant quand ya rien d'autre.... le probleme, c'est que c'est tellement pas precis comme dessin qu'on a parfois du mal à reconnaitre les perso de pages en pages. C'est tres chiant.
ceci dit, j'arrive pas à le finir... ça me lourde carrement en fait, j'arrive pas à m'y remettre.
les avis excellents sur cet album me poussent à le finir, mais chaque fois que j'essaie, j'arrete au bout de 5 min. Je pense pas reussir un jour à le finir... la BD doit rester un palisir, et là, je dois carrement me forcer, donc pas la peine.
je voulais juste pousser un coups de gueule contre From Hell : c'est chiant à lire ! un machin de 600 pages, avec une couverture souple ! sont pas bien chez delcourt ?! comment je fais pour lire ça dans mon lit ? hein ?
Monumental. C'est sans doute le terme que je choisirais s'il n'en fallait qu'un pour désigner "From Hell".
Monumental par sa taille, tout d'abord : plus de 500 planches, complétées par des annexes passionnantes rédigées par Moore himself qui permettent de mesurer l'ampleur de son travail de documentation et qui constituent un fabuleux guide pour comprendre ce qu'est le travail de scénariste. Travail monumental de recherche, donc, peut-être le plus poussé qui ait jamais été accompli pour une BD. Mais surtout et fondamentalement, et je mesure tout à fait les propos qui vont suivre, "From Hell" est un monument de la bande dessinée.
Je sais que le trait d'Eddie Cmpbell va en rebuter a priori plus d'un. Très noir, d'apparence brouillonne parfois, son dessin est particulier mais il convient parfaitement au White Chapel de 1788, ce quartier misérable au-delà de l'imagination, crasseux, sordide, où les femmes se prostituent pour se payer un lit miteux duquel elles seront chassées au petit matin. Vous aurez le temps (500 planches !) de vous habituer à son style, de toute façon. Et puis rappelez-vous la première fois où vous avez posé les yeux sur "Maus"...
Le scénario d'Alan Moore est d'une qualité absolument exceptionnelle. On le savait très talentueux depuis "Watchmen" ou "V pour Vendetta". Avec "From Hell", Moore s'affirme en géant du scénario. Vous serez glacé en découvrant ce qu'il advient d'Annie Crook. Vous serez intrigué par la visite guidée de Londres orchestrée par Gull. Vous serez horrifié en lisant le chapitre qui relate la mort de la dernière victime. Vous refermerez "From Hell" avec la certitude que la BD est un art et que vous venez d'en avoir la preuve irréfutable.
Je vous envie de ne pas l'avoir encore lu. J'aimerais prendre votre place et redécouvrir cette oeuvre, bien que je songe déjà avec déléctation au plaisir de la relecture.