Comme certains, ça faisait longtemps que l’envie de découvrir "V pour Vendetta" était présente sans pour autant franchir le pas, la faute à un graphisme et des couleurs hideux. Le film m’ayant beaucoup plu, cela me décida à emprunter les 6 tomes. Ma première impression sur les dessins et les couleurs se confirma. J’ai beaucoup de mal avec le trait de Lloyd (discontinu et confus) et ses ambiances trop sombres. Les couleurs sont franchement hideuses, je n’ai pas d’autres mots pour les qualifier. Sans doute que le N & B aurait été préférable.
La construction du récit est le point fort de la bd. Moore impressionne par la rigueur qu’il s’est imposé pour écrire ce récit et la richesse de celui-ci. Cette série est une caricature des travers de notre société en pointant du doigt le totalitarisme omnipotent et la servitude du peuple. Je reconnais à Moore son indéniable talent scénaristique mais, contrairement au film, je n’ai pas trop accroché à la bd suite à une lecture laborieuse et quelques longueurs. Au risque de me répéter, il est vrai que le rendu des planches n’arrange pas les choses.
Il faut avoir lu cette série qui est un "monument" mais je ne pense pas m’y replonger de si tôt . . .
Un bon gros recueil de politique-fiction censée se passer en 1997 ; et une histoire qui met en scène une Angleterre qui a laissé s'installer un Etat fasciste. Et cet Etat n'admet aucun avis contraire contre SON ordre établi. Mais, tel un Zorro du 20ème siècle, notre "V" va jouer les vengeurs.
"V" ?... un inconnu qui porte un masque étrange ; celui du visage de Guy Fawkes, héros de légende, qui a essayé de faire sauter le Parlement londonien au 17ème siècle.
Si ce n'était le contexte de l'Angleterre fascisée, on retrouve le même thème dans de nombreuses autres histoires (Astérix contre les Romains ; n'est-ce pas la même chose ?... entre autres...).
Bon postulat, oui, mais sans plus.
J'aime pourtant assez le graphisme expressionniste de Lloyd, lequel met bien en scène cette sorte de "fable" étrange, attirante même, ce malgré son contexte -avis personnel- de "déjà vu" ailleurs.
Fable étrange et attirante, c'est vrai, qui parfois fait penser au film "Brazil" de Terry Gillian (un membre des ex "Monty Pythons") ; une sorte de voyage dans l'absurdie.
Dernier attrait : une sorte de "renouveau" de la BD anglaise -peu connue d'ailleurs- qui est souvent calquée sur les anciens comics "made in USA" dont elle use et abuse en les fond et forme.
Pas mal, mais pas le chef-d'oeuvre que j'attendais.
D'abord le graphisme. Je n'ai pas réussi du tout à m'y faire au cours de ma lecture. Les dessins sont affreusement laids, mais en même temps, ça donne une certaine ambiance à l'ensemble : bien glauque, bien sombre, bien grise.
Mais surtout, la mise en couleur est ratée, et ça m'a réellement gêné.
A côté de ça, le scénario est plutôt fort : le fascisme, les camps de concentration, les expériences inhumaines, les interrogatoires meurtriers, une population passive. Le message est clair.
L'idée d'introduire un vengeur dans ce monde là est intéressante. Sa personnalité aussi est fouillée : son côté théâtral lui confère un charisme important. Son sourire figé aussi nous fait hésiter entre bonne humeur et folie : il a les 2 en lui.
Bref, des choses intéressantes mais le tout traîne un peu trop en longueur pour moi. Peut-être aurais-je préféré un peu plus d'action ?
Ceci dit, c'est une oeuvre bien construite, qu'il faut de toute façon lire impérativement pour compléter votre culture personnelle.
PS : un truc qui m'a fait baisser ma note ... la VF est bourrée de fautes d'orthographe et de grammaire (surtout au niveau des conjugaisons). Les éditeurs ont les moyens de se payer des correcteurs compétents quand même.... je trouve ça limite.
Quand on est un passionné de SF, et que l’on est passionné également de BD sous toutes ses formes, il y a certains titres considérer comme des chefs d’œuvres incontournables que l’on est impatient de pouvoir lire. Mais malheureusement la passion de la BD coûte chère, et on ne peut pas acheter autant d’albums qu’on le désirerait, surtout quand, en plus, on est qu’un étudiant sans revenus. Mais un jour dans sa médiathèque préférée apparaît au rayon BD, un album marqué du nom d’Alan Moore, et portant le nom de V pour Vendetta.
Oh joie ! On commence alors à feuilleter avec fébrilité cette exemplaire de ce récit que l’on sait déjà considéré comme génial par de très nombreux fans en France et outre Atlantique. De plus le nom d’Alan Moore représente à lui seul un gage de qualité. Mais en tournant ces pages, on s’aperçoit que le dessin du dénommé David Lloyd est assez peu plaisant voir même presque repoussant avec des couleurs fades et sans vies. Les personnages tels que Evey sensé avoir 17 ans semble parfois avoir le poids de quarante années marqué sur son visage.
C’est donc malgré tout très fier de cette découverte que l’on rentre chez soi avec cette emprunt sous le bras. Sitôt arrivé, on s’assoit dans un bon fauteuil, on choisis un éclairage suffisant, sans être trop fort et on commence la lecture de cet intégrale. Et là, après avoir tourné les dix ou vingt premières pages, le dessin n’est plus, pour ne laissé place qu’à un scénario inventif et d’un noirceur envoûtante digne des plus grands récits de Philip K. Dick. Les personnages tous plus réussi les uns que les autres sont d’une grande richesse, et il est difficile de pouvoir les décrire en quelques mots. Et puis il y a cet homme, ce héros, ou cet anti-héros, ce personnage mystérieux qui se fait appelé « V ». A lui seul il porte toute la force de l’histoire et se fait l’écho de la noirceur et du mystère de ce récit. Un personnage d’un charisme rare dans la BD.
C’est donc avec une grande joie que l’on retourne ensuite cet ouvrage, afin de pouvoir le laisser découvrir à d’autre, et même le leur conseiller. Leur dire surtout : « Ne vous attardez pas trop sur le dessin, remarquez tout de même que le cadrage et le découpage sont très réussis, et commencez à lire. Très vite vous transcenderez ces illustrations pour plonger réellement dans l’histoire. » Mais il est vrai que la BD c’est aussi le dessin, et pour cela bien m’est obligé de ne pas mettre la note maximale afin d’être parfaitement honnête avec ceux qui liraient cet avis.
Vraiment incroyable ce comic ! J'avais beaucoup entendu parler de V pour Vendetta et j'ai enfin pu lire cette formidable histoire qui atteint des sommets et n'ayons pas peur de le dire, est un véritable chef d'oeuvre.
Rare sont les histoires qui vous fascinent autant, vous plongeant dans un univers attirant bien qu'étrange. Les personnages sont loin, très loin même d'être manichéens. On s'en bien qu'Alan Moore veut nous faire voir qu'il n'y a pas de réel gentil ou de méchant. La population est en faites une bande de lâche, refusant de se battre contre un gouvernement dangereux et puissant mais dirigé par des hommes, ce qu'il ne faut jamais oublier. Le gouvernement est constitué uniquement d'homme et peuvent donc être renversé à condition d'en avoir le courage. Les méchants ont quand à eux des problèmes également. Leurs vies familiales sont loin d'être réussis. Et par dessus tout, V, une personne qui tente de renverser l'ennemi, qui tente de faire quelque chose.
Une très bonne histoire servie par une mise en scène efficace et une ambiance très prenante. Cependant, l'histoire perd en intérêt par moment et peut même devenir agaçante. Mais la réussite est bien là, montrant comment une personne se rebelle contre son gouvernement, cherche à faire bouger les choses. Quelques longueurs gâchent donc le tout mais rien de bien méchant.
En revanche, si V pour Vendetta souffre d'un gros problème, c'est bien le dessin. Bien que le tout soit correct, ce n'est pas forcément très jolie. Mais le problème vient peut être des couleurs mal choisis rendant certains passages illisibles par moment même si on s’y habitue avec le temps.
Au final, ce V pour Vendetta est un très bon comic à la fois intéressant et passionnant ce qui en fait un chef d'oeuvre, un véritable monument qu'il faut à tout prix lire !
Ah... Je dois avouer avoir été hélas un peu déçu par cette BD. Un peu seulement attention, et surtout parce que je m'attendais à trouver quelque chose de vraiment grandiose. Admirateur inconditionnel des "Watchmen", appréciant aussi (moins néanmoins) "La ligue des Gentlemen Extraordinaires", je m'attendais en lisant "V pour Vendetta à" y trouver "le 2e chef d'oeuvre de Moore". Et pourtant...
Passons outre le dessin très inégal et massacré par une mise en couleur aussi moche qu'inutile.
Le scénario commence très bien. L'Angleterre fasciste qui y est dépeinte n'est pas totalement originale ni grandiose, mais le tout est bien bâti. Et V, derrière son masque immuable, ses citations et son intelligence supérieure, est un "super-héros" bien réussi. Qui donne envie d'en savoir plus, de savoir quel est son but, ses motivations, son origine, etc...
Et pourtant, quand on lit toute l'histoire d'une traite, on peut être déçu par la finalité. Le régime fasciste s'écroule trop vite, trop facilement. Parfois on peut se demander ce que V malgré ses prouesses a apporté à sa chute, tant il semble qu'il suffisait de peu pour tout détruire. De même, la fin avec son passage de flambeau, était prévisible depuis trop longtemps.
Bref, pas de surprise, pas de grande originalité à mes yeux.
Juste une ambiance assez réussie, un personnage intéressant, quelques passages de l'histoire réussis (mais moins que les sous-histoires des Watchmen, à mes yeux) et... pas grand chose d'autre hélas...
Bref, une semi-déception de ne pas être tombé sur ce chef-d'oeuvre tant annoncé.
V, personnage mystérieux, intelligent et extrêmement rapide s’attaque au système totalitaire anglais. V comme vif, dans ses gestes mais également dans ses paroles.
Ce comics, plus psychologique et profond qu’un comics classique, pourvu d’un dessin sombre et glauque, est divisé en plusieurs actes délivrant chacun un aspect de V et de sa vengeance. L'acte un est tout bonnement sublime avec une action soutenue, l'acte 2 est un peu plus lent et pourrait inciter à décrocher, mais c’est pour mieux finir en beauté !
Si ce fin justicier signe ses actes d’un V, ce chef-d’œuvre est signé Moore !
Je n'ai pas trouvé "V pour Vendetta" extraordinaire. Je ne suis pas un fan transi de "Watchmen" mais il n'y a, à mon avis, pas photo entre les deux.
Premièrement, "V pour Vendetta" est affreusement moche. J'ai lue que la couleur avait été rajoutée à la demande de l'éditeur; quoi qu'il en soit, c'est un carnage. OK, une BD c'est aussi un scénario, mais à ce moment-là, je lis un bouquin. Ce que j'aime dans la bande dessinée, c'est justement l'adjonction d'un dessin de qualité à une histoire de qualité, pas l'un ou l'autre (on devrait peut-être proposer à Alan Moore de bosser avec Frezatto, ils se compléteraient bien tous les deux, lol). Ce dessin m'a été pénible durant toute la lecture, à aucun moment je n'ai réussi à l'oublier tant il est confus et sale.
Il faut dire que j'ai trouvé le scénario général juste bien, ça ne m'a surement pas aidé à me plonger corps et âme dans cette aventure. Pour tout dire, j'ai trouvé les deux premiers tomes (oui, je l'ai lu en tomes séparés, ça existe encore) purement géniaux : le Royaume-Uni post-WW3, mené par un gouvernement fasciste, est bien défini. Moore explique que ce gouvernement s'est installé pour mettre fin au chaos régnant et j'aime assez ce côté ambigu ou le choléra a été introduit pour chasser la peste.
Malheureusement, à partir du 4ème tome, j'ai parfois été saisi d'un profond ennui. Je n'ai pas du tout accroché à la relation entre V et la jeune prostituée qu'il prend sous son aile ni à son "éducation" (on se demande pourquoi elle reste après) ou aux intrigues politiques des différentes entités gouvernementales.
Au final Moore livre tout de même une réflexion intéressante sur le monde (mais ce n'est pas le seul). Il ne défend pas vraiment l'anarchie à mon sens (ou alors en accord avec la définition selon laquelle l'anarchie, c'est l'ordre sans le pouvoir) même si son héros nous est infiniment plus sympathique que le gouvernement; il nous montre juste comment un homme s'élève contre un système. A t-il tous les droits pour autant si sa cause est juste, la réponse n'appartient finalement qu'à nous-même.
Un dessin vraiment très spécial, voire à jeter, mais Alan Moore au scénario nous signe un de ses plus grands chefs d'oeuvres, passionnant du début à la fin.
On ne s'en lasse pas !! Un must de la bande dessinée !!!
Ok, pour moi, le dessin est vraiment laid.
Bon, et alors ? Il suffit de surmonter son apréhension, et on découvre un chef d'oeuvre de la bd, farpaitement. Un vengeur qui défend tout simplement le droit humain... et avec quelle arme ? La justice ? Eh non ! V n'est pas un justicier masqué, et c'est qui fait sa force. Son arme c'est l'anarchie, la destruction méthodique et précise d'un système anihilant toute forme de liberté. (et là on pense immanquablement au livre d'Orwell et à tous ses dérivés).
La satyre est subtile, les citations fusent... l'internement et la révélation que subit la "compagne" de V font partis des scènes les plus fortes du scénar, en tout cas ce sont celles qui m'ont le plus marqué. Des histoires sociales, politiques, humaines, aussi bien menées que celle-ci, je n'en connais pas d'autres en bande dessinée
Aïe aïe aïe. Une si mauvaise note pour ce qui est considéré comme un des trois chefs d'oeuvre (avec "Watchmen" et "From Hell" pour ceux qui auraient un doute) d'Alan Moore ? Eh bien oui, et ce n'est même pas à cause du dessin (suffisamment repoussant pour avoir gêné ma lecture) ou des couleurs (hideuses, finalement la mise en couleurs du tome 2 de "Trop de Bonheur" n'est pas si mal que ça).
Non, il s'agit vraiment de l'histoire. Certes, l'idée de départ est aussi intéressante qu'ambitieuse, et cette dictature à la 1984 bénéficie d'un contexte historique agréablement travaillé. Sa solidité est loin d'être à toute épreuve et le personnage de "V" s'engouffre dans ses failles, la faisant vaciller d'une manière qui peut paraître artificielle, mais qui démontre ses limites.
Ce qui m'a véritablement rebuté en fait, c'est que tout cela est d'une épouvantable théâtralité. p Autant Moore est magistral dans la construction d'une biographie imaginaire d'un Jack l'éventreur, autant il est sublime dans son analyse de notre monde à travers les Watchmen, autant il en fait beaucoup trop ici. Les ficelles sont grosses, elles sont usées, et en plus il en rajoute : le personnage de "V" est proprement insupportable, on dirait presque le Arsène Lupin de Maurice Leblanc ! Son histoire également est dénuée de subtilité, et on voit effectivement venir la fin (même si elle est bien mise en scène) de loin.
Finir cet album a été pour moi un véritable calvaire. Autant je relirai les autres oeuvres d'Alan Moore avec plaisir (y compris ses séries plus "mineures"), autant là ce livre risque de rester fermé longtemps. Ceci étant dit, la célébrité et la renommée de cet album en font une bd culte de facto. A lire donc, ne serait-ce que pour la connaître.
PS : Ah oui, et lire cet album en VO est vraiment difficile, voire carrément pénible pour les différents accents (irlandais, écossais argotiques...).
Mon avis est assez mitigé à propos de cet ouvrage.
First of all (négatif), il faut reconnaître que le graphisme est dur à soutenir dans la durée de lecture, sans oublier les couleurs qui ne sont pas d'une qualité exceptionnelle voire même qui sont un peu repoussantes.
Cependant je dois avouer que ce dessin convient parfaitement à l'atmosphère qui règne dans cette BD, c'est à dire horriblement dérangeante.
Second of all... (positif) le scénario est intéressant car j'y ai retrouvé des faits historiques réels habilement mélangés à une fiction politique plutôt crédible.
Par exemple le test de résistance à l'autorité ou le test de LSD(substance à forte toxicité agissant sur l'empoisonnement du sang direct mais qu'est ce qu'on délire quand on en prend!), sur prisonnier sont des faits réels qui ont du coup réellement eu lieu! (arf vous m'avez suivi là? Ben fallait pas!)
Bref, Moore s'est inspiré de ces faits pour monter son histoire et son imagination à fait le reste.
Mon bémol se pose sur la facilité que Moore a choisie pour ficeler tout cela. En effet, il a fait dans le rudimentaire. Alors que je le pense bien plus prolifique que ce qu'il a donné dans cette œuvre.
Cette BD méritait d'être plus travaillée, que ce soit scénario ou couleur.
J'aime bien le côté "fantôme de l'opéra" pour V, la récupération de la prostituée est "téléphonée" d'avance sur son éventuelle reprise du combat. (Franchement on s'en doute dès qu'elle le rencontre, non?)
Bref, je m'attendais à plus.
Plus de quoi me direz-vous?
Eh bien plus de tournures et de rebondissement, plus d'originalité aussi, plus de..., plus de Moore quoi!
Bon, malgré tout, cette BD est pas mal (comme les barillas d'Ornella) mais il lui manque un plus!
A vous de lire et vous comprendrez.
"V pour Vendetta" était pour moi avant sa lecture une bande dessinée mythique.
Pourquoi ?
Probablement par le fait d’entendre ou de lire quasiment que des avis enthousiastes et passionnés. Et puis tout ne s’explique pas !
C'est avec beaucoup d’envie que j’ai entrepris la lecture de ce monument, en version intégrale.
On est de suite plongé dans l’ambiance par le dessin. Celui ci est pourtant réputé pour sa dureté et même parfois décrié pour son manque de lisibilité. C’est certain il est particulier mais il rend parfaitement l’atmosphère de l’histoire. Je le trouve de qualité très bien travaillé et en adéquation permanente avec le récit. Le découpage et les cadrages sont d’une grande maîtrise. Lloyd et Moore sont allé au bout de leur travail (création) avec maestria, sans tomber dans la facilité.
Quel scénario de Moore, la vengeance de V est une terrifiante machination, orchestré avec justesse. Jamais l’on ne sent la haine, c’est une vengeance dramatique et parfois pathétique. Le personnage de V est complexe, difficile à comprendre, surprenant mais terriblement humain. En fait aucun des personnages n’est stéréotypé, ils tous capables de nous réserver quelques surprises…
« V pour vendetta » est effectivement un monument de la bd. Ne serait ce que pour la lettre de Valérie (Vol. 4, je crois) l’histoire la plus prenante et la plus émouvante de mes lectures graphiques.
Maintenant je sais pourquoi " V " est une bande dessinée mythique, mais de la à vous l'expliquer...
C'est extrêmement original, c'est même assez visionnaire, dans la lignée des grands romans de SF à la 1984 ou Farenheit 451.
Le scénario est très prenant, j'ai lu la série en version albums et non intégrale, et on attend avec impatience le moment où on pourra lire la suite. On est affranchi de ce problème avec l'intégrale, mais attention, le risque est ici de ne pas s'arrêter de lire avant la fin de l'histoire!
Dans une Angleterre livrée au fascisme d'un futur parallèle, un terroriste connu sous le nom de code : V, sème le désordre dans le régime et le trouble dans les esprits. Insaisissable, dissimulé derrière le sourire glacé d'un masque de comédie, V mène la danse d'un étrange ballet dont il est seul à connaître le dénouement. Et ce n'est que peu à peu que le lecteur entrevoit les motivations et enjeux de cette impitoyable vendetta...
"V pour Vendetta" est l'une des meilleures bandes dessinées jamais parues. Alan Moore livre un de ces quelques scénarios éblouissants dont l'esprit créatif humain se révèle parfois capable, au détour d'une oeuvre qui va bouleverser le lecteur, le passionner, l'émouvoir, l'inviter à la réflexion.
La qualité et la densité du récit de cette épopée sont remarquables. L'exploration psychologique des différents personnages est d'une profondeur rarement vue en bande dessinée. Bien sûr, le nombre important de pages n'y est pas étranger (cette intégrale rassemble les six volumes parus chez Zenda à la fin des années 1980), mais le cadre rigide des 44 planches n'est rien qu'une convention dont un nombre grandissant d'auteurs décide de s'affranchir.
On a souvent reproché à "V pour Vendetta" d'être graphiquement peu séduisant. Reconnaissons que le travail de David Lloyd peut nécessiter une période d'adaptation et qu'il ne retiendra pas forcément l'attention d'un de ces bédéphages pressés qui feuillettent rapidement les albums à la FNAC (avant de s'arrêter sur un, de le lire entièrement en rendant impossible l'accés au rayon devant lequel ils squattent, puis de reposer l'album dont la reliure cassée fera le désespoir de son futur acquéreur... mais c'est un autre débat !). Pourtant, après plusieurs relectures de "V", le graphisme de Lloyd me paraît désormais indissociable du récit de Moore. Il y a du mouvement, de la tension, un sens de la mise en images qui transcendent totalement la particularité du trait.
Moore ne le savait pas encore à l'époque, mais les événements politiques français d'avril 2002 ajoutent encore une dimension supplémentaire à la redécouverte de cette somptueuse BD. Raison supplémentaire pour la (re)lire, donc, en vous attendant à un choc émotionnel lié à la force et à l'émouvante beauté de ce drame d'exception.