« Il faut laisser passer la beauté et préserver ce qui est précieux »
Troisième et avant dernier tome du combat ordinaire, Ce qui est précieux est un peu plus grave que ses prédécesseurs. Le contexte n’est pas non plus propice à la légèreté puisque l’ensemble de l’album est marqué par le deuil et le souvenir du père de Marco, ce qui nous donne une fois de plus l’occasion de réfléchir à ce fameux combat ordinaire…
Un des côtés impressionnants de cette BD est la trace qu’elle laisse après la lecture. Je me dis souvent : « tiens, ça me fait penser au combat ordinaire »... Je le mentionnais déjà dans la critique du premier tome mais, décidément, cela se confirme! Peut-être parce que je dois avoir à peu près l’âge de Marco, peut-être parce que je partage certaines de ses préoccupations mais probablement et surtout parce que tout ceci est particulièrement juste et exemplairement conté. Le combat ordinaire est hyper intime mais sans jamais être impudique, cet équilibre mérite les louages.
Revenons à ce 3ème tome plus posé, tout en profondeur. Le carnet de notes du père de Marco et ses souvenirs d’enfance viennent nourrir la réflexion de Marco, son dilemme plutôt, relatif au bébé que souhaite Emilie : elle l’aime et elle veut un enfant avec lui mais elle est aussi prête à partir si Marco s’obstine dans le refus. Entre le fils en deuil et le père potentiel terrorisé, Marco va devoir trouver son chemin…
Le dessin de Larcenet, faussement naïf (en premier coup d’oeil) est toujours aussi limpide, agréable à regarder et sert parfaitement le récit. Mention aussi pour la mise en couleur de grande qualité par Patrice Larcenet.
Signalons enfin la qualité des dialogues, ces petites phrases remarquables (fréquentes chez la mère de Marco par exemple) qui sont comme des gifles qui assènent les vérités sans non plus donner de leçon.
« Houla, il a changé Marco », voilà la première pensé qui m’est venu en ouvrant le troisième tome du combat ordinaire.
J’ai eu du mal à me plonger dans ce tome, pourtant pour les premiers épisodes j’été pris dans le récit dès la première case. Ici j’ai trouvé le récit moins efficace, trop d’anecdotes qui sortent de l’histoire qui donne une sensation désagréable de remplissage. Mes premières impression se sont vite envolé pour laissé place à un récit de qualité égal aux précédents, je suis replongé dans l’histoire de cet homme de plus en plus abimé par la vie. Les dialogue sont vrais, d’une puissance et d’une justesse incroyable, on ne peut qu’adhérer à l’histoire tant on ressent sa vérité même si l’on trouve étrange le choix des personnages. Parfois on se dit « c’est dommages, l’histoire aurais été plus intéressante autrement», oui, mais la vie ne se passe pas come on l’aurait désiré et parfois on ne la comprend pas.
Chaque fois que j’ouvre une Bande dessiné de Manu Larcenet ma copine me demande : « Pourquoi lis-tu des bandes dessinées aussi moche alors qu’il existe des dessinateurs tellement plus talentueux ? ». La réponse est simple les émotions qu’arrive à nous transmettre Larcenet par ses dessins sont sans pareil. En regardant attentivement chaque case on comprend le message que l’auteur veux faire passé et les case sans texte dise sont aussi bavarde que les longues séquences de dialogue.
Pari gagné donc pour Manu qui réussi encore à nous faire réfléchir sur des questions de tout les jours, que chacun doit se posé a un moment de sa vie comme le regard que l’on a sur soit et ce que l’on est vraiment, la réflexion et le travail qu’entraine le fait de devenir parents ou encore sa façon de réagir face au deuil. Magnifique et bouleversant, à lire absolument même pour ceux qui n’aiment pas la bande dessinée.
Plusieurs avis ont déjà émis une certaine réserve sur ce troisième tome. J'en remets une couche, parce que les opinions divergent (pour certains, ce troisième volume serait le meilleur), que plus il y a d'avis et plus on peut se faire sa propre idée, et puis d'abord je n'ai pas à me justifier, alors maintenant ça va comme ça
"Le combat ordinaire" est une très belle série. Et si je trouve que ce troisième épisode est un peu moins bon, je recommande tout de même son achat et lui décerne la bonne note qu'il mérite. Car si l'alchimie exceptionnelle qui avait fait du second tome un chef d'oeuvre, s'est quelque peu émoussée, il n'en reste pas moins que "Ce qui est précieux" dépasse tranquillement la qualité moyenne des sorties BD dans l'hexagone.
Faire de la bande dessinée intimiste n'a rien de facile. En mettant en scène des gens ordinaires dans des situations ordinaires, Larcenet prend plus de risques qu'en nous plongeant dans un univers de fantasy avec des filles aux gros seins. Parce que là où il y a au moins les belles poitrines à contempler dans un scénario indigent du genre médiéval-fantastique, il n'y a rien qui compense si le scénario d'un roman graphique n'est pas bon. En misant sur la résonnance de ses personnages dans l'esprit du lecteur, Larcenet joue et gagne une partie de haut niveau.
Le choc de la fin du deuxième album, c'est-à-dire le suicide du père de Marco, est le thème principal de "Ce qui est précieux". Larcenet livre à travers ses personnages des réflexions sur la mort, sur le rapport au père, sur la volonté de saisir ce qui nous a échappé. Et on accroche à ce flot de pensées. Si l'histoire est globalement moins émouvante et moins prenante, elle reste réussie et se termine encore une fois sur un coup de théâtre.
Vous avez aimé les deux premiers ? Lisez aussi celui-là : même si son charme est moins envoûtant, cela reste vraiment une bonne lecture.
Etonnant et remuant.
Réussir à susciter l’intérêt du lecteur avec un dessin en apparence pas très joli, c’est du grand art. En effet, quand on ouvre un album de Manu Larcenet, la première impression n’est pas très agréable. Alors, il faut absolument commencer la lecture, et là, la magie opère.
Le héros, dessiné très simplement, est finalement très sympathique, et toutes les expressions humaines passent sur son visage. On finit par apprécier ce photographe assez rebelle dans sa recherche de son identité, à travers le décès de son père, perturbé par sa compagne qui a des désirs de maternité, mais aussi par la période trouble de la guerre d’Algérie, ou La France n’a pas toujours été clean. Etant en même temps en analyse depuis très longtemps, c’est un être sensible et fragile qui nous emmène dans ses tourments et ses interrogations.
Il y a dans cet album de l’humour, de la tendresse, de la peur et de l’angoisse mais aussi beaucoup de sensibilité.
On finit par oublier le dessin en tant que tel, pour ne penser qu’aux mots prononcés accentués par les dessins finalement très fins bien que simples.
Voila donc un superbe album empreint d’une grande humanité, qui nous renvoie tous vers notre propre vie.
Certaines bandes dessinées auraient-elles le don de pouvoir rendre quelqu'un de meilleur, de modifier même la perception de la vie ?...
La lecture des albums de Larcenet -dont ce dernier- m'en a un peu persuadé.
Il arrive à ce que cet espèce de concentré d'émotions qu'il ma distillées ne me paraisse pas surfait ou éventuellement fabriqué.
J'ai suivi avec attention cette chronique de la vie quotidienne où rien de vraiment extraordinaire ne se passe. Sauf ces quelques moments où l'on célèbre quelque chose et que l'on pourrait trouver "banals" ou "bêtes" ; qu'ils soient tristes ou joyeux.
Mais c'est peut-être ça : "ce qui est précieux"... et dont on gardera souvent un souvenir, même futile...
D'abord, une première impression: je me suis moins "éclaté" à la lecture de ce tome que lors des 2 précédents.
Certes, ça reste bien fait, de qualité, mais je trouve que le ton est plus sérieux, et que là, Larcenet est moins puissant. Il perd un peu de sa folie, de sa capacité à surprendre.
Certes, j'imagine bien, c'est l'histoire, sa vie qui décide, mais je trouve que ce qui coulait de source, ce qui avançait seul auparavant est devenu plus pesant, moins spontané, moins original, plombé par le malheur familial.
Il y a moins de personnages en jeu aussi, l'histoire se recentre sur Marco et son amie, un peu sur sa mère, et les autres sont secondaires, dans ce tome 3.
Les rappels au passé, en gris, m'ont semblé moins coller au récit, le ralentissant ici et rajoutant trop souvent à mon goût une touche de nostalgie ou de vécu pesant.
Alors, j’espère que ce n'est que la noirceur du temps du livre, que ce passage qui m'a moins plu.
J'espère que cela n'a rien à voir avec la médiatisation de l'auteur, qui lui pèserait. Qui le rendrait moins novateur, qui le pousserait moins à expérimenter, à créer, à défricher comme il a pu le faire.
Ca m'ennuierait, car je compte sur lui pour nous livrer encore les superbes pages pleines de délicatesse et de sentimentalisme dont il a le secret.
Pourvu que ça existe encore !
Plus grâve mais aussi plus intense, ce nouvel opus nous plonge cette fois-ci au coeur du deuil... Quand seuls les souvenirs permettent de faire revivre l'être cher.
Bien sûr, le ton général s'en ressent, et je pense que l'humour gentiment puéril des deux frères dans les précédents volumes aurait été quelque peu maladroit ici... mais la douleur de Marco ne s'inscrit pas non plus dans le pathétique, bien au contraire : Larcenet a su faire de beaucoup de pudeur dans le traitement des réactions que le décès suscite.
Mis à nu et pourtant si réservé, Marco n'en devient qu'un personnage toujours plus torturé, en quête de réponses quant à l'absurdité de la vie, et pourtant avec une peur farouche de ce que l'existence lui réserve...
Peur du grand saut vers l'inconnu, peur d'être heureux parce que le bonheur ne dure jamais, peur de vivre tout simplement...
Les doutes, les angoisses de Marco ne toucheront peut-être pas tout le monde : il y a ceux qui croquent la vie à pleine dents et les autres, mais, malgré celà, ce troisième opus ne peut pas décemment laisser indifférent : entre vie et mort, Larcenet pose la question du pourquoi de l'existence.
Une bien belle leçon de philosophie ordinaire !
Bon... je suis un peu mitigé sur ce troisième album. C'est vrai que je l'ai longtemps attendu, tellement longtemps (au moins... tout ca!) que j'en ai peut être un peu trop attendu (ca fait beaucoup de attendu tout ca).
Bref, en lisant cet album, je dénote une baisse du côté humoristique, qui faisait alors tout le charme des premiers tomes. C'est vrai que les sentiments sont très forts, l'ambiance de la bd est "lourde" suite à la mort du père de Marco, et cela se ressent à tout les niveaux de la bd: couleur, dessins, humour (ca, je l'ai déja dit),.... Après, je ne sais pas si c'est forcément une bonne chose pour cette série ou pas.
Je pense que j' attendais beaucoup de ce tome suite au très bon niveau des deux derniers, et que suite à la lecture de celui ci, c'est peu être normal que j'éprouve de la déception. Bon je me modère tout de même; c'est du Manu Larcenet, cela reste au dessus de niveau normal, mais je trouve qu'il nous avait habitué à mieux, et comme le disent quelques autres avis, on a plus le sentiment que ce tome fait office de transistion vers un quatrième tome.
Je trouve également que Marco prend parfois un peu trop des "grands airs". Et alors que dans les premiers tomes, on suivait un Marco tout simple, on en retrouve presque un autre ici, tant son caractère a changé, je trouve. Mais c'est vrai que les dessins sont tout de même au dessus de ceux des deux premiers tomes, et que l'on lit cette bd vraiment avec beaucoup d'intérêt. Bref un tome un poil en dessous des autres, mais qui reste tout de même de la très bonne bd.
Larcenet se penche à présent pleinement sur la période qui suit la perte de l'être cher, en l'occurrence du père, figure freudienne parmi d'autres. Son récit est empreint de sensibilité, d'exubérance, de mots susurrés... La scène centrale de l'album est sans conteste celle où Marco va voir l'ancien supérieur de son père en Algérie, pour tenter de comprendre ce père, qui était avant tout un homme. Comprendre ses peurs, ses craintes, appréhender sa vision de la vie.
Ni larmoyant, ni pédant, Larcenetnous emmène sur les chemins de son propre deuil, et nous aide à grandir.
Un conseil : si vous avez l'occasion de visionner le DVD vendu avec une édition limitée, faites-le. Il retrace près d'un an de la création de l'album, des repérages à l'étape de colorisation, en passant par les crayonnés et l'encrage. Ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais permet d'appréhender un peu mieux le processus créatif d'une bande dessinée.
Re-voici Marco, son visage est marqué par la mort de son père et ses angoisses. Le problème quand on a sorti 2 albums excellentissimes, c'est que l'on ne peux que faire un peu moins bien... C'est comme cela que j'ai ressenti ce troisième tome du combat ordinaire.
En effet, cet album est beaucoup plus sombre que les précédents (ce qui paraît logique quant à la mort du père de Marco)... Mais il manque un petit côté léger, qu'il y avait dans les tomes précédents, qui aurait rendu l'atmosphère moins lourde (ce qui peut être un choix, mais où je ne me suis pas retrouvé), et aussi éviter quelques longueurs.
Côté dessins, Larcenet s'est surpassé. C'est beau et certaines planches silencieuses sont un régal pour les yeux.
Bon, je suis un peu méchant car cet album n'est pas nul du tout (qui aime bien, châtie bien). Il est même très bon, mais pas culte. Vivement le tome 4 !
Il y a deux gros problèmes avec ce troisième tome !
Le premier, c’est que Dargaud l’a édité en deux versions différentes (dont une avec un DVD bonus sur Larcenet), ce qui d’emblée et dans le sillage d’une machine commerciale sans scrupules, confronte l’acheteur à un choix bien cruel.
Le deuxième, c’est que, ayant donné la note maximale au tome précédent, je me vois confronté aux limites techniques de ce site et me retrouve donc dans l’incapacité de noter ce troisième tome qui se révèle être encore meilleur que les deux premiers.
Quel plaisir de retrouver l’histoire de Marco, l’histoire de chacun d’entre nous, le combat quotidien contre soi-même, les angoisses et les espérances. Ces petites choses qui tracent notre vie, des choix et des décisions qui influent sur notre quotidien et qui au milieu des surprises que nous réserve la vie, nous balancent d’un sentiment à un autre. Des sentiments que Larcenet aborde de manière tellement intelligente, avec une justesse effrayante et un humour qui sait toujours nous faire sourire au milieu de moments bouleversants.
Un tome qui boucle la boucle, de la naissance à la mort, de père en fils, de lassitude de la vie à l’envie de procréer, une introspection saisissante sur le début et la fin de la vie. Un Marco balancé entre l’incompréhension du suicide de son père et l’idée de paternité. Un Marco toujours incapable de prendre ses responsabilités, de faire ces choix qui font avancer une vie, poursuivi par l’hérédité, incapable de voir ces petites choses de la vie qui faisaient le quotidien et le carnet intime de son père, s’accrochant aux balises que lui tendent la vie, comme cet éditeur qui souhaite publier ses photos.
Un Larcenet qui fait tourner la vie de Marco autour de quelques personnages, mais qui parvient tout de même à aller chercher l’infiniment petit au milieu de cet univers restreint ; ces petites choses infiniment précieuses et qui fleurissent notre existence. Un Larcenet qui comme d’habitude et dans toute sa simplicité parvient également à aborder des sujets graves comme la guerre d’Algérie ou la perte d’un père.
Bref, une splendide tranche de vie, un cocktail d’efficacité et de simplicité, une introspection pleine de finesse, de tendresse et de charme pourvue de scènes hilarantes et qui aborde notre quotidien du début à la fin.
Ce qui se fait de mieux en BD (en attendant la parution du quatrième et dernier tome)!
Il y a peu de temps est sorti "Minimal", album caricatural d'une culture BD élitiste qui se veut avant-gardiste par la forme de ses albums et par son public visé : En d'autres mots : Minimal, c'était la BD qui se moquait de toute la production pseudo-intellectuelle si prisée des lecteurs passionnés par l'underground (dont je fais parti ).
Mais Larcenet ne serait-il qu'un formidable Docteur Jeckyl populaire et rigolo, doublé d'un Mister Hide profond et sentimentaliste ?
On serait en droit de le penser, tant ce nouveau tome du Combat Ordinaire contraste avec le premier album cité dans mon avis.
L'auteur oublie en effet ici le côté joyeux et irésistible de son travail pour proposer une oeuvre plus sensible, plus propre à faire réfléchir le lecteur.
Hélas, j'ai bien l'impression que ce troisième tome est, me concernant, l'album de trop. On a connu un Marco humble lors des deux premiers albums, mais il ne se remet plus vraiment en question ici : L'album passe de sujets en sujets, parcourant des domaines aussi variés que le deuil, la solitude, mais aussi les horreurs de la guerre d'algérie, la photographie moderne, la divergence d'opinion sur l'envie d'un enfant, la psychanalyse de Marco... trop, c'est trop, d'autant plus que la plupart de ces sujets ne sont pas traités à la légère. C'en est suivi pour moi une lecture agréable, certes, mais qui à mon sens partait un peu dans toutes les directions...
Le dessin de Larcenet, quant à lui, se bonifie avec le temps. C'est beau, encré très sombrement pour mieux mettre en exergue les différents sentiments exprimés par l'album. Les couleurs de Patrice Larcenet sont elles aussi de qualité.
Demi-déception pour moi que cet album, donc.. Espérons un quatrième (et dernier) tome à la hauteur des deux premiers, peut-être plus proches du lecteur, finalement.